Pas de récession au Canada l’an prochain et raffermissement du huard : voici pourquoi!

November 6, 2019 Rachael Moir

Voici la traduction d’un article de Rachael Moir publié dans le Globe and Mail

Malgré l’augmentation du risque de récession aux États-Unis et ailleurs dans le monde, le Canada devrait y échapper en 2020.

En fait, le huard devrait éclipser les devises des autres pays du G-10 au cours des 12 prochains mois.

Voici pourquoi :

Risque modéré de récession

L’indolence de l’économie américaine a freiné la croissance mondiale en raison du ralentissement du secteur manufacturier sous l’effet des tensions commerciales.

L’économie mondiale se dirige vers une récession, mais le risque demeure modéré.

Nous ne croyons pas au scénario d’une récession l’année prochaine.

Les politiques monétaires plus souples et les mesures de stimulation des autorités chinoises pousseront probablement à la hausse les indices des directeurs d’achat (PMI) du secteur manufacturier. Les tensions commerciales pourraient aussi s’estomper progressivement en cette année charnière que sera 2020 sur le plan politique aux États-Unis (élections présidentielles en novembre prochain) et en Chine (gestion du ralentissement économique). La stabilisation du secteur de l’automobile, après une longue période de faiblesse, devrait également contribuer à la relance du secteur manufacturier.

En réalité, avec les bas taux d’intérêt qui se généraliseront, l’effet des politiques monétaires accommodantes coordonnées devrait s’étendre au-delà du secteur manufacturier.

Comme l’inflation demeure faible, les décideurs politiques disposent d’une marge de manœuvre accrue.

Belle résilience de l’économie canadienne

L’économie canadienne résiste bien, mais elle n’est pas immunisée contre le risque d’une récession mondiale.

Dans son Enquête sur les perspectives des entreprises, la Banque du Canada constate que les prévisions de ventes sont favorables dans la plupart des régions, sauf dans les Prairies, ce qui se traduit par un dynamisme de l’embauche et de l’investissement dans les régions autres que celles productrices d’énergie.

Dans le secteur énergétique, la loi de l’offre et de la demande devrait maintenir les prix du pétrole à l’intérieur de la fourchette habituelle. La baisse de production des pays de l’OPEP contrebalancera l’augmentation de la production américaine dans un contexte de demande modérée.

Par ailleurs, dans le secteur du logement, la lumière point au bout du tunnel. Dans ses Perspectives du marché du logement de l’automne, la Société canadienne d’hypothèques et de logement prévoit qu’après deux années de baisse, le nombre de mises en chantier se stabilisera en 2020 et en 2021 grâce à la reprise de la croissance du PIB. Les ventes de maisons existantes devraient prendre de la vigueur et les prix, recommencer à monter.

Selon la Banque du Canada, la demande étrangère soutient actuellement les exportations malgré les tensions commerciales.

Convergence des taux américains et canadiens

Selon le FMI, l’économie canadienne affichera en 2020 une croissance de 1,8 % par rapport à 1,5 % en 2019, alors que l’économie américaine ralentira à 2,1 % par rapport à 2,4 % cette année. La Banque du Canada prévoit, elle, une augmentation de la croissance de 1,5 % à 1,7 %.

Vu la résilience de l’économie canadienne, la Banque du Canada, qui a maintenu le taux directeur à 1,75 % en octobre, n’a aucune raison d’assouplir sa politique et le taux cible du financement à un jour devrait probablement se maintenir en 2020.

De son côté, la Réserve fédérale a réagi au ralentissement en abaissant sa fourchette de taux (de 1,50 % à 1,75 %) et devrait maintenant à notre avis marquer une pause si les statistiques économiques se stabilisent à un rythme acceptable.

Seul un resserrement important des conditions financières pourrait convaincre la Fed de réduire encore ses taux, d’autant plus que l’efficacité des baisses diminue à mesure qu’on s’approche de zéro. Les possibilités de nouvelles mesures d’assouplissement l’an prochain sont aussi réduites.

Le huard devrait par ailleurs éclipser les devises des autres pays du G-10.

La convergence de la politique monétaire et des taux à long terme du Canada et des États‑Unis devrait continuer de soutenir le huard.

De manière générale, les prévisions positives de croissance du PIB, les taux d’intérêt et les termes de l’échange favorisent le dollar canadien.

En fait, le huard affichera selon nous une vigueur supérieure à celle des devises des autres pays du G-10, à tout le moins au premier semestre de 2020.

Cela étant dit, il serait étonnant que la Banque du Canada assiste sans intervenir à une appréciation exagérée du huard. Le cas échéant, elle abaissera probablement ses taux. Au deuxième semestre de 2017, la Banque avait décrété des majorations de taux inattendues pour ensuite adopter une position plus conciliante lorsque le huard a commencé à se négocier à l’intérieur d’une fourchette de 0,80 à 0,83 dollar américain. Si le dollar canadien atteint cette fourchette, il faudra surveiller attentivement la situation.

Influence sur notre stratégie de placement?

L’économie mondiale évitera probablement une grave récession, mais sa faiblesse récente invite à la prudence.

Malgré notre disposition à accepter de légers risques, nous privilégions donc en ce moment les positions défensives, notamment les actions américaines, canadiennes, australiennes et françaises, au détriment des marchés plus cycliques comme l’Allemagne, l’Italie, Hong Kong et la Suède. Nous sous-pondérons aussi les titres de marchés émergents où, sur fond de ralentissement mondial et de tensions commerciales, les bénéfices continuent de se contracter.

Dans le secteur des titres à revenu fixe, nous pensons que la courbe des taux de rendement ira en s’accentuant. À l’extrémité des échéances courtes de la courbe, le marché obligataire continuera d’intégrer la politique monétaire accommodante de la Réserve fédérale. À l’autre extrémité, celle des échéances longues, nous nous attendons à ce que les attentes d’augmentation de la croissance et de l’inflation contribuent à une hausse des taux de rendement.

A propos de l'auteur

Rachael Moir

Rachael Moir est analyste en placement quantitatif au sein de l’équipe Gestion de placements et stratégie chez Gestion financière MD. Elle travaille aux mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et de gestion des placements non traditionnels. Elle participe également aux travaux du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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