La Banque du Canada maintient son taux cible à un pour cent

September 7, 2011

Dans une annonce attendue par la plupart des observateurs, la Banque du Canada a indiqué qu’elle maintenait à 1 % son taux cible de financement à un jour. Le taux de la banque centrale n'a pas bougé depuis près d’un an. Sa dernière majoration (0,25 %) remonte au 8 septembre 2010.

Selon le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, plusieurs risques à la baisse mentionnés dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM) de juillet dernier se sont matérialisés. La crise de la dette souveraine en Europe s’est intensifiée, les récentes révisions apportées aux données de référence indiquent que la récession américaine a été plus profonde qu’on le pensait et que la reprise a été plus modeste que ce qui avait été annoncé précédemment, et les marchés financiers sont de plus en plus instables dans le sillage des signes de ralentissement de l’économie mondiale. Au sujet de l’économie américaine, la Banque prévoit maintenant que les dépenses des ménages américains seront encore plus modestes que prévu et que le retrait des mesures de stimulation budgétaire s’ajoutera aux autres facteurs défavorables pour freiner la croissance. Selon M. Carney, à l’extérieur de l’Amérique du Nord, la résolution des difficultés budgétaires et financières en Europe exigera des initiatives importantes des autorités. D’ici là, les investisseurs demeureront probablement frileux. La croissance économique dans les marchés émergents a été robuste et maintient à un niveau élevé les prix des produits de base. Toutefois, la faiblesse d’un nombre croissant de grandes économies développées nuira à la croissance future de ces pays.

De nombreux économistes ont interprété l’annonce de la Banque du Canada du 19 juillet 2011 comme un signe qu’elle envisageait de hausser son taux de financement à un jour d’ici la fin de l’année. Ces attentes étaient alimentées par la suppression du mot « finalement » de ses commentaires au sujet du moment auquel elle commencerait à resserrer sa politique monétaire. Dans ses plus récents commentaires, cependant, la Banque adopte un ton considérablement plus positif. L’annonce d’aujourd’hui ne comprenait pas le commentaire habituel sur le retrait à venir d’importantes mesures de stimulation monétaires, ce qui pourrait être interprété par certains économistes comme un signe que la Banque envisage maintenant de nouvelles mesures pour stimuler l’économie canadienne.

Produit intérieur brut (PIB)

Au deuxième trimestre, l’économie canadienne s'est contractée de 0,4 % à cause de facteurs temporaires, notamment les problèmes d’approvisionnement en provenance du Japon, les inondations et les incendies de forêt dans le Nord de l’Alberta et la diminution de la production qui a été supérieure aux prévisions antérieures de la Banque.

En perspective, la Banque s’attend à une reprise de la croissance alimentée par les investissements continus des entreprises appuyés par le niveau élevé des prix des produits de base et par les dépenses des consommateurs dans un contexte de croissance de l’emploi et de faible inflation. Parmi les risques à la baisse qui pourraient empêcher ces attentes de se concrétiser, mentionnons la dépréciation du patrimoine des ménages et le resserrement possible du crédit si jamais la conjoncture mondiale sur les marchés financiers devait se détériorer davantage. La baisse des exportations nettes, l’un des principaux facteurs de croissance durable selon la Banque, devrait continuer à nuire à la croissance économique canadienne, car la demande mondiale s’affaiblit et le dollar canadien demeure fort, ce qui nuit à la position concurrentielle du Canada sur les marchés mondiaux.

Inflation

L’effet de certains facteurs temporaires, y compris les prix élevés des aliments et de l’énergie, devrait s’atténuer et par conséquent, l’inflation globale devrait ralentir. Même si la Banque n’a pas fait état de ses attentes passées d’un retour de l’économie à sa pleine capacité de production d’ici le milieu de 2012, M. Carney avait précédemment indiqué que le taux d’inflation de l’IPC reviendrait à 2,0 %. Les prévisions de ralentissement de l’économie mondiale réduiront vraisemblablement la demande de matières premières canadiennes et par conséquent, atténueront davantage l’inflation globale au Canada.

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