Les actions américaines gardent la cote

           

Cet article a été publié initialement en anglais dans le Globe and Mail.

Le cycle économique en cours aux États-Unis sera vraisemblablement le plus long de l’histoire. Il n’est donc pas surprenant que j’entende si souvent la question suivante : les actions américaines seront-elles encore rentables en 2019? Le rendement de l’indice S&P 500 est supérieur à celui de tous les autres grands indices depuis le creux de la crise financière mondiale et il serait donc légitime de s’attendre, selon plusieurs, à ce que la divergence entre les marchés américains et internationaux s’inverse à un certain point. Je ne partage pourtant pas ce point de vue.

Moi et mon équipe continuons de surpondérer les actions américaines dans nos portefeuilles. En revanche, je privilégie les secteurs défensifs plutôt que les secteurs cycliques. Voici pourquoi:

D’abord et avant tout, la croissance économique américaine demeure très stable. Il est vrai que la conjoncture créée au début de 2018 par les mesures de stimulation budgétaire s’estompera en 2019, ce qui ralentira la croissance. Toutefois, le ton plus accommodant récemment adopté par la Réserve fédérale américaine amoindrira le ralentissement prévu. Sur l’ensemble de la courbe, les taux sont en général inférieurs à ce qu’ils étaient à la même époque l’an dernier. De plus, l’assouplissement des conditions financières est favorable aux actions.

Par ailleurs, le niveau de risque aux États-Unis est moins élevé qu’en Europe et en Chine. En Europe, l’incertitude politique a recommencé à miner la confiance des entreprises qui revoient à la baisse leurs prévisions. Le dossier du Brexit n’en finit plus de finir, les manifestations en France nuisent à l’activité économique intérieure et malgré une certaine amélioration de la situation politique en Italie, l’économie en arrache.

En Chine, c’est le commerce international qui retient l’attention, mais ce problème ne fait qu’amplifier une inquiétude déjà présente à propos de la croissance chinoise. Cette inquiétude vient des mesures ciblées de désendettement des décideurs chinois qui ralentissent depuis un certain temps déjà l’économie intérieure. L’amélioration du sentiment à l’égard des négociations commerciales est une bonne nouvelle, mais rien n’indique que la tendance de la croissance s’inversera bientôt.

Dernier point : les bénéfices des sociétés. Depuis la crise financière, les entreprises américaines génèrent des rendements solides et bien des investisseurs se demandent si de telles marges bénéficiaires peuvent être maintenues, surtout dans le contexte des bénéfices colossaux de l’an dernier. Le ralentissement de la croissance mondiale menace la croissance des produits d’exploitation. La croissance des bénéfices ralentira donc considérablement cette année avant de reprendre tard au deuxième semestre de 2019 et en 2020. Malgré ces risques négatifs, la croissance modeste des salaires et la stabilisation des taux d’intérêt favoriseront ultérieurement la croissance lorsque l’économie se remettra en mode expansionniste.

Cela étant dit, nous sommes malgré tout en fin de cycle comme en témoignent l’augmentation des taux d’intérêt à court terme élevés imputable aux majorations décrétées par la Réserve fédérale, la lente hausse de l’inflation et l’aplatissement de la courbe des taux de rendement. À défaut d’une inversion du cycle économique mondial, j’estime que pour optimiser les résultats, il convient de surpondérer les secteurs défensifs américains comme les soins de santé, les produits de consommation courante et les services publics et de délaisser les secteurs plus cycliques. Vous pourriez apporter des changements à votre portefeuille grâce aux FNB qui sont des instruments très liquides et relativement peu coûteux. Par exemple, les symboles XLV (soins de santé), XLP (produits de consommation courante) et XLU (services publics).

Dans l’ensemble, la phase d’expansion économique actuelle aux États-Unis est en voie de devenir la plus longue de l’histoire et devrait excéder celle de dix ans que nous avons connue dans les années 1990. Parmi les points communs entre la phase actuelle et cette période, mentionnons que la Réserve fédérale a interrompu à l’époque comme aujourd’hui son cycle de hausse des taux d’intérêt au moins une fois : réduction des taux en 1995 afin d’éviter une récession, et pause dans la hausse des taux en 2015 et en 2016 à cause de l’inquiétude suscitée par la croissance chinoise et tout récemment, décision de la Réserve d’atténuer les risques liés au ralentissement de la croissance économique mondiale. Il importe aussi de faire la différence entre la situation actuelle et celle des années 1990 : une bonne partie du cycle actuel a tout simplement permis de rattraper le terrain perdu pendant la plus profonde récession survenue depuis la grande dépression.

Dans le contexte actuel, la possibilité d’une récession d’ici 12 mois est faible et les conditions financières semblent favorables à la prolongation de ce cycle particulier pendant encore un certain temps. Après analyse de tous les facteurs, les marchés boursiers américains détiennent encore une longueur d’avance, car ils sont encore en excellente position pour offrir des rendements intéressants en 2019.

A propos de l'auteur

Marija Majdoub

Marija Majdoub, CMA, CFA, a été vice-présidente à la gestion des placements et à la stratégie chez Gestion financière MD. Elle a dirigé les gestionnaires de portefeuille et les professionnels en placement qui gèrent les fonds communs et les fonds collectifs de MD et qui élaborent les principes de placement de l’entreprise.

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