Pour les médecins, le coronavirus est l’ennemi à abattre, mais qu’en est-il pour les investisseurs?

February 3, 2020 Ian Taylor

Aux quatre coins du monde, les travailleurs de la santé se préparent à lutter contre le nouveau coronavirus (2019-nCoV) dont l’éclosion est reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme un problème de santé publique mondial comportant un niveau de risque élevé. Des milliers de cas ont été confirmés en Chine et le virus a franchi les frontières chinoises. Le 30 janvier, des cas avaient été signalés dans 21 autres pays, dont le Canada.

L’OMS traite désormais cette éclosion virale comme une urgence de santé publique internationale, et les hôpitaux canadiens appliquent déjà les leçons tirées de l’éclosion du SRAS de 2003-2004. Ils ont confiance dans leur capacité de contenir et de freiner la propagation du virus.

Pendant que les professionnels de la santé du monde entier évaluent la situation, gèrent la propagation du virus et traitent les personnes infectées, les professionnels de Gestion financière MD, eux, surveillent étroitement les effets de la crise sur l’économie et les marchés, et leurs liens avec notre stratégie et nos portefeuilles.

Réaction sans précédent de la Chine

Les décideurs chinois ont pris des mesures sans précédent pour contenir le virus. De nombreuses villes comptant plus de 45 millions d’habitants ont rapidement été mises en quarantaine. La période d’incubation de 14 jours établie pour les personnes provenant de l’épicentre de l’éclosion (la province du Hubei) a été étendue aux résidents de grandes villes comme Beijing et Shanghai.

Le congé du Nouvel An chinois a par ailleurs été prolongé jusqu’au 2 février. Équivalent chinois de la fête de Noël ou de l’Action de grâce américaine, le Nouvel An chinois génère beaucoup d’activité économique. La rentrée dans les écoles et universités a aussi été décalée.

Dans la ville de Wuhan, on procède actuellement à la construction éclair de deux hôpitaux pour combattre le coronavirus. Annoncé le 24 janvier, le premier hôpital de 1 000 lits commencera à accueillir des patients dès le 3 février. Le deuxième hôpital, d’une capacité de 1 500 lits, ouvrira le 5 février.

À court terme, on devra probablement composer avec des conséquences néfastes, mais la reprise ne devrait pas tarder

Il est trop tôt pour se faire une idée précise de l’impact que cette crise pourrait avoir sur les marchés financiers. Il y a cependant des précédents historiques. Ainsi, en 2003, le SRAS avait fait plonger les marchés, qui ont cependant rebondi rapidement dès les premiers signes de stabilisation.

Le géant chinois a toutefois pris du coffre depuis, et est devenu un ténor de l’économie mondiale dont la part du PIB mondial rivalise avec celle des États‑Unis, ce qui ne signifie pas pour autant que les retombées économiques du coronavirus seront plus importantes. Après tout, les décideurs ont agi rapidement et avec fermeté, un contraste par rapport aux hésitations de l’épisode du SRAS.

Si l’on se fie aux précédents, la situation devrait avoir des retombées négatives à court terme sur l’économie mondiale qui pourrait cependant se redresser rapidement dès que l’éclosion sera maîtrisée.

L’incertitude assombrit les perspectives économiques mondiales

Avant l’éclosion du virus, nos perspectives tablaient sur la probabilité d’une stabilisation du cycle économique mondial après le ralentissement de 2018. Nous interprétions comme un signe la reprise de la croissance chinoise et américaine malgré un engourdissement persistant dans la zone euro.

Parmi les facteurs qui soutenaient ce scénario, mentionnons l’assouplissement des politiques monétaires et budgétaires en 2019 et le regain d’optimisme devant les tensions géopolitiques résultant notamment du différend commercial sino-américain et du Brexit, deux facteurs clés du ralentissement.

Pour l’instant, nous ne jugeons pas nécessaire de revoir nos perspectives malgré les effets néfastes sur les marchés de cette nouvelle source d’incertitude, dont les liquidations d’actions et de produits de base, et l’exode des investisseurs vers des valeurs sûres comme les obligations d’État.

Évaluation continue de la situation

En ce moment, nous évaluons la situation avec prudence et nous sommes d’avis qu’il est trop tôt pour intervenir radicalement sur le portefeuille. Cela dit, vu l’influence considérable de la Chine sur l’économie mondiale et sur les marchés, nous procédons à une évaluation proactive continue de la situation.

Nous nous intéressons plus particulièrement aux éléments suivants :

  • Les marchés du crédit, afin d’y déceler tout signe d’augmentation des risques et des probabilités de récession.
  • Les gestes des décideurs politiques et plus particulièrement les réactions des autorités de Beijing à l’aggravation de la situation avant qu’elle ne s’améliore.
  • Les mesures annoncées par les entreprises en réaction à leur exposition à la situation et leurs prévisions de bénéfices.
  • La contagion sur le marché, étant entendu qu’à ce jour, les conséquences de l’éclosion se limitent aux marchés chinois.
  • Les statistiques et enquêtes économiques relevées fréquemment, afin de détecter tout décrochement à l’amélioration de la conjoncture économique observée en début d’année.

Maintenir le risque de portefeuille au minimum

En raison de notre évaluation antérieure du cycle économique, nos portefeuilles sont déjà positionnés pour maintenir le risque au minimum grâce à une sous-pondération tactique des titres de marchés émergents et de marchés développés asiatiques comme Hong Kong et le Japon. Nous devrions donc disposer des leviers nécessaires pour réagir, le cas échéant, à tout nouveau développement.

Pour toute question concernant vos portefeuilles et les effets d’événements mondiaux comme l’éclosion du coronavirus sur vos placements, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD*.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

À propos de l'auteur

Ian Taylor

Ian Taylor, CFA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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