Retirés! Élimination presque simultanée des Blue Jays de Toronto et du chef de la direction de Rogers

October 21, 2016

par Edward Golding, CFA, MBA
Gestionnaire de portefeuille, Actions nord-américaines

La semaine a été mouvementée chez Rogers!

Le 17 octobre, Guy Laurence, président et chef de la direction de l’entreprise, « quittait ses fonctions » abruptement, et deux jours plus tard, l’équipe de baseball de l’entreprise, les Blue Jays de Toronto, était éliminée de la course au championnat de la Ligue américaine de baseball dans le cinquième match de la série.

Comme des millions de Canadiens, j’entretiens avec Rogers des rapports quotidiens. Je suis abonné à ses services de téléphonie sans fil, d’accès à Internet et de câblodistribution. Par ailleurs, l’entreprise est propriétaire de mon équipe de baseball favorite et copropriétaire de mon équipe de hockey préférée, les Maple Leafs, sans oublier qu’elle possède les droits de télédiffusion des matchs de la LNH pour encore dix ans.

Ce lien avec Rogers remonte à très longtemps. Avant mon arrivée chez Gestion financière MD, je travaillais en effet comme analyste des marchés boursiers spécialisé dans le secteur de la câblodistribution, des médias et des télécommunications, et je passais de 12 à 16 heures par jour à analyser des entreprises comme Rogers.

Plusieurs fonds communs et collectifs de MD détiennent d’ailleurs une position dans Rogers. À la clôture des marchés le 20 octobre dernier, la société représentait une proportion particulièrement importante du Portefeuille distinct d’actions canadiennes CPPMD (2,85 %), du Fonds collectif de dividendes GPPMD (2,52 %) et du Fonds croissance de dividendes MD (2,73 %).

Les investisseurs qui ont détenu des actions de Rogers au cours des cinq dernières années ont été bien servis. Pendant trois de ces années, Guy Laurence était à la tête de l’entreprise.

Rogers a annoncé que Joseph Natale, ancien chef de la direction de Telus, remplacerait M. Laurence, mais pas avant le mois de juillet 2017, date à laquelle la clause de non-concurrence du contrat de M. Natale avec Telus cesserait de s’appliquer. D’ici là, Alan Horn, président du Conseil assumera à titre intérimaire les fonctions du chef de la direction.

Le départ de M. Laurence et l’arrivée de M. Natale ne changent pas vraiment notre point de vue sur Rogers. À notre avis, les perturbations récentes créées par la transition à la tête de l’entreprise n’auront que des retombées minimes à court terme.

Rogers est une importante société du secteur des communications et des médias. Diversifiée, son chiffre d’affaires atteindra selon les prévisions 14 milliards de dollars en 2016. Ces deux dernières années, le nombre d’abonnés à son service de téléphonie sans fil s’est accru et ce segment représente désormais 57 % de son chiffre d’affaires total, en hausse par rapport à 52 % il y a dix ans.

Toutefois, le nombre d’abonnés aux services de câblodistribution de Rogers continue de s’effriter sous l’effet de forces structurelles (dont le délaissement croissant chez les consommateurs de la câblodistribution), ce qui annonce peut-être le déclin d’une de ses divisions. L’entreprise a par ailleurs mis la clé dans la porte de Shomi, sa division de diffusion de flux vidéo, ce qui lui a coûté la coquette somme de 140 millions de dollars.

Malgré l’incertitude relative liée aux choix stratégiques qu’orchestrera M. Natale à son arrivée en poste, nous avons confiance dans sa capacité de tenir le gouvernail de cet énorme navire d'une main sûre et de le maintenir sur la voie du succès.

Ancien chef de la direction de Telus, M. Natale possède une expérience et un leadership exceptionnels dans le secteur des communications. Il est à l’origine de la stratégie « priorité au client » de Telus, celle-là même qui lui a permis d’inscrire le taux de résiliation d’abonnés (clients perdus) le plus bas de toute l’industrie du sans-fil.

Le titre de Rogers génère actuellement un dividende de 3,55 % et au cours des cinq dernières années (au 30 septembre 2016), l’action a offert un rendement nettement supérieur à celui de son indice de référence, l’indice composé S&P/TSX (13,62 % par rapport à 6,95 %).

Nous continuons de croire dans le potentiel de cette action comme élément de base de nombreux fonds communs et collectifs de MD.

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