Une stratégie REER optimale à chaque étape de votre carrière

           

Il sera bientôt temps de produire votre déclaration de revenus. Comme tous les médecins canadiens, vous devriez réfléchir à une stratégie pour optimiser votre régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Rappelons que le REER est un instrument qui permet de déduire les cotisations de votre revenu imposable jusqu’à concurrence d’une limite donnée.

À première vue, il est tentant de se précipiter pour profiter de cette déduction. Pourtant, les règles régissant les REER sont complexes et la meilleure stratégie variera selon votre situation personnelle et votre taux marginal d’imposition, qui tend à augmenter à mesure qu’on avance dans la vie. En effet, un REER ne vous exempte pas du paiement de l’impôt, il le repousse à plus tard.

Une bonne compréhension du taux marginal d’imposition est essentielle à une planification financière efficace. Le régime fiscal canadien est « progressif » : plus votre revenu est élevé, plus votre taux d’imposition augmente. Pour 2018, par exemple, le taux fédéral d’imposition est de 15 % sur la première tranche de 45 605 $ de revenu imposable, de 20,5 % sur la tranche suivante de 46 603 $, etc. (Vous payez également de l’impôt provincial ou territorial.)

Voici quelques exemples de l’évolution possible d’une stratégie REER au fil d’une carrière.

Étudiant en médecine

Pendant vos études, votre revenu imposable est probablement peu élevé ou inexistant. Par conséquent, les déductions fiscales auxquelles vous pourriez avoir droit en versant des cotisations dans un REER ne généreront probablement qu’un remboursement d’impôt minime.

Si vous avez réussi à économiser un peu d’argent, vous pourriez le placer dans un compte d’épargne libre d’impôt (CELI). Vous n’obtiendrez aucune déduction fiscale, mais lorsque votre taux marginal d’imposition sera plus élevé ou lorsque vos objectifs de placement changeront en raison de choix personnels, comme celui de fonder une famille, vous pourrez retirer l’argent du CELI et le placer dans un REER.

Si vous souhaitez absolument commencer dès maintenant à cotiser dans un REER, vous pouvez aussi verser votre cotisation cette année, et attendre à plus tard pour réclamer la déduction.

Médecin résident

En votre qualité de médecin résident, vous touchez maintenant un salaire, mais votre taux marginal d’imposition est encore relativement bas par rapport à celui d’un médecin en exercice. Vous pouvez cotiser à un REER ou à un CELI, ou aux deux. Vous pouvez aussi verser des cotisations dans votre REER dès maintenant et réclamer la déduction ultérieurement, lorsque votre revenu sera plus élevé.

Parmi les avantages d’investir dans un REER, mentionnons la possibilité d’en retirer de l’argent (sous réserve de certaines limites) pour vous en servir comme mise de fonds pour une première maison ou pour financer la poursuite de vos études. Par ailleurs, le REER est un excellent moyen de faire vos débuts dans le monde des marchés boursiers.

Médecin en exercice

Vous êtes maintenant pleinement autonome. Votre revenu a sans nul doute augmenté et votre situation personnelle s’est vraisemblablement complexifiée. Vous avez possiblement choisi de constituer une société et dans ce cas, vous devrez réfléchir à la forme de rémunération que vous vous verserez : salaire, dividendes ou une combinaison des deux. Votre stratégie sera vraisemblablement fondée sur une analyse de vos flux de trésorerie.

Il serait peut-être avisé de consulter un comptable pour établir la combinaison optimale de salaire et de dividendes à vous verser et la pertinence d’utiliser un REER pour atténuer l’effet des règles sur les revenus passifs. Si votre partenaire de vie se situe dans une fourchette d’imposition inférieure à la vôtre, il serait aussi peut-être avantageux de cotiser à un REER de conjoint.

Médecin à la retraite

À la retraite, votre taux marginal d’imposition aura peut-être diminué. Après 71 ans, vous devrez convertir votre REER en un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou en rente. Vous pouvez cependant continuer à verser des cotisations dans votre REER jusqu’à la fin de l’année au cours de laquelle vous atteindrez l’âge de 71 ans, dans la mesure où vous disposez des droits de cotisation requis. De plus, si votre conjoint a moins de 72 ans et si vous disposez de droits de cotisation, vous pouvez aussi exploiter le REER de conjoint.

Le REER est un excellent moyen de reporter le paiement de l’impôt exigible sur votre revenu, peu importe où vous en êtes dans votre vie, et de vous préparer à la période où vous ne gagnerez plus de revenus. Il est payant d’exploiter ce mode de placement avantageux!

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