Comme prévu, la Banque du Canada laisse les taux d’intérêt inchangés

January 11, 2019 Wesley Blight

           

La Banque du Canada a annoncé aujourd’hui qu’elle laissait inchangé le taux cible du financement à un jour à 1,75 %, une décision qui était dans une large mesure attendue des observateurs du marché et de l’économie.

Malgré sa décision de maintenir les taux pour l’instant, la Banque réitère que pour atteindre le niveau souhaité d’inflation, le taux directeur devra avec le temps être majoré et se situer à l’intérieur d’une fourchette plus neutre (entre 2,5 % et 3,5 %). La rapidité de la hausse dépendra de l’évolution des perspectives et plus particulièrement, des cours pétroliers, du marché canadien de l’habitation et de la politique commerciale mondiale.

Si elle a été sans effet sur le taux de rendement des obligations à court terme du gouvernement du Canada, l’annonce a provoqué une légère hausse des taux de rendement des obligations à plus long terme, car la Banque a rappelé aux acteurs du marché qu’à un certain point, les taux devront être relevés. Dans la foulée de l’annonce, le dollar canadien a bondi par rapport au dollar américain et maintenu sa trajectoire à la hausse à ce jour depuis le début de l’année.

Importance des cours pétroliers dans l’annonce de la Banque

Malgré le rendement généralement intéressant de l’économie canadienne, la baisse mondiale des cours pétroliers (les prix de référence du pétrole sont actuellement inférieurs de 25 % aux prévisions figurant dans le Rapport sur la politique monétaire d’octobre 2018) a convaincu la Banque de réviser ses perspectives économiques pour le Canada, d’où la baisse des termes de l’échange et du revenu national. Les investissements pétroliers canadiens devraient diminuer dans l’année qui vient.

Les dépenses de consommation et l’investissement dans le logement ont aussi été plus faibles que prévu. La Banque juge que la lenteur de la croissance dans les provinces productrices de pétrole réduira encore plus les dépenses des ménages.

Dans l’ensemble, la Banque prévoit une croissance du PIB réel de 1,7 % en 2019. Elle s’attend aussi en 2020 à une croissance supérieure au potentiel de 2,1 %, car les indicateurs de la demande devraient remonter en 2019. À la fin de 2018, l’inflation était en baisse. Elle atteignait en novembre 1,7 % grâce, dans une large mesure, à la diminution des prix de l’essence. Malgré la pression inflationniste créée par le bas niveau du dollar canadien, l’inflation (telle que mesurée par l’IPC) devrait demeurer inférieure au taux cible avant de remonter pour se situer près de 2 % vers la fin de 2019.

Ralentissement prévu de la croissance économique mondiale

La croissance économique mondiale devrait reculer à 3,4 % en 2019. Selon la Banque du Canada, des facteurs conjoncturels en Europe et au Japon ont ralenti la croissance au deuxième semestre de 2018 tandis que celle des États-Unis est demeurée robuste.

Dans son analyse de l’incertitude mondiale figurant dans le Rapport sur la politique monétaire (RPM), la Banque souligne que si les États‑Unis et la Chine sont actuellement engagés dans un processus plus positif, le fond du litige commercial demeure non résolu. La croissance américaine reste solide, mais les signes de l’influence néfaste de la guerre commerciale sino-américaine sur la demande mondiale et sur les prix des produits de base se multiplient.

Par ailleurs, le Brexit et le grand flou qui entoure la manière dont se déroulera la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne continuent aussi de nuire au sentiment économique et de freiner l’activité partout dans le monde.

Malgré les nombreuses révisions à la baisse des prévisions de la croissance mondiale émanant du secteur privé, la Banque du Canada maintient ses projections. En confortant dans leurs attentes les acteurs du marché, la Banque du Canada les incite à les revoir à la hausse et par extension, elle favorise l’augmentation des taux de rendement des obligations à long terme.

Faible probabilité de nouvelles hausses des taux à court terme

Selon le RPM, l’économie canadienne fonctionne tout près de sa capacité depuis maintenant un an. La croissance de l’emploi est forte, le taux de chômage se situe à son plus bas niveau des 40 dernières années et l’inflation est près du taux cible. La croissance du PIB au dernier trimestre de 2018 devrait être inférieure aux attentes, surtout à cause de la baisse des prix du pétrole. Après ce « ralentissement temporaire » appelé à se poursuivre en 2019, la Banque du Canada pense que l’activité économique s’intensifiera au Canada en 2020 grâce à l’emploi, à la progression de la demande étrangère et aux conditions financières expansionnistes. La croissance des investissements des entreprises et des exportations hors énergie devrait aussi rester constante.

Pour l’instant, la Banque estime que la croissance de la production au quatrième trimestre de 2018 et au premier trimestre de 2019 se situera en moyenne à environ 1 %, car les bas prix du pétrole et les ajustements qui en découlent sur le marché de l’habitation ralentissent la croissance. Selon la Banque, la croissance du PIB réel accélérera dès le deuxième trimestre de 2019.

L’annonce de la Banque confirme nos attentes quant aux futures hausses de taux. Toutefois, la révision à la baisse des prévisions de croissance de la Banque pour 2019 signifie que la capacité excédentaire de l’économie est actuellement supérieure à ce qui était prévu, d’où notre conviction que l’évolution des taux sera plus lente que prévu et que de nouvelles majorations sont improbables dans un avenir immédiat. En 2020, le déficit de productivité devrait se refermer, d’où une augmentation possible de l’inflation.

Pour plus de renseignements sur l’annonce de la Banque du Canada et sur les conséquences possibles d’une éventuelle hausse des taux sur votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD.

A propos de l'auteur

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion de placements chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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