Valeur à extraire de la chaîne mondiale d’approvisionnement du secteur de l’automobile

March 3, 2017

par Craig Maddock, CFP, FCSI, CIM, FICB, CFA, MBA
Vice-président à la gestion des placements

J’adore les voitures depuis ma plus tendre enfance. Récemment, pendant que j’installais dans mon garage de nouvelles plaquettes de frein sur mon automobile, l’idée m’est venue que cette décision d’effectuer moi-même certaines réparations sur mon véhicule ainsi que mon travail de gestionnaire de placement m’aidaient à mieux comprendre l’importance des changements survenus dans les automobiles comme telles et aussi, de manière plus globale, dans l’industrie mondiale de l’automobile.

Le président Donald Trump a récemment lancé un débat sur l’avenir de l’industrie automobile, un événement auquel nous accordons une grande attention chez Gestion financière MD, d’abord parce que nous détenons des positions directes importantes dans ce secteur, mais aussi parce que celui-ci a une influence déterminante sur l’économie mondiale. Il importe par ailleurs de ne jamais perdre de vue que si, lorsqu’il est question du secteur de l’automobile, la plupart des gens pensent d’abord aux « constructeurs d’automobiles », ce secteur est beaucoup plus vaste et est désormais un gigantesque réseau de fournisseurs et de fabricants entièrement intégré à l’échelle mondiale.

Les caractéristiques de ce secteur font en sorte qu’il sera difficile d’appliquer dans son cas les politiques « d’achat et d’embauche aux États-Unis d’abord » que préconise le président Trump. Par souci d’économie, les constructeurs automobiles tendent à rapprocher les usines d’assemblage de leurs marchés finaux. Environ 8 % du prix de détail d’un véhicule est en effet constitué du coût de son transport vers sa destination finale. Ces coûts directs, ainsi que les délais de livraison, paralysent pour des périodes plus ou moins longues le fonds de roulement des fabricants. En Amérique du Nord, les automobiles peuvent être livrées par train à l’utilisateur final dans un délai de quatre ou cinq jours. Si les véhicules doivent franchir un océan, le délai est plutôt de plusieurs semaines.

MD détient des positions dans de nombreuses sociétés mondiales du secteur de l’automobile

À mon avis, il y a énormément de choses bien plus intéressantes à dire sur la rentabilité du secteur de l’automobile que les effets que pourraient avoir sur celui-ci les mesures protectionnistes de l’administration Trump. J’adore les voitures, mais je reconnais aussi d’emblée l’immense valeur potentielle des éléments moins flamboyants de cette industrie, notamment les fabricants de pièces. MD détient dans ses fonds et fonds collectifs des participations dans plus de 50 sociétés du secteur mondial de l’automobile.

La société allemande Continental AG est un excellent exemple. Elle est un chef de file mondial de la production de pièces : pneus, freins, composants électroniques, groupes propulseurs et composants de châssis. En 2016, Continental a inscrit de solides résultats. Son chiffre d’affaires a atteint environ 40,5 milliards d’euros et elle a établi un nouveau record de vente de pneus avec plus de 150 millions d’unités vendues à l’échelle mondiale1. Les clients de MD ont accès aux positions détenues dans la société Continental par l’entremise du Fonds d’actions MD, du Fonds international de valeur MD et du Fonds collectif d’actions internationales GPPMD.

MD détient aussi une position dans Magna International, une société canadienne à propos de laquelle je suis intarissable. Elle est un chef de file mondial du secteur des pièces automobiles et a aussi conclu des contrats d’assemblage de voitures en sous-traitance avec BMW et Daimler. Forte de ses quelque 312 établissements manufacturiers et 98 centres de développement de produits, d’ingénierie et de vente répartis dans 29 pays, Magna International jouit d'une implantation mondiale. Magna procure du travail à plus de 155 000 personnes2. Les clients de MD ont accès aux positions détenues dans Magna International par l’entremise de six fonds MD et de trois fonds collectifs GPPMD.

Dans ses plus récentes perspectives financières publiées le 11 janvier dernier, Magna a indiqué qu’elle prévoyait que la croissance de ses ventes allait se poursuivre et estime que d’ici 2019, son chiffre d’affaires total atteindra 43 milliards $ US. Selon les analystes avec qui je me suis entretenu, la croissance de Magna est plus rapide que celle de ses rivales même si son action se négocie encore à un cours très avantageux, d’où un potentiel de création de valeur. Magna canalise aussi une bonne partie de ses flux de trésorerie vers des programmes de rachat d’actions et elle verse un dividende tout à fait correct d’environ 2,3 %.

La croissance mondiale actuelle annonce un déplacement du leadership mondial

Magna estime que la plus grande partie de la croissance de la production mondiale d’automobiles et des ventes de véhicules viendra désormais de la Chine, de l’Amérique du Sud, de l’Europe de l’Est et de l’Inde. Ces prévisions de vente pointent le doigt vers une réalité importante : la croissance future du secteur de l’automobile viendra de l’extérieur de l’Amérique du Nord, soit de pays où il y a énormément d’espace pour la croissance.

J’ai récemment discuté de cette question avec Jessie Magee, un des membres de l’équipe de placement de EARNEST Partners, une société qui conseille le Fonds d’actions MD, le Fonds international de valeur MD et le Fonds collectif d’actions internationales GPPMD. Ingénieur de formation, Jessie Magee connaît l’industrie automobile de fond en comble. Avant d’amorcer sa carrière chez EARNEST Partners, il a travaillé plus de sept années au sein de la division de recherche et de développement des technologies de pointe de la société Ford. Il était plus particulièrement affecté aux recherches sur les technologies liées aux carburants de remplacement, à la sécurité des passagers et au développement de nouveaux produits.

Au fil de la conversation, il m’a dit : « Il y a actuellement en Chine environ 250 millions de personnes qui ont le les moyens de se payer une automobile et environ 50 millions en Inde. Le marché est donc énorme et lorsqu’on sait que l’Inde accuse un retard d’environ dix années sur la Chine, le potentiel de croissance à long terme dans ce pays est plus qu’intéressant. Sans compter qu’il existe des possibilités pour des entreprises canadiennes de contribuer au développement de l’Inde. La société Tata Motors produit en effet toute une gamme de produits allant de petites voitures aux camions de transport, et elle possède aussi des marques de haut de gamme comme Jaguar et Land Rover. »

Jessie Magee m’a aussi rappelé que les motocyclettes sont très populaires en Inde et dans les autres économies émergentes. Le segment à deux roues du secteur de l’automobile offre un potentiel de placement très intéressant à l’échelle mondiale. En effet, année après année, il se vend dans le monde plus de motocyclettes que d’automobiles.

D’autres facteurs plus généraux doivent aussi être pris en compte. Ainsi, la Chine est le plus important marché pour le secteur de l’automobile. Il semble donc préférable pour le président Trump de ne pas compromettre l’accès qu’ont les entreprises américaines à ce marché. En 2016, GM a vendu plus d’automobiles en Chine qu’aux États-Unis. Et la Chine, malgré le ralentissement récent de sa croissance, est appelée à maintenir sa domination dans ce secteur pendant encore dix ans.

La Chine est bien sûr aussi le plus important marché pour BMW et Mercedes-Benz, mais selon Magee, c’est ici que cette histoire prend une tournure intéressante. « En Chine, Buick et Cadillac peuvent demander des prix supérieurs à ceux de leurs rivales allemandes grâce à un effort de marketing très dynamique qui leur procure un « cachet américain » particulier. Ainsi, il se vend en Chine presque cinq fois plus de Buick qu’aux États-Unis. »

Le secteur de l’automobile demeure un des principaux moteurs de la croissance mondiale

Au bout du compte, la demande de véhicules continuera vraisemblablement de fluctuer à la hausse et à la baisse au gré de la croissance économique mondiale. Le Salon de l’auto de Détroit est en quelque sorte l’événement mondial de premier plan du secteur de l’automobile. Cette année, le salon a pris fin le jour même de mon anniversaire, soit le 22 janvier. Je n’ai malheureusement pas eu la chance de m’y rendre pour contempler tous les modèles de la prochaine génération à mettre sur ma liste de cadeaux potentiels pour mon anniversaire de l’année prochaine, mais aussi vrai que je nourrirai toujours une passion pour l’automobile, celle-ci occupera toujours une place particulière au sein de l’économie mondiale.

Gros plan sur un titre : Magna International et MD

Positions détenues par MD dans Magna au 31 janvier 2017
Fonds commun ou collectif Valeur marchande ($) Pourcentage du portefeuille
Fonds équilibré MD 4 731 150 1,07
Fonds croissance de dividendes MD 3 779 181 1,18
Fonds revenu de dividendes MD 21 405 100 2,28
Fonds d’actions MD 3 964 525 0,22
Fonds international de valeur MD 389 837 0,47
Fonds sélectif MD 6 644 015 1,39
Fonds collectif d’actions canadiennes GPPMD 23 526 786 0,78
Fonds collectif de dividendes GPPMD 25 296 222 1,12
Fonds collectif d’actions internationales GPPMD 3 455 776 0.24

Source : Gestion financière MD

 

Positions de MD dans le secteur de l’automobile

MD détient dans ses fonds communs et fonds collectifs des positions dans plus de 50 sociétés du secteur de l’automobile.

Positions les plus importantes détenues dans le secteur de l’automobile par MD au 31 janvier 2017
Nom du titre Sous-secteur
Adient plc Pièces d’autos
Bayerische Motoren Werke AG (BMW) Automobile
Boyd Group Income Fund Pièces d’autos
Continental AG Pièces d’autos
Daimler Ag Registered Shares Automobile
Denso Corp. Pièces d’autos
Honda Motor Co. Ltd. Automobile
Hyundai Mobis Co. Ltd. Pièces d’autos
Kia Motors Corp. Automobile
Magna International Inc. Pièces d’autos

Source : Gestion financière MD

Coup d’œil sur l’industrie mondiale de l’automobile

Collectivement, les fabricants d’automobiles et de pièces d’automobiles représentent environ 20 % de l’indice mondial MSCI des produits de consommation discrétionnaire. Deux des dix plus grandes entreprises de ce secteur sont des constructeurs automobiles, en l’occurrence Toyota et Daimler. Ce groupe est le plus important du secteur des produits de consommation discrétionnaire et représente environ 2,4 % de l’univers mondial des actions négociables.

Coup d’œil sur l’industrie mondiale de l’automobile
Société Pays Capitalisation boursière (en milliards de $ US) Poids relatif dans l’indice (%)
Toyota Motor Japon 156,18 24,93
Daimler Allemagne 72,16 11,52
General Motors États-Unis 51,16 8,17
Honda Motor Japon 49,05 7,83
Ford Motor États-Unis 45,82 7,31
BMW Allemagne 34,23 5,46
Volkswagen Allemagne 34,04 5,43
Tesla Motors États-Unis 32,42 5,18
Fuji Heavy Industries Japon 24,82 3,96
Nissan Motor Japon 24,00 3,83
Total 523,88 83,63

Source: FactSet

Article précédent
Fabriquée en Chine : la nouvelle révolution technologique

par Fred Wang, CFA, FSA, FCIA, FRMAnalyste en placements quantitatifs Il y a quelques semaines, je me suis ...

Article suivant
Du poulet frit avec votre deux laits deux sucres? Une combinaison qui stimule l’appétit des investisseurs

Craig Maddock, CFP, FCSI, CIM, FICB, CFA, MBAVice-président à la gestion des placements S’il existe une cer...