L’année des PAPE, ou les chimériques licornes

December 16, 2019 Gestion financière MD

Même si 2019 est l’année du cochon en astrologie chinoise, certains investisseurs la voient peut-être mélancoliquement comme l’année de la licorne.

Devenues presque mythiques, Uber, Lyft et Slack se sont lancées à la conquête des marchés boursiers. Malheureusement, dans le sillage de leur premier appel public à l’épargne (PAPE), leur valeur théorique n’aura été qu’une étoile filante. Le cours de leurs actions a en effet plongé dans un contexte pourtant favorable sur les marchés américains. À la fin de novembre, les actions d’Uber, de Lyft et de Slack avaient respectivement perdu 34 %, 32 % et 12 % de leur valeur initiale (PAPE) de 45 $ US, 72 $ US et 26 $ US.

Méfiez-vous des licornes, même celles que vous pensez connaître!

Plusieurs « licornes » (des sociétés privées en démarrage d’une valeur supérieure à un milliard de dollars américains) très en vue ont lancé cette année un PAPE pour ensuite voir leur valeur chuter lourdement.

Outre les incontournables services de covoiturage et médias sociaux déjà mentionnés, d’autres noms connus comme Pinterest et Peloton ont fait partie de la vague de PAPE cette année. Une autre licorne très médiatisée, WeWork, a abandonné son projet d’inscription en bourse en août dernier, et son avenir financier est désormais précaire.

En rétrospective, ces événements confirment le danger de miser sur la dernière entreprise à la mode et l’importance des bons vieux facteurs fondamentaux dans l’évaluation et la sélection des placements.

Pas si simple « d’investir dans ce qu’on comprend »

Vous avez probablement l’impression de bien connaître votre société de covoiturage préférée ou les médias sociaux, mais le vieil adage disant qu’il faut « investir dans ce qu’on comprend » a ses limites.

Popularité ne rime pas toujours avec rentabilité. La récente vague de PAPE lancés par des licornes le démontre bien. La popularité d’une marque ne peut tenir lieu d’analyse des facteurs fondamentaux. Aussi attrayante soit-elle, une entreprise doit générer des flux de trésorerie, s’appuyer sur un modèle d’affaires concurrentiel et avoir un potentiel de rentabilité à très court terme.

Cette année, l’évaluation de plusieurs entreprises nouvellement entrées en bourse était exagérée, d’où la descente aux enfers qui a suivi, malgré la bonne tenue générale des marchés.

Battage publicitaire : discerner le vrai du faux

Selon le PAPE de WeWork, l’entreprise aspire à « rehausser le niveau de conscience mondial ». Peloton, un fabricant de vélos et de tapis roulants connectés à Internet, affirmait dans son PAPE « vendre du bonheur ». Je ne peux parler pour vous, mais personnellement, le bonheur n’a jamais payé une seule de mes factures.

Le dernier engouement de la sorte a été celui pour les sociétés point-coms survenu à la fin des années 1990, pendant la montée du World Wide Web. Amazon et eBay en sont issues, mais elles ne sont devenues rentables qu’après une longue période de réinvestissement des bénéfices dans leur croissance. Pour chaque réussite, des centaines d’entreprises qui font appel à l’épargne échouent pour cause de modèle d’affaires déficient ou de facteurs fondamentaux carrément inexistants.

Être premier, pas toujours un gage de réussite

Un PAPE est parfois un moyen intéressant de participer dès les premiers jours au succès d’une entreprise prometteuse, mais encore faut-il appliquer les principes de diligence raisonnable et bien soupeser les risques. Dans la mesure où le prix fixé est convenable et que les facteurs fondamentaux semblent solides, MD n’est pas fermée aux PAPE.

Malheureusement, toutes ces licornes qui ont fait la manchette cette année n’avaient pas à notre avis fait leurs preuves, et leur succès éventuel reposait plus sur du vent que sur des bases concrètes.

Le PAPE n’est pas toujours le moment idéal pour se porter acquéreur d’une position dans une société inscrite. Il est parfois préférable d’attendre la confirmation de la solidité des facteurs fondamentaux. Les fonds collectifs de placements privés sont une bonne solution de rechange pour les investisseurs désireux de s’engager tôt dans le développement de sociétés fermées ou non cotées en bourse, car ils bénéficient ainsi de l’aide de gestionnaires professionnels qui peuvent mieux discerner les gagnants éventuels des perdants.

Et de grâce, continuez de rêver aux licornes si vous le voulez, mais ne mettez pas dans votre portefeuille des créatures dont les facteurs fondamentaux ne sont qu’un mythe.

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