Cinq impressions de mon voyage d’agrément en Chine

May 17, 2019 Mark Fairbairn

           

Ah la Chine! Les marchés tressaillent au moindre soubresaut de l’économie de cette superpuissance dont l’emprise sur les affaires mondiales se resserre.

Il fait partie de mon travail d’analyser la Chine, les entreprises qui y font des affaires et celles qui y sont installées afin de prendre des décisions de placement plus judicieuses. Sur le plan personnel, j’avais toujours voulu y séjourner. Lorsque l’occasion s’est présentée de rendre visite à un ancien collègue qui avait déménagé à Beijing, je n’ai donc pas hésité.

Je reviens donc d’un séjour de trois semaines en Chine et je vous fait part ci‑dessous de cinq impressions sur les marchés qui me sont venues pendant cette période de repos.

1. Ralentissement? Quel ralentissement?

L’affirmation que je vais faire ne repose sur aucune base scientifique. Mais au fil des trois semaines que j’ai passées à déambuler dans onze villes réparties dans huit provinces différentes dont Beijing, Chengdu, Chongqing, Shanghai et Xi’an, j’ai eu l’impression que si l’économie chinoise est vraiment en ralentissement, les signes n’en sont pas apparents. Les rues sont animées et remplies de gens qui sortent pour passer du bon temps et faire du lèche-vitrine. Les boutiques et restaurants sont bondés et la circulation est infernale.

J’ai vu de mes propres yeux l’énormité de cette classe moyenne chinoise en pleine expansion et qui continuera de générer de l’activité économique. Ce que j’ai vu est conforme aux prévisions récentes selon lesquelles la Chine est prédestinée à arracher aux États-Unis le titre de plus gros marché de vente au détail du monde.

Malgré le ralentissement en cours, la Chine demeure le moteur de la croissance mondiale. Elle en représente maintenant plus du tiers.

2. En Chine, il y a vraiment une application pour tout!

Les appareils mobiles font aujourd’hui intimement partie de la vie quotidienne des Chinois. À mon arrivée à Beijing, mon ami et hôte m’a aussitôt remis un téléphone chargé d’applications qui sont, semble-t-il, essentielles.

Il y avait l’omniprésente application de messagerie WeChat et, encore plus important, une application de paiement mobile. En Chine, le moindre commerçant de rue accepte les paiements mobiles, mais pas toujours les cartes de crédit. Le Uber chinois s’appelle Didi. Pour les cartes, je me suis fié à Gaode Ditu (j’avais accès à Google grâce à ma carte SIM canadienne, mais l’application ne fonctionnait pas aussi bien qu’à la maison). Il y avait aussi Dianping, une fusion, en quelque sorte, de Yelp, de Google et de IMDB, très utile pour trouver des endroits intéressants où manger.

3. L’attrait des grandes marques mondiales persiste…

Dans les magasins de détail urbains, les marques américaines, européennes, japonaises et coréennes tiennent le haut du pavé. Certains noms étaient même familiers à mes oreilles canadiennes : Lululemon, Canada Goose et Herschel Supply, notamment. À Shanghai, j’ai visité le plus gros café Starbucks du monde (et probablement le plus huppé). Il était achalandé au point d’en être davantage une attraction touristique qu’un café.

Ces observations m’ont rappelé que les succès de nombreuses sociétés mondiales dépendent énormément du marché chinois.

4. L’ascension des nouvelles marques chinoises

Je suis maintenant un observateur beaucoup plus aguerri pour repérer les prochains grands noms chinois appelés à se mondialiser. La situation semble idéale à la croissance des marques locales, car de jeunes entrepreneurs chinois (qui ont dans certains cas étudié dans les meilleures écoles et travaillé pour des marques étrangères connues) se lancent en affaires et modifient la perception des produits fabriqués en Chine.

Des sociétés technologiques comme Lenovo et Huawei sont maintenant bien connues en Occident. Certaines chaînes comme les magasins Miniso et les restaurants Liuyishou Hot Pot ont même tenté des incursions en Amérique du Nord. La société BYD de Shenzhen, le plus important fabricant de véhicules électriques du monde (que nous surveillons depuis longtemps comme candidate pour les fonds MD), produit maintenant des autobus électriques en Californie. La BYD E6, une automobile électrique fabriquée en Chine, est aussi populaire chez les exploitants de parcs de véhicules d’autopartage nord-américains (on a récemment mis un frein à l’installation d’une usine de fabrication de camions BYD en Ontario).

Par ailleurs, si vous êtes un amateur de café latté, sachez que la chaîne qui connaît actuellement la plus forte croissance en Chine, Luckin Coffee, vient de s’inscrire à la Bourse Nasdaq de New York et viendra défier Starbucks sur son propre terrain.

5. Parlant de voitures électriques… elles sont partout!

La magnifique ville de Hangzhou dans la région côtière de l’Est de la province du Zhejiang est très prisée des touristes qui adorent le lac West, les plantations de thé de Longjing et les anciens canaux. Le nombre incroyable de Tesla et autres véhicules et autobus électriques qui y circulent est aussi frappant.

Hôte du siège social d’Alibaba, la ville est devenue un énorme carrefour technologique. Elle est au cœur de la croissance phénoménale du secteur des énergies renouvelables, car en tant que plus gros producteur d’émissions de carbone dans le monde, la Chine redouble d’efforts pour mieux contrôler la pollution émanant de ses centrales électriques au charbon, de ses usines, des véhicules et autres.

La Chine représente actuellement la moitié du marché mondial des automobiles électriques et possède 99 % du parc mondial d’autobus électriques.

Les rapports économiques ne disent pas tout

Je sais que je n’ai fait qu’effleurer la surface de la situation d’un pays complexe sur les plans culturel, politique et économique. J’admets aussi que j’ai surtout visité de grandes villes prospères.

Pourtant, je suis rentré au pays avec l’impression générale que la vie quotidienne dans les régions urbaines de la Chine ressemble beaucoup plus à la nôtre que le contraire, et que nous partageons avec les Chinois l’obsession du Wi-Fi. Un jour, pendant une excursion en bateau, alors que j’étais béat d’admiration devant le magnifique paysage qui s’offrait à moi, j’ai aperçu du coin de l’œil un Chinois prenant un égoportrait, une petite fille jouant sur le téléphone de sa mère et un homme d’apparence sévère qui vérifiait les cotes de la bourse. Hum… Cette famille aurait tout aussi bien pu être la mienne.

Ce ne sont là bien sûr que des impressions personnelles. Je n’étais pas en Chine pour affaires et je n’ai frappé à la porte d’aucune entreprise ni interrogé aucun expert local, une démarche indispensable aux études exhaustives sur lesquelles MD appuie son analyse des placements.

Pourtant, peu importe où on se trouve dans le monde, ces observations anodines de la vie courante peuvent faire jaillir des idées, nous mettre au fait des tendances ou nous sensibiliser à certaines entreprises sur lesquelles il serait peut-être préférable de garder ouvert notre œil d’investisseur.

A propos de l'auteur

Mark Fairbairn

Mark Fairbairn, CFA, B.Ing., est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions non nord-américaines ainsi que du volet de superposition des devises des fonds d’actions.

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