Comme va la Chine, va le monde

April 2, 2019 Rachael Moir

                

Passée d’une manière stupéfiante du statut de société relativement fermée à celui de deuxième économie mondiale, la Chine représente le phénomène économique des 20 dernières années. La part mondiale du PIB générée par la Chine a augmenté d’environ 12 % au cours des 20 dernières années et 27 % de la croissance économique mondiale vient maintenant de ce pays.

Sur le plan de la croissance, la Chine n’est pas près de perdre sa position dominante malgré le ralentissement actuel, qui fait suite à plusieurs années d’expansion supérieure à 10 %. En 2018, l’économie chinoise aurait en effet crû de « seulement » 6,4 %, son rythme le plus lent depuis 1990.

Comment expliquer ce ralentissement? Est-il de mauvais augure? Comment réagira l’économie mondiale? Quel sera l’effet sur vos placements?

Intervention gouvernementale et tarifs étrangers

Le ralentissement de l’économie chinoise est avant tout imputable à la tentative des autorités de réduire l’endettement des sociétés chinoises, dans un effort pour atténuer le risque lié au système financier.

Outre ce ralentissement orchestré par les autorités, les tarifs douaniers décrétés par le président Trump l’an dernier ont nui aux exportations chinoises à la hauteur de plusieurs centaines de milliards de dollars.

Changement de politique chinoise

Le ralentissement de la croissance économique a convaincu les autorités chinoises d’adopter des politiques de stimulation pour contrer les effets négatifs des tensions commerciales avec les États-Unis.

Dans ce contexte, la campagne de désendettement a été mise en suspens et la Chine a pris plusieurs mesures de relance qui sont venues modifier les politiques monétaire, budgétaire et réglementaire. Mentionnons entre autres la réduction des taux d’intérêt débiteurs, la bonification des allègements fiscaux aux exportateurs, le financement de nouvelles entreprises privées, la diminution des tarifs de l’électricité pour les sociétés manufacturières, la réduction des impôts, l’assouplissement des règles sur les rachats d’actions et la réduction des coûts d’émission des titres de créance par les administrations locales.

En janvier 2019, les exigences liées aux réserves bancaires ont de nouveau été réduites afin de promouvoir les prêts et des projets ferroviaires d’une valeur de 125 milliards de dollars américains ont été approuvés pour stimuler davantage la croissance.

Lorsque la Chine éternue, le monde s’enrhume

À cause de la taille et de l’influence de l’économie chinoise, ses maux deviennent aussi ceux des autres économies du monde. Malgré une légère baisse de la part des exportations mondiales que représentent les exportations chinoises depuis le sommet de 2015, cette part restait à plus ou moins 13 % à la fin de 2017 comparativement à seulement 4 % en 2000. De plus, de 5 % à 10 % des revenus des entreprises inscrites sur les grandes places boursières des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne, de l’Australie et du Japon viennent de la Chine.

Évidemment, ces difficultés de la Chine ont entamé la confiance des entreprises et les attentes de croissance dans les autres économies du monde ont été revues à la baisse l’an dernier. Les décideurs politiques, dirigeants d’entreprise et investisseurs restent donc tous à l’affût du moindre signe d’amélioration des perspectives économiques en Chine. Sur ce plan, nous entrevoyons sur ce plan des développements favorables.

Sous l’effet des mesures proactives des autorités visant à stimuler les prêts et à assouplir leur politique de désendettement, la croissance chinoise semble reprendre son souffle. Après plusieurs mois plus difficiles, le rendement des entreprises américaines dont les revenus dépendent davantage de la Chine (Intel Corp., Broadcom Inc., Texas Instruments Inc., par exemple) s’est amélioré, ce qui dénote une amélioration du sentiment général.

Malgré l’incertitude, la situation devrait se stabiliser

La conclusion rapide d’un accord commercial entre la Chine et les États-Unis demeure bien incertaine. Des messages contradictoires se font entendre. Le président Trump se dit prêt à abolir les tarifs de 2018, pour ensuite menacer de les augmenter. Malgré l’intérêt évident pour ces deux joueurs majeurs de la région du Pacifique de s’entendre, surtout dans le contexte des élections américaines, aucun rapprochement ne semble imminent si tant est qu’il puisse y avoir un rapprochement.

Malgré tout, de multiples raisons d’être optimiste en 2019 persistent. La croissance mondiale a certes ralenti, mais elle demeure positive. La croissance des bénéfices des entreprises de par le monde demeure solide (sauf en Allemagne) et les politiques monétaires demeurent accommodantes. L’inflation se maintient près des taux cibles fixés par les banques centrales ou est inférieure, ce qui semble exclure de nouvelles majorations des taux d’intérêt cette année. La probabilité d’une récession en 2019 demeure faible même si l’incertitude du commerce mondial nuit à l’économie chinoise et mondiale, en dépit de la stabilisation attendue.

Nous privilégions les marchés développés pour l’instant

Dans l’ensemble, nous maintenons la surpondération des actions par rapport aux titres à revenu fixe. En ce qui concerne les marchés émergents, nous continuons de les sous-pondérer par rapport aux marchés développés parce que l’évolution des bénéfices n’est pas aussi attrayante.

L’économie chinoise représente un énorme pan de l’économie mondiale et nous continuerons donc de l’analyser attentivement. Vu l’influence mondiale croissante de la Chine, la construction de tout fonds ou portefeuille exige nécessairement qu’on tienne compte de la situation de son économie.

Si vous désirez obtenir de plus amples renseignements sur l’économie chinoise et sur l’effet qu’elle peut avoir sur vos placements, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller MD.

A propos de l'auteur

Rachael Moir

Rachael Moir est analyste en placement quantitatif au sein de l’équipe Gestion de placements et stratégie chez Gestion financière MD. Elle travaille aux mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et de gestion des placements non traditionnels. Elle participe également aux travaux du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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