Patience de la Réserve fédérale et immobilité des taux d’intérêt en 2019

May 10, 2019 Rachael Moir

           

Les banques centrales sont dans la mire de tous les acteurs du marché qui attendent un signe clair du sens dans lequel évolueront les taux d’intérêt.

La probabilité d’une diminution des taux d’ici 12 mois semble probablement plus faible depuis que la Réserve a décidé de ne pas modifier ses taux la semaine dernière. Une réduction des taux demeure encore plus probable qu’une hausse, mais à notre avis, les taux ne bougeront pas d’ici la fin de 2019.

Le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, a réitéré la semaine dernière qu’à son sens, la politique actuelle est appropriée et il a expliqué que la Réserve entendait rester « patiente ».

Argument contre la réduction des taux : croissance mondiale stable

La Réserve a noté dans son annonce de la semaine dernière que la croissance mondiale se stabilise, d’où le caractère très improbable d’une baisse des taux. Nous pensons par ailleurs que les massives mesures de stimulation de l’économie chinoise ces 12 derniers mois stimuleront avec un décalage la croissance mondiale.

Malgré la préférence du président Donald Trump exprimée sur Twitter pour une réduction des taux d’intérêt afin de stimuler davantage l’expansion de l’économie américaine, les tendances actuelles n’invitent pas à une réduction des taux pour soutenir la croissance. À moins qu’un choc imprévu ne secoue l’économie mondiale en 2019, rien ne semble justifier une diminution des taux cette année aux États-Unis ou au Canada.

Argument contre la majoration des taux : inflation sous contrôle

En l’absence de la moindre pression inflationniste à l’horizon, toute poussée de l’inflation à brève échéance semble improbable. Les cours pétroliers demeureront globalement à l’intérieur de la fourchette prévue, le marché du travail américain est serré et le taux de chômage est à son point le plus bas depuis plusieurs décennies. Normalement, il devrait y avoir pression à la hausse sur les salaires, mais ce n’est pas encore le cas. Selon les statistiques publiées vendredi dernier, la croissance du salaire horaire moyen demeure en effet inchangée et est inférieure aux prévisions consensuelles.

À 3,2 % au premier trimestre de 2019, la croissance du PIB réel des États-Unis sur un an est solide. Le PIB potentiel (estimation de la croissance potentielle dans un contexte où l’économie tourne au maximum de sa capacité) se situe à son sommet depuis la crise financière (2,1 %, année sur année). Les investissements dans la technologie ont été le principal vecteur de croissance du PIB potentiel ces 20 dernières années. Ce boom technologique continue d’ailleurs de rehausser la productivité et maintient l’économie américaine dans ce qui est sans doute appelé à devenir la plus longue période d’expansion économique de l’histoire.

Quel est le lien avec l’inflation? Lorsque le PIB réel est supérieur au PIB potentiel (écart de production positif), l’inflation tend à augmenter. L’écart de production est donc utile aux décideurs politiques qui doivent trancher à savoir si l’économie a besoin d’une politique monétaire plus (réduction des taux) ou moins (majoration des taux) stimulante.

L’écart de production est actuellement positif, mais l’augmentation du PIB potentiel empêchera toute augmentation importante. Il s’ensuit que l’inflation américaine, qui était supérieure à 2 %, est redescendue un peu sous ce seuil et devrait rester faible, d’où l’inutilité d’une éventuelle majoration des taux d’intérêt.

A propos de l'auteur

Rachael Moir

Rachael Moir est analyste en placement quantitatif au sein de l’équipe Gestion de placements et stratégie chez Gestion financière MD. Elle travaille aux mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et de gestion des placements non traditionnels. Elle participe également aux travaux du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

Plus de contenu de Rachael Moir
Article précédent
Cinq impressions de mon voyage d’agrément en Chine
Cinq impressions de mon voyage d’agrément en Chine

De retour au Canada après des vacances en Chine, un gestionnaire de placements de MD nous fait part des imp...

Article suivant
La vigoureuse économie américaine et le rebond chinois soutiennent les marchés boursiers canadiens
La vigoureuse économie américaine et le rebond chinois soutiennent les marchés boursiers canadiens

Les marchés boursiers canadiens atteignent de nouveaux sommets malgré les mauvaises nouvelles. Après les av...

×

Abonnez-vous à notre infolettre

J’autorise Gestion financière MD (y compris Gestion financière MD inc., Gestion MD limitée, la Société de fiducie privée MD, la Société d’assurance vie MD et l’Agence d’assurance MD limitée), La Banque de Nouvelle-Écosse et les autres membres du groupe d’entreprises de la Banque Scotia (les « membres de la Banque Scotia ») à me faire parvenir par messages électroniques (courriels et messages texte) des renseignements au sujet de leurs produits et services, de leurs offres, de leurs événements et d’autres renseignements pertinents y compris des renseignements sur les produits et services d’autres partenaires de confiance de la Banque Scotia susceptibles de m’intéresser. Ce consentement est sollicité par Gestion financière MD et chaque membre de la Banque Scotia, y compris toute entité qui pourr
!
Merci
Error - something went wrong!