Cotiser à un REER au profit de votre conjoint?

January 6, 2020

Un régime enregistré d’épargne-retraite (REER) au profit du conjoint peut contribuer à alléger le fardeau fiscal des couples, aussi bien dans l’immédiat qu’à la retraite.

Accessible aux couples mariés et aux conjoints de fait, cette option permet à la personne au revenu le plus élevé de cotiser au REER de son conjoint et de bénéficier ainsi de la déduction fiscale.

Elle est le plus rentable lorsque l’écart entre les revenus des conjoints est important. Si c’est vous qui gagnez le plus, vous utilisez une partie de vos droits de cotisation pour investir dans le REER enregistré au nom de votre conjoint; à la retraite, toutefois, c’est votre conjoint qui en retirera des fonds. Résultat? Votre facture fiscale globale sera moins élevée.

L’avantage du fractionnement du revenu

Le principal avantage du REER de conjoint, c’est qu’il permet à un couple de fractionner ses revenus tirés des REER à la retraite et de bénéficier de taux d’imposition marginaux plus bas. En d’autres termes, vous paierez moins d’impôt sur deux fois 50 000 $ que sur une fois 100 000 $.

D’ailleurs, même sans REER de conjoint et à partir de 65 ans, les couples peuvent se répartir jusqu’à la moitié de leur revenu de pension admissible, ce qui inclut les revenus provenant d’un REER, d’un fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) ou encore d’un régime de retraite agréé d’entreprise.

Cependant, la cotisation à un REER de conjoint présente plus d’avantages. Pour commencer, vous pouvez fractionner votre revenu avant d’atteindre 65 ans. Ensuite, si vous vous y prenez un peu d’avance, vous pourrez transférer plus de 50 % de votre revenu de pension à votre conjoint. Cette mesure est d’autant plus intéressante si vous avez d’autres sources de revenu à la retraite.

Les règles

Le compte REER appartient à votre conjoint, seule personne à prendre les décisions de placement concernant ce compte et le moment de retirer des fonds. C’est un facteur non négligeable à prendre en considération compte tenu des soucis qui pourraient survenir en cours de route en cas de séparation ou de divorce.

Le REER de conjoint vise l’épargne-retraite à long terme. Si des fonds sont retirés dans les trois ans suivant la cotisation, ils s’ajouteront à votre revenu imposable et non à celui de votre conjoint : c’est la règle d’attribution de trois ans. Par exemple, si votre dernière cotisation au REER de votre conjoint remonte à 2019, votre conjoint devrait attendre à 2022 pour pouvoir en retirer un montant. Votre conjoint sera alors imposé sur le montant retiré.

Quatre scénarios rentables

Voici quelques situations où le REER de conjoint peut être avantageux.

  1. Vous achetez votre première propriété

Shazia et son conjoint, Jeff, sont prêts à devenir propriétaires pour la première fois. Ils veulent tirer parti du Régime d’accession à la propriété (RAP), qui permet à l’acheteur d’un premier domicile de retirer jusqu’à 35 000 $ de son REER sans payer d’impôt.

Puisque son revenu est le plus élevé, Shazia a cotisé à son REER, mais aussi au REER de son conjoint Jeff. C’est donc dire que Shazia peut retirer 35 000 $ de son REER et Jeff, 35 000 $ du REER de conjoint à son nom (même si les dernières cotisations remontent à moins de trois ans).

Cependant, ils devront remettre ces montants dans leurs REER au cours des 15 prochaines années. (C’est Jeff qui devra rembourser pour le REER de conjoint, et les nouvelles cotisations de Shazia au REER de conjoint ne pourront tenir lieu de remboursement au RAP.) S’ils ne font pas les remboursements, ils devront payer de l’impôt : un quinzième des fonds retirés et non remboursés par chacun d’eux s’ajouteront à leur revenu imposable chaque année.

  1. Vous prévoyez fonder une famille

Iris et Zander, nouveaux mariés, aimeraient avoir un enfant au cours des cinq prochaines années. Iris prévoit prendre un congé parental prolongé après la naissance et puiser dans son REER de conjoint comme source de revenu supplémentaire.

Zander, dont le revenu est le plus élevé, peut cotiser au REER de sa conjointe tout de suite et profiter d’un allégement fiscal pouvant aller jusqu’à 50 % sur ses cotisations. Lorsque le couple aura un enfant, Iris pourra retirer des fonds à un taux d’imposition beaucoup plus bas (dans la mesure où la règle d’attribution de trois aura été respectée).

  1. Vous prendrez votre retraite avant 65 ans

Alice envisage de prendre sa retraite à 62 ans et souhaiterait fractionner son revenu avec son époux, Maxime, dont le revenu se situe dans une fourchette d’imposition inférieure. Selon les règles du fractionnement du revenu de pension, Alice doit avoir atteint 65 ans pour pouvoir partager les revenus tirés d’un REER ou d’un FERR avec Maxime. Néanmoins, le couple a la possibilité de retirer des fonds du REER de conjoint sans égard à l’âge et de profiter d’un revenu de pension à un taux d’imposition moindre.

  1. Vous cotiserez au-delà de 71 ans

À 72 ans, Franco travaille encore à temps plein. Dans l’année de ses 71 ans, il a transformé son REER en FERR. Son épouse a 65 ans. Franco pourra donc continuer de cotiser au REER de son épouse jusqu’à la fin de l’année des 71 ans de celle-ci et profiter encore de l’allégement fiscal.

Si les conditions s’y prêtent, le REER de conjoint peut constituer un volet important de la planification de retraite d’un couple, sans compter que, pour le conjoint au revenu le moins élevé, le seul fait de savoir qu’il épargne pour la retraite est rassurant.

Une bonne planification et de judicieux conseils de Gestion financière MD peuvent vous aider à épargner plus et à avoir l’esprit tranquille. Communiquez votre conseiller MD* dès aujourd’hui pour tirer le maximum des avantages du REER.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

Article précédent
CELI : canaliser la puissance de l’épargne libre d’impôt
CELI : canaliser la puissance de l’épargne libre d’impôt

Le compte d’épargne libre d’impôt (CELI) est conçu pour aider les Canadiens à épargner. Voici quelques fait...

Article suivant
Six erreurs à éviter avec votre REER
Six erreurs à éviter avec votre REER

Tirez le maximum de votre REER en évitant quelques erreurs courantes.

×

Abonnez-vous à notre infolettre

J’autorise Gestion financière MD (y compris Gestion financière MD inc., Gestion MD limitée, la Société de fiducie privée MD, la Société d’assurance vie MD et l’Agence d’assurance MD limitée), La Banque de Nouvelle-Écosse et les autres membres du groupe d’entreprises de la Banque Scotia (les « membres de la Banque Scotia ») à me faire parvenir par messages électroniques (courriels et messages texte) des renseignements au sujet de leurs produits et services, de leurs offres, de leurs événements et d’autres renseignements pertinents y compris des renseignements sur les produits et services d’autres partenaires de confiance de la Banque Scotia susceptibles de m’intéresser. Ce consentement est sollicité par Gestion financière MD et chaque membre de la Banque Scotia, y compris toute entité qui pourr
!
Merci
Error - something went wrong!