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REEE : quelle est la meilleure stratégie de cotisation pour ma famille?

En tant que médecin, vous connaissez bien la valeur et le coût des études postsecondaires. Pour épargner en prévision de celles de vos enfants ou petits-enfants, un régime enregistré d’épargne-études (REEE) est une solution attrayante.

Si vous songez à ouvrir un REEE, vous vous interrogez peut-être sur la meilleure stratégie pour le financer. En voici deux pour vous aider à comprendre les options qui s’offrent à vous.

REEE : comparaison de deux stratégies de financement

Au fil du temps, trois facteurs contribuent à la croissance du REEE :

  • les cotisations versées par le « souscripteur », soit la personne qui place de l’argent dans le compte;
  • les subventions versées par l’État pour inciter les gens à épargner;
  • la croissance des placements achetés au moyen des cotisations et subventions.

Les cotisations annuelles à un REEE donnent droit à la Subvention canadienne pour l’épargne-études ou SCEE. La SCEE équivaut à 20 % du montant de vos cotisations jusqu’à concurrence de 500 $ par année et de 7 200 $ à vie1.

De nombreux médecins choisissent de financer leur REEE en y versant annuellement des cotisations suffisantes pour obtenir au bout du compte la subvention maximale à vie de 7 200 $. De cette manière, l’épargne s’accumule lentement dans le compte, gonflée des versements de la SCEE à mesure que l’enfant vieillit.

D’autres choisissent plutôt de verser une grosse somme dans le REEE tôt dans la vie de l’enfant afin que les fonds aient plus de temps pour fructifier. Cette option ne permet pas cependant d’obtenir la subvention maximale.

Quels sont les avantages et les inconvénients de chaque option? Est-il préférable de verser la plus grosse somme possible d’entrée de jeu afin de maximiser la croissance des placements? Ou faut-il plutôt étaler les cotisations dans le temps pour optimiser les subventions de l’État? Voici deux scénarios concrets qui illustrent les différences entre les deux stratégies.

Option 1 : Financer le REEE au fil des ans pour tirer le maximum de la Subvention canadienne pour l’épargne-études

  • Dans ce scénario, le souscripteur du REEE optimise la SCEE en versant 2 000 $ par année pendant 18 ans (de la naissance de l’enfant jusqu’à ses études postsecondaires), une cotisation totale de 36 000 $.
  • L’État versera annuellement pendant 18 ans une SCEE de 400 $, pour une subvention totale de 7 200 $, soit le maximum possible.
  • Le REEE croîtra lentement grâce au versement des cotisations annuelles et de la SCEE et à l’accumulation des intérêts sur ces sommes.

Option 2 : Financement intégral du REEE le plus tôt possible afin d’optimiser la croissance des placements

  • Dans le deuxième scénario, le souscripteur verse la même cotisation de 36 000 $, mais d’un seul coup dès l’année de naissance de l’enfant. (Même si la cotisation maximale à vie dans un REEE est de 50 000 $, nous avons privilégié le versement d’une cotisation totale égale à celle du premier scénario pour que la comparaison soit plus claire.)
  • Ce scénario présente l’avantage d’optimiser le report de l’impôt sur les revenus de placement, mais donne droit à une seule SCEE de 500 $ l’année où les fonds sont versés.
  • La croissance du compte découle du rendement des placements achetés au moyen de la cotisation initiale et de la SCEE reçue une seule fois.

Dans les deux scénarios, nous tenons pour acquis que le rendement composé annuel des placements est de 4 %. Maintenant que ces hypothèses de départ sont fixées, voici la fiche comparative des deux options :

Analyse comparative des stratégies de financement d’un REEE

 

Option 1 : cotisations de 2 000 $/année x 18 ans

Option 2 : cotisation unique de 36 000 $ la première année

Années 1 à 18

 

 

Cotisations du souscripteur

36 000 $

36 000 $

SCEE totale

7 200 $

500 $

Taux de rendement des placements

4 %

4 %

Année 18

 

 

Valeur des cotisations du souscripteur

53 342 $

72 929 $

Valeur de la SCEE

10 668 $

1 013 $

Solde du compte

64 010 $

73 942 $


Trouver la solution qui vous convient

Des deux scénarios, le deuxième (financement intégral rapide du REEE) génère une somme totale supérieure de 10 000 $ (9 932 $, plus précisément) la 18e année. Toutefois, il découle aussi de cette option que des revenus de placement de 20 000 $ (72 929 $ moins 53 342 $) seront immobilisés dans le REEE plutôt que de servir à la poursuite d’autres objectifs financiers.

Lorsque vous choisissez la stratégie de financement de votre REEE, il va sans dire que les objectifs liés à l’éducation du bénéficiaire sont importants. Cependant, il arrive souvent que d’autres facteurs bien concrets influencent le choix de la stratégie en sus de ceux déjà décrits. Vous devez notamment trouver un juste équilibre avec vos autres objectifs financiers : remboursement du prêt hypothécaire, protection d’assurance, épargne en vue d’autres objectifs à plus long terme comme votre retraite et, bien sûr, désir légitime de profiter de la vie.

Un autre facteur joue également : le niveau de risque de placement que vous êtes disposé à prendre dans le REEE. S’il est vrai que l’option 2 génère une valeur finale plus élevée, l’argent en question sera exposé à un risque de placement pendant toute la durée de vie du compte. Dans l’option 1, en revanche, les subventions de l’État génèrent en partant un rendement de 20 % exempt de tout risque sur les cotisations du souscripteur.

Par ailleurs, tous les médecins n’ont pas les moyens de verser une grosse somme dans un REEE à la naissance d’un enfant. Dans le cas des médecins exerçant en société qui disposent d’épargnes considérables, l’argent devra être retiré de la société pour le placer dans le REEE, sauf si le ménage a une autre source de revenus. Ce retrait aura des conséquences fiscales, ce qui réduira d’autant plus la somme disponible.

Enfin, n’oubliez pas que le REEE n’est pas le seul outil pour financer les études postsecondaires de vos enfants. D’autres stratégies, comme l’accumulation d’épargnes dans votre société ou la création d’une fiducie d’épargne-études, peuvent aussi jouer un rôle dans votre plan financier. 

Si vous vous demandez comment concevoir une stratégie bien adaptée à vos besoins et à votre situation, un conseiller MD* peut travailler avec vous à l’élaboration d’une approche personnalisée qui assurera l’atteinte de vos objectifs.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

1 Une SCEE additionnelle est offerte aux ménages à faible revenu. D’un maximum de 100 $, elle s’ajoute à la SCEE habituelle et est versée aux familles dont le revenu net rajusté était inférieur à 49 020 $ en 2021. Pour les familles dont le revenu net rajusté se situe entre 49 020 $ et 98 040 $, la subvention additionnelle peut aller jusqu’à 50 $. Des subventions additionnelles sont aussi offertes dans certaines provinces afin d’aider les familles à payer le coût des études postsecondaires.

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.