La volatilité des marchés, reflet de la crise de confiance des investisseurs

August 8, 2011

Aucun lien avec la répétition de la crise financière de 2008

Cette volatilité des marchés est préoccupante, mais il importe de ne pas oublier que la situation actuelle ne peut être assimilée à une crise du système financier, à une crise économique ni même à une crise liée au plafonnement de la dette. La crise actuelle en est une de confiance. La fragilité de l’économie mondiale impose aux décideurs politiques une saine prudence dans la prise de leurs décisions. À défaut, la perte de confiance se traduira par une vive réaction des marchés boursiers. La situation était différente en 2008. Les marchés boursiers avaient plongé en réaction à la paralysie du système financier mondial causée par le défaut de paiement de Lehman Brothers et par les problèmes de liquidité qui en avaient découlé.

Plusieurs indicateurs économiques dont nous suivons l’évolution démontrent que nous traversons actuellement une crise de confiance :

  • Écart LIBOR/OIS - L’écart LIBOR/OIS (écart entre le taux interbancaire offert à Londres et le taux des swaps indiciels à un jour) mesure la liquidité et la santé du système bancaire. Lorsque les problèmes de liquidité se généralisent, comme à la fin de 2008, les marchés financiers n’arrivent plus à fonctionner efficacement. Il n’y a actuellement rien de tel. Comme le graphique ci-dessous l’indique, l’écart ne s’élargit pas et les banques continuent de se prêter de l’argent les unes aux autres, ce qui maintient la liquidité des marchés.

  • Bons du Trésor américain - Un autre facteur vient raffermir notre conviction que nous ne vivons pas actuellement une crise financière. En effet, les bons du Trésor américain se sont appréciés cette semaine (à la suite de la baisse de leur rendement nominal), ce qui indique que les investisseurs actifs sur le marché des titres à revenu fixe continuent de considérer les bons du Trésor américain comme des « valeurs refuges ».
  • Produit intérieur brut (PIB) américain - Selon certaines études récentes, l’économie américaine continue de croître au taux de 1,3 % année sur année. Le pays n’est donc pas en récession.
  • Amélioration sur le marché américain de l’emploi - Les employeurs aux États-Unis ont créé 117 000 emplois en juillet, un résultat nettement supérieur aux prévisions de création de 75 000 emplois qui avaient été formulées par les économistes. Le taux de chômage a légèrement diminué pour atteindre 9,1 %. Ce regain de vie du marché de l’emploi constitue une excellente nouvelle et contraste fortement avec les statistiques récentes qui semblaient annoncer un ralentissement de l’économie.

Diminution de la cote de la dette à long terme des États-Unis par Standard & Poor’s

À la clôture des marchés le vendredi 5 août, l’agence de notation Standard & Poor’s a annoncé qu’elle avait révisé à la baisse la cote à long terme de la dette souveraine américaine, la faisant passer de AAA (cote la plus élevée) à AA+ (un cran plus bas, mais encore une cote « d’excellente qualité »). Les deux autres grandes agences de notation, Moody’s et Fitch, n’ont pas bougé. Il se peut que les cours boursiers aient déjà absorbé cette décote. Toutefois, nous continuerons de surveiller les marchés, à l’affût des moindres signes. Comme le Wall Street Journal le soulignait dans un article paru ce week-end : « L’expérience démontre que la révision à la baisse d’une dette publique n’est pas nécessairement catastrophique. Lorsque S&P a abaissé la cote de la dette japonaise au début de la dernière décennie, le rendement des obligations du gouvernement japonais est resté pratiquement inchangé et encore aujourd’hui, le taux des obligations de dix ans du gouvernement japonais reste à 1 %. »

Nous sommes convaincus que la croissance future de l’économie mondiale dépendra fortement de la capacité des décideurs politiques de prendre les mesures appropriées, une conviction que semble partager Standard & Poor’s : « Nous pensons que le bras de fer politique des derniers mois met en lumière ce que nous percevons comme une déstabilisation, une perte d’efficacité et une diminution de la prévisibilité du système de gouvernance et d’établissement des politiques publiques aux États-Unis. » Ces commentaires sont révélateurs de la crise de confiance qui prévaut actuellement sur le marché des placements.

Persistance des facteurs positifs

Malgré l’incertitude économique actuelle, les bénéfices de nombreuses entreprises au Canada et partout dans le monde restent en forte croissance. Les indicateurs économiques sont certes faibles, mais ne laissent pas entrevoir de récession. Le système bancaire est relativement sain et les investisseurs obligataires continuent de considérer les bons du Trésor américain comme des valeurs « refuges ».

Mécanismes de protection contre la baisse intégrés à nos portefeuilles

Dans la situation actuelle, les portefeuilles bien diversifiés ont tendance à mieux se comporter. Or nous avons justement bâti nos fonds communs et fonds collectifs en privilégiant la protection à la baisse, ce qui leur permet de réagir plus efficacement aux replis du marché. Nous avons également consulté directement nos gestionnaires de placements qui nous ont indiqué leur intention de maintenir leurs principes de placement et leur conviction qu’il fallait garder le cap. Ils continuent de se concentrer sur les caractéristiques porteuses de rendement à long terme et prévoient même profiter des possibilités susceptibles de se présenter pour effectuer une rotation sélective des placements afin de générer de la valeur à long terme. Combinée à une saine diversification de nos portefeuilles, cette approche représente une stratégie solide et rassurante dans les conditions actuelles d’instabilité.

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