Transcription - Perspectives économiques et analyse du marché du T4 de 2017

May 30, 2016

Transcription

Perspectives économiques et analyse du marché du T4 de 2017

Craig : Imaginez-vous un instant un matin en début d’année, en route vers le travail au volant de votre automobile. À la première intersection, le feu de circulation est vert, tout comme celui de l’intersection suivante et ceux de toutes les autres jusqu’à votre lieu de travail. Imaginez-vous que ce scénario se répète ensuite tous les jours de l’année. C’est un peu cette impression que nous ont laissée les marchés en 2017 et, à vrai dire, cette agréable sensation dure depuis environ neuf ans.

Comment les marchés se sont-ils comportés en 2017?

Craig : Aux États-Unis, le S&P 500 s’est apprécié d’environ 14 % en dollars canadiens et hors de l’Amérique du Nord, la situation s’est sans cesse améliorée. Les obligations canadiennes sont le seul point négatif du bilan annuel avec un rendement de 2,5 %, ce qui n’est pas mauvais, mais pas fantastique non plus. Pour le client moyen détenant un portefeuille équilibré, cette situation se traduit par un rendement de 6 % à 8 %. Le rendement de 9 % du marché boursier canadien l’an dernier est attribuable surtout à trois secteurs : les soins de santé avec une hausse de 34 %; les produits de consommation discrétionnaire, en hausse de 23 %; et les produits industriels, en hausse de 20 %. Quelques secteurs ont donc généré un rendement substantiel. Malheureusement, les titres énergétiques ont plongé d’environ 8 %, tandis que ceux du secteur des matières premières ont généré un rendement total d’environ 8 % seulement. Il y a donc eu un écart important entre les meilleurs secteurs et les pires l’an dernier.

Craig : Ailleurs dans le monde, comme je l’ai mentionné, le rendement a été particulièrement élevé aux États-Unis l’an dernier, mais le marché était divisé en deux. Les titres de croissance ont bondi d’environ 22 %; les titres de valeur se sont contentés d’un rendement de 6 %. Avec un écart de 16 % entre les deux, il était vraiment important de faire les bons choix. Les actions FAANG (Facebook, Amazon, Apple, Netflix et Google) ont fortement contribué à la croissance du marché américain l’an dernier. Ce sont de solides entreprises technologiques, qui ont généré des rendements substantiels l’an dernier, dans la plupart des cas supérieurs à 40 % en dollars canadiens. Hors du marché nord-américain, mentionnons la Chine où les rendements ont été très élevés, surtout, là aussi, dans le secteur technologique, les actions des sociétés Baidu, Alibaba et Tencent s’étant particulièrement démarquées.

Comment Gestion financière MD se positionne-t-elle en vue de 2018?

Faits saillants du positionnement sur les marchés boursiers

  • Attitude défensive
  • Qualité supérieure
  • Faible volatilité
  • Entreprises moins fortement endettées
  • Évaluations raisonnables
  • Forte proportion de titres liquides

Craig : Alors, quelle est notre position actuelle? Eh bien, elle est plutôt défensive à ce moment-ci du cycle. Nous avons un portefeuille d’actions de qualité supérieure, ce qui signifie que nous privilégions les entreprises affichant des bénéfices plutôt stables. La volatilité des titres que nous détenons est en général inférieure à celle du marché, ce qui s’explique dans une large mesure par le fait que les entreprises dans notre portefeuille en ce moment sont moins fortement endettées. Sur le plan de l’évaluation boursière, nous nous efforçons d’éviter les titres dont le prix est trop élevé, bien que dans le secteur technologique ils soient tous plutôt chers. Nous en avons une quantité suffisante, mais pas au point où nous pourrions avoir des problèmes. Et pour faire contrepoids, nous maintenons actuellement une forte quantité de titres liquides. Nos positions de trésorerie sont donc plus élevées. En gros, notre positionnement en est un de fin de cycle. Nous sommes prêts à un éventuel repli des marchés boursiers s’il devait y en avoir un.

Situation du secteur énergétique et pétrolier

Craig : J’ai mentionné auparavant que le pire secteur où placer son argent au Canada l’an dernier était celui de l’énergie. Pourquoi? Eh bien, les cours pétroliers se sont maintenus à l’intérieur d’une fourchette dans les trois premiers trimestres de l’année et au dernier, ils ont commencé à bouger. La hausse a été substantielle sur les marchés internationaux, tandis que le prix du pétrole canadien, lui, a baissé un peu. Ajoutez à l’équation le goulot d’étranglement dans le transport par train et par pipeline du pétrole canadien, on comprend pourquoi les sociétés énergétiques canadiennes ont été à la traîne toute l’année.

Taux d’intérêt en 2018

Craig : La Réserve fédérale américaine et la Banque du Canada devraient augmenter leurs taux à deux ou trois reprises en 2018, selon le comportement des marchés. Il est donc probable que la courbe des taux s’aplatisse, ce qui signifie que les taux de rendement vont augmenter à l’extrémité des échéances courtes et demeurer relativement stables à l’extrémité des échéances longues. En outre, les différentiels de taux sont actuellement très minces, ce qui veut dire que le rendement additionnel que génèrent les obligations de sociétés n’est pas très élevé. Nous ne pensons pas que cette situation va vraiment changer parce qu’à notre avis, les bénéfices demeureront plutôt stables en 2018.

Craig : En définitive, les taux d’intérêt demeurent très bas malgré les hausses récentes qui n’ont eu aucune retombée importante sur les marchés boursiers. Cette situation devrait se poursuivre en 2018. Dans ce contexte, quel est notre positionnement sur le marché des titres à revenu fixe? Eh bien, comme nous prévoyons une augmentation de la volatilité cette année et que notre objectif principal demeure la préservation du capital, notre positionnement en tient compte. Le taux de rendement de notre portefeuille est actuellement plus élevé que celui de l’indice de référence et nous avons intégré une certaine protection contre la baisse en prévision d’une possible augmentation des taux de rendement canadiens. Finalement, nous avons mieux diversifié les titres qui contribuent au risque, ce qui nous donne un portefeuille plus robuste et mieux adapté à l’environnement qui, selon nous, devrait caractériser 2018.

Faits saillants du positionnement sur le marché des titres à revenu fixe

  • Augmentation du taux de rendement
  • Protection contre la hausse des taux de rendement canadiens
  • Sources diversifiées de rendement

Dans quelle mesure les rendements ont-ils été conformes à nos attentes?

Craig : Après neuf années consécutives de gains solides et un rendement annuel composé d’environ 15 %, les marchés américains se sont appréciés de plus de 250 %. Fait intéressant, la volatilité a été extrêmement faible au cours de cette période. Il faut reconnaître que la réalité a nettement dépassé nos attentes. En fait, selon le marché observé, le rendement des actions équivaut au double, au triple, voire au quadruple de ce que nous espérions. Il sera donc important de modérer les attentes pour la suite des choses.

Que nous réserve 2018?

Craig : Vu la force des rendements boursiers des dernières années, bien des gens s’interrogent sur la manière dont s’effectuera le retour à des rendements plus normaux. Nous sommes actuellement à l’affût des signes annonciateurs d’un éventuel repli qui pourrait se produire en 2018. Selon notre indicateur exclusif de baisse des marchés, le pourcentage de probabilité d’une phase baissière au cours des 12 prochains mois se chiffre à 7 %. Par expérience, nous commençons à nous inquiéter seulement lorsque cet indicateur atteint 50 %. Et pourquoi donc? Eh bien, en 2017, la croissance de l’économie mondiale a été très bonne. La reprise a été substantielle. La croissance des bénéfices a aussi été forte, tous pays et tous secteurs confondus, et l’inflation est demeurée très modeste. La légère hausse des taux d’intérêt n’a pas véritablement causé d’émoi sur les marchés boursiers. Nous croyons donc que les nouvelles seront encore bonnes en 2018, au moins pendant le premier semestre. Ce que j’en pense? Les feux de circulation restent au vert, à tout le moins pour l’instant!

Indicateur exclusif de baisse des marchés

Nous utilisons notre propre indicateur pour estimer la probabilité d’une phase baissière au cours des 12 prochains mois. Cet indicateur repose sur 14 variables regroupées dans 4 grandes catégories :

  • indicateurs de l’inflation,
  • indicateurs de croissance économique,
  • indicateurs du rendement des sociétés,
  • indicateurs des marchés financiers.
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