Pour la conception de systèmes de DME centrés sur le patient

July 24, 2012

par Sheri Ross, IA, B. Sc. Inf., MBA, CPHIMS-Ca

À l’occasion d’une récente activité sociale, j’ai fait la connaissance d’une femme qui ne savait rien de moi. Après avoir échangé quelques plaisanteries convenues, nous avons discuté un peu de nos professions respectives. Je lui ai parlé de mon travail et je lui ai précisé que notre entreprise développait et faisait la maintenance de systèmes informatiques destinés aux médecins et procurait à ceux-ci l’aide requise pour utiliser ces systèmes. « Oh! c’est donc à cause de vous que nos médecins ne se lèvent plus de leur fauteuil! » m’a-t-elle immédiatement répondu. Quand je lui ai demandé de préciser sa pensée, elle m’a répondu qu’avant l’adoption générale des systèmes informatiques en santé, les médecins regardaient leurs patients lorsqu’ils leur parlaient tandis que selon elle, aujourd’hui, ils se contentent de regarder l’écran de leur ordinateur.

Coïncidence, je venais justement de faire quelques lectures sur le concept des « systèmes de DME centrés ou axés sur le patient » et cette conversation fortuite avec une étrangère m’a amenée à élargir ma réflexion sur la signification de ce concept de systèmes centrés sur le patient et sur les éléments sur lesquels il faut se concentrer au moment de concevoir un tel système.

De plus en plus, dans les établissements de soins primaires, cette transition vers les technologies centrées sur le patient consiste en gros à offrir aux patients la possibilité de créer et de tenir à jour leur propre dossier de santé personnel, un accès à un portail qui leur est destiné, des fonctions permettant de prendre un rendez-vous ou d’afficher leurs rendez-vous, de consulter les résultats des tests de laboratoire subis et parfois, de communiquer par voie électronique avec les personnes leur donnant des soins. Tous ces outils sont valables, car ils amènent le patient à participer plus activement à la gestion de sa propre santé. Toutefois, cette conversation inopinée avec une femme dont le seul lien avec le système de santé était celui d’une « consommatrice de soins » m’a fait réfléchir à la possibilité que les systèmes et la préparation de leurs futurs utilisateurs pourraient aussi être conçus de manière à rehausser la qualité de l’expérience vécue par les patients.

Sur le plan de la conception, il convient donc d’accorder toute l’attention voulue à la création d’une interface utilisateur qui favorise la plus grande convivialité possible pour le clinicien. Comme l’a indiqué Nusbaum (2011), « un système de DME mal conçu peut obliger le médecin à consacrer un temps énorme à des tâches purement informatiques, comme la navigation à l’écran et la saisie des données, plutôt que de consacrer ce temps au patient comme tel ». Si les écrans du système sont conçus pour faciliter le travail du médecin, la saisie des données n’en sera que plus uniforme et prévisible et retiendra donc moins l’attention du médecin qui pourra davantage échanger avec le patient. Pour bien comprendre le déroulement du travail d’un médecin, les développeurs de systèmes peuvent observer son travail en contexte réel pendant une consultation typique. En comprenant quelle est l’information à laquelle le médecin souhaite avoir accès pendant ses interactions avec les patients et quelles sont les étapes qu’il suit habituellement dans la prestation des soins, puis en concevant ensuite le système qui lui présentera l’information requise au moment opportun, on augmentera considérablement la convivialité des logiciels et l’attention que le médecin doit porter à son écran d’ordinateur s’en trouvera réduite d’autant.

Selon Webster (2010), une interface utilisateur intelligente qui s’adapte selon le contexte doit comporter les caractéristiques suivantes :

  • Adaptabilité – Elle peut retenir les préférences de l’utilisateur et s’ajuster en fonction de celles-ci.
  • Réactivité – Elle peut prévoir les besoins de l’utilisateur dans un environnement changeant.
  • Proactivité – Elle sait présenter l’information requise au moment opportun en fonction des mesures précédemment prises ou du processus utilisé.
  • Autonomie – Elle est capable d’agir sans intervention humaine.

Webster ajoute que les systèmes qui possèdent ces attributs sont des exemples parfaits « d’interface utilisateur intelligente ». Cette intelligence est acquise en assimilant l’information saisie et en l’utilisant d’une manière qui rehausse significativement la qualité de l’interaction avec l’utilisateur.

Au-delà de la conception même du système, la formation donnée à l’utilisateur et la méthode de mise en œuvre du système peuvent contribuer à une utilisation efficace de l’outil. La formation s’appuyant sur une compréhension véritable du déroulement habituel du travail accélérera l’apprentissage du système. Elle favorise le passage des connaissances théoriques en milieu de travail. Les fonctions d’aide en ligne facilement accessibles donnant des messages utiles pour résoudre les difficultés auxquelles se heurtent le plus couramment les utilisateurs réduisent aussi le temps nécessaire pour s’adapter à l’utilisation du système en milieu clinique.

De nombreuses caractéristiques des logiciels de DME visent à réduire la quantité de temps que le clinicien consacre à la saisie et à l’enregistrement des détails pertinents au cours d’une interaction. Nous songeons notamment aux modèles préétablis pour les documents les plus souvent utilisés et aux fonctions qui rappellent au médecin le suivi à effectuer en temps opportun. Les cliniciens qui utilisent ces fonctions sont en général enthousiastes, car elles les aident à utiliser plus efficacement leur système de DME. Plus les gains d’efficacité sont importants, plus le médecin est ouvert à réfléchir aux moyens de rehausser l’expérience vécue par ses patients, ne serait-ce que par un meilleur contact visuel avec eux pendant les échanges.

Sheri Ross, IA, B. Sc. Inf., MBA est directrice clinique au sein de Logiciels de gestion médicale MD S.E.C., une des filiales de l’Association médicale canadienne (AMC), du groupe d’entreprises de Services aux médecins MD.

Bibliographie
NUSBAUM, N. J. « The electronic medical record and patient-centered care », Online Journal of Public Health Informatics, vol. 3, no 2, 2011.
WEBSTER, C. « Intuitive vs. Intuitable EMRs, EHRs, and Clinical Groupware: Do we need smarter users or smarter user interfaces? EHR Workflow », réf. du 2 juillet 2010, http://j.mp/aU8192.

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