Que mange Warren Buffett au petit déjeuner?

February 3, 2017

par James Virgo, CFA, CFP, MBA
Vice-président et responsable national, Conseils en placement privés MD

Au cours de mes 17 années dans le domaine des affaires et de la finance, j’ai toujours été fasciné par Warren Buffett et par son parcours. Parti de rien, l’homme a accumulé une somme nette de 74 milliards USD pour ensuite en redonner la plus grande partie à des organismes de bienfaisance.

Perçu comme le superhéros des investisseurs, M. Buffett a, tout au long de sa carrière, constamment battu le marché. Une bonne partie de la légende qui l’entoure tient à sa capacité de reconnaître les entreprises sous-évaluées. Pourtant, personnellement, je suis plutôt impressionné par la discipline avec laquelle il a toujours appliqué avec confiance sa méthode, même pendant les périodes de volatilité. Warren Buffett reste rationnel lorsque la panique gagne les autres. Lorsque la peur convainc les autres de vendre, il procède à des acquisitions opportunistes. D’ailleurs, voici un de ses conseils les plus souvent cités : « Soyez craintifs lorsque les autres deviennent trop gourmands et soyez gourmands lorsque les autres deviennent craintifs ».

J’ai dernièrement regardé un documentaire intitulé Becoming Warren Buffett qui rappelait le fondement même de la fortune de Warren Buffett : acheter au rabais ou à prix raisonnable des actions d’entreprises de qualité. Les grandes entreprises demeurent de grandes entreprises même en période de volatilité. Le cours de leur action va bien sûr fluctuer en fonction du sentiment du marché, mais la valeur intrinsèque de ces entreprises, c’est-à-dire leur valeur véritable, est beaucoup plus stable et n’évolue que très lentement. En fait, la volatilité des cours boursiers est au nombre des facteurs qui génèrent les meilleures occasions.

Chez MD, nous avons ceci en commun avec M. Buffett : la conviction que l’application d’une méthode rigoureuse axée sur les entreprises de qualité créera des occasions, du rendement et du succès. Nous entendons donc continuer de nous concentrer sur les facteurs fondamentaux des entreprises (croissance du chiffre d’affaires, rentabilité, positionnement concurrentiel, etc.) pour trouver des entreprises de qualité à valeur intrinsèque élevée et y placer l’argent qui nous est confié.

 

Le « baromètre du petit déjeuner »

Dans le documentaire, M. Buffett explique son étrange routine du petit déjeuner qui montre bien toute l’étendue de sa rigoureuse discipline. Il choisit à l’avance l’un des trois plats qu’il apprécie au petit déjeuner, plats qu’il désigne par leur prix et qu’il communique à son épouse : 2,61 $, 2,95 $ ou 3,17 $. Cette dernière place la somme indiquée (la somme exacte, au cent près) dans son automobile afin qu’il puisse ramasser son petit déjeuner en route vers le bureau. Chaque somme correspond à une option offerte sur le menu des restaurants McDonald, et son choix dépend de son sentiment sur l’état des marchés.

S’il pense que les marchés lui préparent une mauvaise surprise, il choisit le menu composé de deux galettes de saucisse à 2,61 $. Lorsqu’il est gagné par l’optimisme, il choisit plutôt le sandwich à l’œuf, au bacon et au fromage à 3,17 $. S’il n’est ni pessimiste ni optimiste, il choisit un McMuffin saucisse, œuf et fromage à 2,95 $. Loin de moi l’idée de me prononcer sur les choix alimentaires de M. Buffett (surtout qu’il fait passer le tout avec un verre de Coca-Cola!), mais il est intéressant de se pencher sur les incidences de ses préférences alimentaires matinales sur les placements.

Ces jours-ci, il doit sans doute choisir l’option à 3,17 $! Depuis les élections présidentielles aux États‑Unis, l’incertitude domine, ce qui n’a en rien réduit l’appétit de M. Buffett sur les marchés boursiers. Son entreprise, la société Berkshire Hathaway inc. (Berkshire), maintient fermement ses principes de placement et s’est lancée dans une phase intense d’acquisition, achetant pour environ 12 milliards USD d’actions depuis la victoire de Donald Trump1. Pour mieux comprendre, mentionnons que cette somme représente environ la moitié du capital placé par M. Buffett au cours de l’ensemble des trois années précédentes.

Au moment où de nombreux investisseurs s’inquiètent de la volatilité, la décision de Berkshire de s’en tenir à sa méthode et de gonfler ses positions constitue un excellent rappel de l’importance, en gestion de placements, d’appliquer rigoureusement sa méthode et d’avoir confiance. La volatilité et les risques continueront d’émerger et devront être analysés et pris en compte, mais ces préoccupations ne devraient pas nous distraire de l’objectif ultime qui consiste à placer son argent à long terme dans des sociétés de qualité pour atteindre ses objectifs financiers.

 

MD investit dans Warren Buffett

Berkshire est l’un des principaux titres en portefeuille du Fonds américain de valeur MD. Malgré un cours élevé (qui s’explique par la tendance de l’entreprise à ne jamais fractionner ses actions), l’évaluation de Berkshire demeure de manière générale intéressante. L’action de Berkshire se négocie actuellement à 1,5 fois la valeur comptable. À titre comparatif, mentionnons que l’indice S&P 500 se situe actuellement à 2,6 fois sa valeur comptable. L’action a offert ces dernières années un rendement supérieur à celui de l’indice S&P 500.

Nous parlons souvent de la nécessité de diversifier son portefeuille pour réduire au minimum les risques d’affaires imprévus. Voilà ce à quoi contribue l’action de Berkshire puisque l’entreprise détient elle-même un regroupement diversifié d’entreprises des secteurs de l’assurance, du chemin de fer, des produits industriels, de l’énergie, des produits alimentaires et plus encore. Il est aussi intéressant de souligner que Berkshire est propriétaire de participations importantes dans d’autres sociétés cotées en bourse dans lesquelles MD détient aussi parfois une position. C’est le cas, notamment, des sociétés American Express Co. et Johnson & Johnson.

Si l’on réfléchit bien à toutes les crises que M. Buffett a traversées au fil des 86 années écoulées depuis sa naissance (la grande dépression, l’épidémie de grippe, deux guerres mondiales, d’autres conflits militaires traumatisants, une poignée de récessions, des crises financières, etc.), on comprend aisément pourquoi il est aujourd’hui si optimiste et tout à fait disposé à maintenir ses principes de placement. Tous ces faits doivent nous rappeler de ne jamais céder à la panique, car la panique va et vient, mais les placements eux, demeurent.

Cela étant dit, je pense que je vais pouvoir me permettre de manger au petit déjeuner ces prochains jours un bagel au bacon, à l’œuf et au fromage, l’équivalent canadien du petit déjeuner à 3,17 $ de M. Buffett. Pour ce qui est du Coke cependant, je vais passer mon tour!

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