Le temps d’alléger vos positions en obligations à long terme approche

October 10, 2019 Rachael Moir

Voici la traduction d’un article de Rachael Moir paru dans le Globe and Mail.

En l’absence de signe de récession et avec le raffermissement de la croissance mondiale, les taux de rendement à long terme augmentent et la pente de la courbe des taux de rendement s’accentue. Les investisseurs doivent se préparer à alléger leurs positions en obligations à long terme pour plutôt privilégier celles à court terme.

Voici pourquoi :

CROISSANCE MONDIALE RAVIVÉE, TAUX À LONG TERME SUPÉRIEURS

Les indices PMI mondiaux ont considérablement reculé depuis le sommet de décembre 2018, une régression imputable aux tensions commerciales et aux événements géopolitiques, dont le Brexit.

Le pessimisme pourrait continuer de peser sur le taux de rendement des obligations américaines de 10 ans qui à 1,68 %, pourrait encore baisser avant de remonter.

Toutefois, les données économiques mondiales semblent indiquer que le pire est passé et que les économies américaine et canadienne amorceront bientôt un redressement.

Le secteur mondial des services reste en expansion, y compris aux États‑Unis, un signe de la résilience des consommateurs et de la vitalité de l’économie qui expliquent notre conviction qu’un recul généralisé de l’économie est à exclure.

Nous surveillons les indices PMI manufacturiers, et plus particulièrement le sous-indice de nouvelles commandes à l’exportation, à l’affût de signes annonciateurs d’une reprise.

Plus tôt que tard, les prévisions s’harmoniseront avec les perspectives optimistes de croissance mondiale auxquelles le taux de rendement sur 10 ans est fortement lié.

En fait, les prévisions de croissance sont nettement inférieures à ce qu’elles devraient être, comme en témoigne la poussée des six dernières semaines de l’indice des surprises économiques mondiales Citigroup.

À notre avis, le redressement de la croissance réelle et prévue fera grimper le taux de rendement à long terme des obligations américaines d’ici la fin de l’année.

VIGUEUR DE L’ÉCONOMIE CANADIENNE

Le raffermissement de la croissance mondiale et américaine fera monter les taux de rendement à long terme canadiens, mais la vitalité économique du Canada ne sera pas étrangère au phénomène.

Plusieurs raisons expliquent notre conviction que l’économie canadienne reviendra à sa croissance tendancielle.

L’économie canadienne dépend moins du secteur manufacturier que celle de la plupart des pays développés. Les tensions commerciales ont donc moins de prise sur elle.

Le Canada est aussi avantagé par les perspectives favorables des dépenses de ses consommateurs attribuables au taux de chômage qui, à 5,7 %, frise son plancher historique et inspire confiance aux consommateurs.

Parmi les autres indicateurs qui annoncent une croissance intérieure solide au Canada, mentionnons l’impulsion favorable des bénéfices au cours des neuf derniers mois.

Sur le plan extérieur, la faiblesse du dollar canadien dans la dernière année a stimulé les exportations canadiennes tandis que les tensions géopolitiques créent un risque accru de hausse des cours pétroliers.

Nous suivons les développements de la campagne électorale canadienne, mais l’issue du scrutin, quelle qu’elle soit, sera sans effet sur nos perspectives, car ni l’un ni l’autre des vainqueurs potentiels ne mettra en œuvre de politiques susceptibles de vraiment influer sur la croissance ou sur les perspectives d’inflation.

LES TAUX À COURT TERME RESTERONT BAS GRÂCE AUX BANQUES CENTRALES

Les politiques monétaires accommodantes maintiendront les taux peu élevés au début de la courbe.

Comme le risque d’inflation supérieure au taux cible est faible, les banques centrales relâchent leur politique pour contrer l’effet nuisible des tensions commerciales sur la croissance.

La Réserve fédérale des États-Unis et la Banque centrale européenne sont passées à l’action et ont affirmé leur intention de soutenir la croissance, le cas échéant. Ces mesures devraient calmer l’inquiétude des marchés quant à l’activité économique mondiale.

En septembre, la Réserve fédérale a réduit de 25 points de base la fourchette de son taux directeur (1,75 % à 2 %) pour soutenir l’expansion de l’économie américaine. Elle pourrait le faire encore d’ici la fin de l’année.

Contrairement à la Réserve fédérale, la Banque du Canada a laissé son taux directeur inchangé à 1,75 % en septembre et devrait le maintenir à ce niveau (le même depuis octobre 2018) jusqu’à la fin de l’année. Sa politique reste malgré tout accommodante et les taux à court terme devraient rester bas en raison du faible taux de chômage et de l’inflation qui est près du taux cible.

Dans la zone euro, l’incertitude causée par le ralentissement des échanges commerciaux et le Brexit assombrit les perspectives économiques. La Banque centrale européenne a donc recours à des mesures d’assouplissement vigoureuses dans l’espoir de stimuler la croissance. Cette combinaison de facteurs laisse présager, là aussi, une accentuation de la courbe des taux de rendement.

Les investisseurs doivent donc se préparer à un raffermissement de la croissance et à une accentuation de la courbe des taux de rendement en privilégiant les titres de courte durée et en diminuant nos positions en obligations à long terme.

A propos de l'auteur

Rachael Moir

Rachael Moir est analyste en placement quantitatif au sein de l’équipe Gestion de placements et stratégie chez Gestion financière MD. Elle travaille aux mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et de gestion des placements non traditionnels. Elle participe également aux travaux du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

Plus de contenu de Rachael Moir
Article précédent
États-Unis : freiner la hausse vertigineuse des prix des médicaments
États-Unis : freiner la hausse vertigineuse des prix des médicaments

Qu’elles surviennent avant ou après les élections de 2020, les mesures éventuelles de contrôle des prix sèm...

Article suivant
L’attaque de drones en Arabie saoudite ébranle le marché du pétrole
L’attaque de drones en Arabie saoudite ébranle le marché du pétrole

L’attaque de drones contre Aramco en Arabie saoudite a ébranlé l’offre mondiale de pétrole et semé l’incert...

×

Abonnez-vous à notre infolettre

J’autorise Gestion financière MD (y compris Gestion financière MD inc., Gestion MD limitée, la Société de fiducie privée MD, la Société d’assurance vie MD et l’Agence d’assurance MD limitée), La Banque de Nouvelle-Écosse et les autres membres du groupe d’entreprises de la Banque Scotia (les « membres de la Banque Scotia ») à me faire parvenir par messages électroniques (courriels et messages texte) des renseignements au sujet de leurs produits et services, de leurs offres, de leurs événements et d’autres renseignements pertinents y compris des renseignements sur les produits et services d’autres partenaires de confiance de la Banque Scotia susceptibles de m’intéresser. Ce consentement est sollicité par Gestion financière MD et chaque membre de la Banque Scotia, y compris toute entité qui pourr
!
Merci
Error - something went wrong!