Le dossier médical électronique : un outil d’enseignement aux patients

March 12, 2012

Sheri Ross

Les prestataires de soins de santé ont devant eux une occasion unique non seulement d’aborder avec leurs patients des problèmes de santé existants ou pressentis, mais aussi de les aider à éviter de futures répercussions négatives sur leur santé en leur enseignant comment prendre soin d’eux-mêmes. Avec un renforcement constant, les patients ont plus de chances d’adhérer aux concepts enseignés. Des incitatifs peuvent aussi favoriser la modification de leurs comportements et adopter de nombreuses formes, par exemple une reconnaissance des réussites du patient ou une démonstration de ses progrès grâce aux outils qu’offre le logiciel de DME, notamment les notes et rappels, la création de graphiques et la représentation des tendances, ainsi que l’évaluation des risques.

L’apprentissage se fait mieux quand plusieurs facteurs sont réunis, notamment une réceptivité à l’apprentissage chez l’apprenant et une relation de confiance entre l’enseignant et l’apprenant, comme celle qui existe entre le médecin et son patient. Le médecin peut évaluer la réceptivité du patient à l’apprentissage à chaque interaction et doit être conscient de l’importance qu’attachent les patients à l’enseignement prodigué par leur médecin.

Une étude menée par Terry et Healey a révélé que les patients qui recevaient de leur médecin de la documentation pour gérer eux-mêmes leur santé étaient beaucoup plus satisfaits des soins reçus que les patients qui ne recevaient pas cette information ou qui la recevaient par la poste. Quand les patients voient d’un bon œil le fait de recevoir de leur médecin de la documentation pour prendre soin d’eux-mêmes, on s’attend à ce qu’il y ait plus de chances qu’ils suivent les directives fournies.

Bien que l’enseignement aux patients ne soit peut-être pas la toute première chose à laquelle un médecin pense quand il décide de faire l’acquisition d’un système de DME, l’utilité de ce dernier comme outil d’enseignement aux patients ne doit pas être minimisée. Le médecin accède systématiquement au dossier de son patient à l’aide de son système de DME lors d’une consultation. Il a ainsi accès aux résultats des derniers tests de laboratoire de son patient, aux rapports d’hôpital ou d’imagerie diagnostique, à l’information sur les allergies et les médicaments, ainsi qu’à d’autres renseignements pertinents relatifs à la santé.

Une note, un rappel ou un facteur de risque concernant la situation d’un patient relativement au tabagisme peut avoir été entré dans le système lors d’une consultation antérieure, et cet élément d’information à portée de main sert au médecin de signal visuel pour s’informer de la situation actuelle du patient et renforcer ce qu’il a enseigné antérieurement concernant l’abandon du tabagisme. Le médecin peut aussi examiner avec son patient une série de notes relatives à ses progrès dans l’abandon du tabagisme pour démontrer l’amélioration survenue et l’encourager à poursuivre son objectif de cesser de fumer. En étant conscient de l’état de réceptivité du patient à d’autres types d’information sur le sujet et en sachant où et comment accéder à d’autres ressources, le médecin peut diriger le patient vers des sites Web pour obtenir de la documentation supplémentaire pouvant l’aider à atteindre son but.

Certaines maladies peuvent être difficiles à gérer et peuvent nécessiter une évaluation continue au moyen de tests de laboratoire et des ajustements subséquents de médicaments. Les fonctions de création de graphiques et de représentation de tendances sont des outils que le médecin peut facilement exploiter lorsqu’il enseigne à ses patients comment gérer une maladie donnée. Le vieux proverbe « une image vaut mille mots » prend tout son sens quand le médecin montre au patient le résultat d’un test de laboratoire et son évolution représentés graphiquement sur une longue période à l’aide du logiciel de DME. Au patient hypertendu, par exemple, le médecin peut prescrire un antihypertenseur, expliquer comment modifier son alimentation et ses habitudes de vie, ainsi que demander de surveiller son poids et sa tension artérielle à la maison dans le cadre d’un régime d’autosoins.

Le patient peut ensuite entrer ses données de poids et de tension artérielle directement dans son dossier de santé en utilisant un portail santé à l’intention des patients, comme le Portail santé monmedecin.ca, qui est parfaitement intégré au système de DME de la Suite SC. Au rendez-vous suivant, le médecin peut représenter graphiquement les données de tension artérielle et de poids du patient et revoir la posologie de son médicament.

Quand le patient perd du poids, souvent la tension artérielle diminue également, et la prise de médicaments pour maîtriser la tension artérielle devient moins nécessaire. Lorsqu’on lui montre ces changements à l’aide des fonctions de création de graphiques et de représentation des tendances, le patient peut facilement voir la corrélation directe entre le poids et les chiffres de tension artérielle, et le médecin peut ainsi fournir à son patient un incitatif à poursuivre ses activités actuelles. Si l’évolution des résultats est moins favorable, le médecin peut se servir des graphiques et tendances pour renforcer certains aspects du programme d’enseignement et insister sur les modifications souhaitées.

Une autre utilisation possible du DME dans un contexte d’enseignement aux patients est le recours aux outils d’évaluation des risques pour aider les patients à comprendre leur degré de risque par rapport à certaines affections. Le fait de pouvoir évaluer le risque alors que le patient est présent dans la pièce aide à engager la conversation avec lui sur ses propres comportements ainsi que sur les facteurs à considérer dans l’évaluation du risque. Cette discussion peut, en soi, susciter une réceptivité à l’apprentissage, et le patient sera alors peut-être plus prêt à recevoir de l’information sur la gestion des risques détectés, information qu’il n’aurait peut-être pas été disposé à entendre auparavant.

En ce qui concerne la communication entre patient et médecin, l’utilisation du courriel est un sujet un peu plus controversé. Des éditoriaux et des articles ont été écrits à ce propos, décrivant aussi bien les avantages que les mises en garde associés à l’utilisation du courriel entre patients et médecins. Reconnu comme très avantageux pour les activités d’ordre logistique telles que la programmation d’un rendez-vous ou le suivi d’une activité, le courriel est aussi un outil utile pour renforcer l’information fournie précédemment et soutenir ainsi la démarche d’enseignement aux patients.

Les craintes de voir le médecin submergé de messages dépourvus de valeur ajoutée de la part des patients se sont révélées injustifiées. En outre, pour calmer les inquiétudes au sujet de la transmission protégée des messages, on demande à chaque patient s’il consent à échanger des courriels avec le médecin et s’il accepte que la communication puisse emprunter les mécanismes habituels de courrier électronique.

L’Association médicale canadienne (AMC) a élaboré des lignes directrices à l’intention des médecins au sujet des communications en ligne avec les patients. Elle a aussi établi un modèle de document à remettre aux patients sur les lignes directrices en matière de courrier électronique. Ces lignes directrices traitent notamment de la présentation des courriels, de leur utilisation adéquate, du délai de réponse à prévoir, ainsi que de la sécurité, de la confidentialité et de la protection des renseignements personnels. Le modèle sert également de formulaire de consentement du patient.

Bien que bon nombre des avantages rapportés des communications par courriel soient issus de témoignages, une étude Kaiser Permanente portant sur des patients qui communiquaient avec leur médecin par courrier électronique a fait ressortir une importante amélioration de plusieurs indicateurs de santé chez les patients diabétiques ou hypertendus.

Le sujet qui est peut-être le plus d’actualité dans le milieu concernant l’utilisation des technologies pour l’enseignement aux patients, est celui des médias sociaux. Comme c’est le cas pour la plupart des nouvelles technologies qui font leur apparition, il y a des fournisseurs de soins de santé qui sont ouverts à l’utilisation des médias sociaux dans la prestation des soins, et d’autres qui s’y opposent ou qui attendent d’en savoir davantage à leur sujet avant de se prononcer.

L’AMC a publié récemment des conseils sur l’utilisation des médias sociaux par les médecins dans un rapport intitulé Les médias sociaux et les médecins canadiens – enjeux et règles d’engagement. Le rapport donne une définition des médias sociaux et indique qu’il est possible de communiquer l’information de façon unidirectionnelle, par exemple dans un blogue, ou de façon multidirectionnelle dans un forum de discussion. L’article traite aussi de points à considérer avant de décider de s’engager dans l’utilisation des médias sociaux et fait mention des avantages éventuels de leur utilisation dans la gestion de la santé d’un patient.

Le Dr Freedhoff, un blogueur qui écrit fréquemment sur un sujet précis lié à la santé, indique qu’il se sert de son blogue pour renforcer ce qu’il a enseigné à ses patients. Il renvoie les patients à de la documentation de référence dont il a parlé sur son blogue ainsi qu’à des écrits antérieurs qui viennent renforcer un sujet qu’il présente pour la première fois dans son bureau. Il voit également un avantage à utiliser les médias sociaux pour mettre les patients en relation les uns avec les autres. Les patients qui ont des maladies semblables peuvent ainsi profiter d’un mécanisme de soutien additionnel pour persévérer dans la modification de leurs habitudes de vie ou simplement discuter avec d’autres de leur vécu commun.

La seule limite aux possibilités d’utilisation d’un système de DME et d’autres technologies informatiques pour faciliter l’enseignement aux patients est l’imagination et les capacités du médecin. Les technologies vont continuer d’avancer, ce qui exigera des prestataires qu’ils soient au fait des changements. La volonté des patients d’utiliser ces technologies pour améliorer l’efficience et l’efficacité de leurs interactions avec leurs fournisseurs de soins de santé continuera elle aussi de progresser. Le défi nous est lancé à tous d’adopter et d’exploiter pleinement ces outils, alors allons-y, relevons le défi!

Sheri Ross, IA, B. Sc. inf., MBA, est directrice clinique à Services aux médecins MD – Logiciels inc.

Publié le 2 février 2012

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