Votre bol de céréales coûte moins cher? C’est la faute à Trump!

January 20, 2017

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI
Gestionnaire de portefeuille, Titres à revenu fixe

L’automne dernier, je me suis rendu à New York pour assister à une conférence sur les placements organisée par le Center for Financial Stability. Plusieurs gestionnaires de portefeuille appartenant à l’élite mondiale ainsi que des universitaires et des décideurs politiques étaient au nombre des conférenciers, un programme des plus intéressants pour un maniaque des placements comme moi! Parmi les thèmes récurrents de cette conférence : l’incertitude entourant les futures politiques de Donald Trump et la possibilité qu’elles élargissent l’éventail des risques auxquels sont exposés les marchés financiers et l’économie.

À quelques heures de l’intronisation de M. Trump aujourd’hui, je n’ai pas été étonné que la Banque du Canada annonce le maintien de son taux de financement à un jour au niveau actuel de 0,5 %.

Le marché obligataire a réagi comme je l’avais prévu. Nos portefeuilles d’obligations ont peu fluctué, car le marché avait déjà pris pour acquis que les taux d’intérêts canadiens ne bougeraient pas en 2017, et les cours obligataires s’étaient donc déjà ajustés. En fait, malgré l’augmentation des taux obligataires de par le monde au quatrième trimestre 2016, le positionnement de nos fonds de titres à revenu fixe traduisait déjà notre conviction que les taux d’intérêt ne changeraient pas au Canada.

Je n’ai pas non plus été surpris par les commentaires du gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, lorsqu’il a affirmé qu’une diminution des taux restait une possibilité, même si les marchés ont quant à eux été pris de court.

Comme bien des gens ces jours-ci, je tiens le président Trump responsable de la situation, du moins en partie, en raison de l’incertitude qu’il représente quant à l’avenir des politiques américaines. La Banque du Canada et les autres décideurs politiques du monde n’ont pour l’instant pas la moindre idée de ce qui surviendra vraiment au cours des prochains mois et cette imprévisibilité se reflète dans les décisions récentes de la Banque et dans les commentaires qui ont suivi.

Pourquoi la Banque du Canada envisage-t-elle une réduction des taux d’intérêt? Elle espère maintenir l’inflation autour de 2 % pour l’ensemble de l’indice des prix à la consommation (IPC), c’est-à-dire l’augmentation des prix des biens que vous et moi achetons tous les jours. Si les taux baissent, ce sera parce que l’inflation est trop basse et parce que, entre autres, les prix des aliments plongent.

En ma qualité de consommateur, la possibilité que le prix des céréales que je mange tous les matins baisse devrait me réjouir (je mesure 6 pieds 5 pouces et je mange beaucoup de céréales!). En ma qualité de gestionnaire de portefeuilles d’obligations, je devrais également me réjouir à l’idée d’un meilleur rendement, mais je sais que des taux faibles ne sont qu’un sacrifice du rendement futur.

Donc, qu’est-ce que nous pouvons en conclure pour le marché obligataire? Tout d’abord, il importe de souligner que le taux de la Banque du Canada influe sur les obligations canadiennes à court terme tandis que les décisions prises ailleurs (comme la majoration des taux d’intérêt par la Réserve fédérale en décembre dernier) influent davantage sur les obligations canadiennes à moyen et à long terme, d’où la hausse des taux hypothécaires au Canada.

La possibilité d’une diminution des taux par la Banque du Canada porte à croire que l’économie canadienne est moins vigoureuse qu’on l’avait cru. En assouplissant encore la politique monétaire (par une réduction à venir des taux), on pourrait dynamiser l’économie et les obligations canadiennes à court terme s’apprécieront encore plus.

Les changements apportés par la Banque du Canada ont moins d’incidence sur les prix des obligations à plus long terme. C’est pourquoi je ne m’attends qu’à une très légère baisse du prix des obligations canadiennes à long terme.

Même si les taux des obligations canadiennes à court terme resteront probablement stables, je crois que ceux des obligations canadiennes à long terme continueront de suivre la tendance mondiale et augmenteront légèrement.

Si les taux augmentent, nous enregistrerons des pertes à court terme, mais je pense aussi que ces pertes seront rapidement comblées par des rendements plus élevés, une bonne nouvelle pour votre portefeuille d’obligations MD!

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