Vote sur le plafonnement de la dette – Les retombées

August 4, 2011

Le mardi 2 août dernier, le Congrès américain (Chambre des représentants et Sénat) a voté pour le relèvement du plafond de la dette du gouvernement américain qui passe de 14,3 billions à 16,7 billions de dollars. Grâce à ce vote, le Trésor américain peut continuer de payer les factures courantes de l’administration (soins de santé, armée, administration publique, etc.) et évite ainsi de se trouver en défaut de paiement. Le vote favorable du Congrès est conditionnel à la création d’un organisme bipartite qui décrétera des compressions budgétaires de 1,2 billion de dollars qui devront prendre effet d’ici le mois de novembre 2011. À défaut, des compressions de dépenses automatiques de 1,5 billion de dollars seront effectuées dans l’ensemble du budget de l’administration américaine, la moitié touchant les dépenses intérieures et l’autre les dépenses militaires.

Réaction des marchés

Les marchés boursiers américains ont plongé, tant pendant la crise politique qui a entouré le vote que dans la foulée de la publication récente d’études indiquant que la croissance économique américaine serait en régression. Les marchés obligataires américains (bons du Trésor américain) se sont appréciés (les rendements nominaux ont diminué), ce qui indique paradoxalement que les investisseurs actifs sur le marché des titres à revenu fixe continuent de considérer les bons du Trésor américain comme des « valeurs refuge ».

Pourquoi la réaction des marchés boursiers n’a-t-elle pas été plus favorable à ce « règlement » de la crise?

L’objet du débat aux États-Unis n’était pas tant le plafonnement de la dette que le déficit budgétaire américain (estimé par le Fonds monétaire international à 10,8 % du PIB en 2011). Les concessions nécessaires au règlement de la crise du plafonnement de la dette ne feront pas grand-chose pour régler les problèmes structurels véritables liés au budget et à la dette des États-Unis. Les investisseurs s’interrogent donc actuellement sur la capacité des décideurs de gérer la situation économique actuelle.

Point de vue de MD

MD exerce, entre autres choses, une surveillance étroite sur le maintien de la capacité des décideurs politiques mondiaux de prendre « les bonnes décisions ». Cette capacité a été remise en cause pendant la crise politique récente aux États-Unis. Il est aussi important de souligner que selon plusieurs études publiées la semaine dernière, la croissance économique américaine serait en train de ralentir (indice manufacturier, rapports sur l’emploi, révision du taux de croissance du PIB).

Nous pensons malgré tout que l’économie américaine continuera de croître, bien qu’à un rythme plus lent que prévu, compte tenu des mesures de resserrement budgétaire qui pointent désormais à l’horizon. Nous pensons aussi que le commerce mondial continuera de prendre de l’expansion et que les décideurs politiques continueront pour la plupart de prendre des décisions raisonnables qui devraient dissiper quelque peu l’incertitude que craignent les investisseurs mondiaux. Nous encourageons les épargnants à maintenir un portefeuille bien structuré, à adhérer à leur stratégie à long terme et à travailler en étroite collaboration avec leur conseiller financier.

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