Perspectives du marché pour l’hiver 2019 : le redressement de la fin de 2019, un bon présage pour 2020

Principaux points à retenir

  • Les marchés boursiers mondiaux se sont redressés au quatrième trimestre grâce, entre autres, aux signes de stabilisation de l’économie mondiale et à un regain d’optimisme à l’endroit du commerce sino-américain et du Brexit.
  • Les conditions continuent de favoriser les marchés boursiers, mais pour que le redressement de fin d’année se poursuive, la stabilisation de la croissance, les bas taux d’intérêt et la maîtrise de l’inflation des salaires devront gonfler les bénéfices des sociétés.
  • La croissance sera probablement positive en 2020, mais plus faible qu’au cours des dix dernières années. Une reprise aussi vigoureuse qu’en 2017 et 2018 nous semble peu probable.

Malgré les tensions géopolitiques, 2019 s’est terminée sur une note positive. Grâce à la stabilisation de l’économie mondiale et d’un regain d’optimisme à l’égard du commerce sino‑américain et du Brexit, les marchés boursiers ont rebondi au quatrième trimestre. Les marchés boursiers mondiaux, tels que représentés par l’indice MSCI Monde (tous les pays) (MSCI ACWI), se sont appréciés de 7,4 % en monnaie locale en cours de trimestre, ce qui s’ajoute à un redressement déjà impressionnant par rapport au creux de 2018. En 2019, l’indice MSCI ACWI s’est apprécié de 23,7 % (en monnaie locale), un record.

Tout au long de l’année, nous avons surveillé plusieurs facteurs qui influent aussi sur les perspectives pour 2020 :

Politique accommodante des banques centrales qui conservent la marge requise pour intervenir

Les banques centrales maintiennent leurs politiques conciliantes malgré plusieurs mois d’assouplissement, et les hausses de taux de 2018 ne sont plus qu’un lointain souvenir. Nous pensons que les assouplissements attendus se sont cependant déjà concrétisés. Si le calme se maintient sur le front géopolitique, la politique monétaire restera probablement stable en 2020.

Dans ce contexte mondial d’assouplissement monétaire, la chute des taux de rendement obligataires mondiaux en 2019 n’a choqué personne. Les taux ont cependant légèrement remonté au quatrième trimestre.

L’inflation demeure sous contrôle et inférieure à 2 % dans presque tous les pays développés. Les décideurs peuvent donc maintenir leurs taux et disposent de la marge requise pour assouplir encore leur politique si la conjoncture se détériorait.

Stabilité étonnante des marchés des produits de base

Les marchés des produits de base ont été en cours de trimestre plus stables que l’avaient prévu la plupart des observateurs à la suite des attaques de septembre dernier en Arabie saoudite. Les marchés semblent donc bien équilibrés avec une offre amplement suffisante et une demande en très légère augmentation à cause du ralentissement du secteur manufacturier et du commerce international. L’effet minime des événements récents en Iran sur les prix des produits de base confirme ce scénario.

Signes positifs sur les marchés internationaux

La stabilisation de l’économie chinoise est actuellement fondamentale. Après avoir lancé en 2018 un programme affirmé de désendettement, les autorités chinoises s’efforcent maintenant de réussir un atterrissage en douceur. Le soutien a été approprié (avec des mesures de stimulation beaucoup plus modérées que celles de 2015-2016), d’où une reprise moins fulgurante, mais beaucoup plus équilibrée.

La croissance aux États-Unis et en Chine s’est stabilisée, mais les signes de faiblesse persistent dans la zone euro. L’optimisme s’est cependant avivé et selon l’institut d’études économique ZEW, il y aurait eu une forte reprise de la croissance en Allemagne au quatrième trimestre, ce qui est de bon augure pour la relance économique de la zone euro cette année.

Multiplication des risques à l’aube de la nouvelle décennie

Avec le retour apparent à un calme encore précaire sur le front de la crise commerciale sino-américaine et du Brexit, l’attention se tourne maintenant vers les élections américaines et le procès en destitution du président américain Donald J. Trump. La rhétorique partisane s’intensifiera sans doute et mettra à l’épreuve les nerfs des investisseurs.

Le ralentissement en Chine et dans les pays développés continue de représenter un risque majeur. La croissance économique sera en 2020 probablement inférieure à celle des dix dernières années, ce qui réduit d’autant la marge d’erreur en cas de détérioration des conditions financières.

La possible défaite électorale du président Trump représente aussi un risque pour les marchés, car elle pourrait causer l’abandon des politiques fiscales de son administration et, selon l’identité du nouveau président, exposer les secteurs des technologies de l’information, de l’énergie et des soins de santé.

La question des bénéfices des entreprises doit aussi être prise en compte. Malgré le redressement de fin d’année des marchés boursiers mondiaux, les bénéfices stagnent tout comme d’ailleurs le secteur manufacturier et le commerce mondial.

L’année 2020 sera bonne, mais pas autant que celles qui l’ont précédée

La plupart des indicateurs pointent vers une plus grande stabilité. Compte tenu des prévisions de croissance économique inférieure à celle de la plupart des dix dernières années, cette stabilisation des affaires mondiales n’engendrera probablement pas une reprise aussi forte que celles de 2017 et 2018.

Sur une note plus positive, les tendances inflationnistes et les indicateurs financiers continuent d’annoncer des conditions financières accommodantes. Les décideurs disposent aussi de la marge de manœuvre requise pour agir si des risques importants se concrétisent au cours des prochains mois.

Pour l’instant, nous continuons de favoriser les actions et les devises nord‑américaines, mais nous avons déplacé une certaine partie de l’actif vers les marchés développés internationaux au cours du dernier trimestre.

Nous ne voyons aucun signe de récession imminente. En fait, l’économie mondiale évitera probablement tout recul important en 2020. Grâce à la modeste amélioration des perspectives économiques aux États‑Unis, en Chine et dans la zone euro, le contexte semble donc propice à de nouveaux gains sur les marchés boursiers.

Tout redressement des marchés boursiers passe toutefois nécessairement par une croissance plus soutenue des bénéfices, un scénario qui demeure possible, car la stabilité de la croissance, la faiblesse des taux d’intérêt et la maîtrise de l’inflation ouvrent la porte à une reprise. La patience est toutefois de mise, car le cas échéant, il faudra quelques trimestres pour que ce scénario se concrétise.

Pour en savoir plus sur l’effet des tendances économiques mondiales sur vos placements, je vous invite à communiquer directement avec votre conseiller MD*.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

A propos de l'auteur

Ian Taylor

Ian Taylor, CFA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

Plus de contenu de Ian Taylor
Article précédent
Accommodante, la Réserve fédérale laisse ses taux inchangés en amorce à 2020
Accommodante, la Réserve fédérale laisse ses taux inchangés en amorce à 2020

Comme prévu, la Réserve fédérale américaine maintient le taux cible des fonds fédéraux et prolonge ses pens...

Article suivant
La latitude de réduire les taux : la Banque du Canada laisse les taux inchangés
La latitude de réduire les taux : la Banque du Canada laisse les taux inchangés

La Banque du Canada ne touche pas aux taux d’intérêt. Réaction des investisseurs et attitude de la Banque s...

×

Abonnez-vous à notre infolettre

J’autorise Gestion financière MD (y compris Gestion financière MD inc., Gestion MD limitée, la Société de fiducie privée MD, la Société d’assurance vie MD et l’Agence d’assurance MD limitée), La Banque de Nouvelle-Écosse et les autres membres du groupe d’entreprises de la Banque Scotia (les « membres de la Banque Scotia ») à me faire parvenir par messages électroniques (courriels et messages texte) des renseignements au sujet de leurs produits et services, de leurs offres, de leurs événements et d’autres renseignements pertinents y compris des renseignements sur les produits et services d’autres partenaires de confiance de la Banque Scotia susceptibles de m’intéresser. Ce consentement est sollicité par Gestion financière MD et chaque membre de la Banque Scotia, y compris toute entité qui pourr
!
Merci
Error - something went wrong!