La Deutsche Bank dans un équilibre précaire : les fantômes du passé resurgissent

October 7, 2016

Les dernières nouvelles concernant la chute de l’action de la Deutsche Bank (qui a dégringolé de 51 % jusqu’à maintenant cette année) préoccupent les investisseurs, qui comparent la situation avec la débâcle de Lehman Brothers, la banque américaine à l’origine de la crise financière mondiale de 2008. Certains craignent que les difficultés de la Deutsche Bank se répercutent sur tout le secteur bancaire en Europe.

Comment MD positionne-t-elle ses portefeuilles compte tenu de l’inquiétude entourant les banques européennes?

Le secteur bancaire est l’un des nombreux secteurs que nous surveillons attentivement d’un point de vue qualitatif. Les banques canadiennes et américaines sont en bonne posture et leurs rendements boursiers en témoignent. De leur côté, les banques allemandes, dont la principale, la Deutsche Bank, tirent considérablement de la patte depuis deux ans. Nos portefeuilles ne sont que légèrement exposés au secteur bancaire européen.

Nos gestionnaires de portefeuilles internationaux évitent généralement d’investir dans les banques européennes puisqu’ils estiment qu’elles ne constituent pas un secteur particulièrement attrayant. Dans l’ensemble, nos gestionnaires de portefeuilles ne voient aucun risque systématique lié à la Deutsche Bank et croient que, vu l’importance de l’institution, le gouvernement allemand la tirerait d’affaire au besoin.

MD est d’avis que la volatilité boursière découlant des difficultés de la Deutsche Bank sera circonscrite aux marchés de l’Europe et ne prévoit pas l’effondrement de l’ensemble du système bancaire européen. Nous maintenons une sous-pondération dans la Deutsche Bank et dans les banques européennes en général. Par conséquent, le risque lié à cette situation particulière demeure très faible.

Quelles sont les causes de cette agitation?

Les actions de la Deutsche Bank se sont montrées volatiles dans les dernières semaines en raison de préoccupations grandissantes entourant le paiement d’une amende de 14 milliards de dollars américains, infligée par le département de la Justice américain. Le département réclame une telle somme à la banque pour clore une enquête visant la vente de titres adossés à des crédits immobiliers toxiques avant le krach boursier de 2008. Les investisseurs et les marchés boursiers s’inquiètent à savoir si la banque pourra s’acquitter d’un paiement d’une telle ampleur. Le gouvernement allemand a déclaré qu’il n’aiderait pas la banque, ce qui a alimenté la peur chez les investisseurs. La Deutsche Bank a vendu des actifs et averti qu’elle sabrerait dans les dépenses. De plus, elle a récemment fait savoir qu’elle supprimerait 1 000 emplois, qui viennent s’ajouter aux 3 000 mises à pied déjà annoncées en juin.

Pourrions-nous revivre l’année 2008?

En 2008, les clients de Lehman Brothers, connus comme les « parties contractantes », ont perdu confiance dans les finances de la banque et ont voulu reprendre leur argent. La banque, en manque de liquidités, n’a pu les rembourser et a donc dû déclarer faillite. Dans le cas de la Deutsche Bank, le bon sens voudrait que même si elle manque de capital, elle ne soit pas en danger de faillite, et ce, pour plusieurs raisons :

  1. La banque dispose de réserves de liquidités considérables ainsi que d’actifs importants qu’elle pourrait vendre pour rembourser toute dette.

     

  2. La Deutsche Bank est considérablement plus importante que Lehman Brothers à l’époque et elle compte plus de clients et des activités plus diversifiées.

De plus, les autorités mondiales sont maintenant mieux outillées pour faire face à une crise financière. Après 2008, les banques centrales de la planète, y compris la Banque centrale européenne, ont mis en place des réformes pour prévenir une autre crise de ce genre. Il est également de l’opinion de plusieurs que la Deutsche Bank réussira à ramener la somme qu’elle doit au département de la Justice à un montant plus raisonnable.

MD continue de surveiller la situation

À l’heure actuelle, MD croit que les préoccupations liées à la solvabilité de la première banque en importance de l’Allemagne et les comparaisons à la crise financière de 2008 sont exagérées. Nous continuons de surveiller la situation. Si vous souhaitez obtenir des précisions sur les conséquences possibles pour vous et votre plan financier, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD.

Article précédent
Samsung : Vente de feu ou disparition en fumée?
Samsung : Vente de feu ou disparition en fumée?

par Craig Maddock, CFP, FCSI, CIM, FICB, CFA, MBAVice-président, Gestion des placements J’ai voyagé plusieu...

Article suivant
Une majoration des taux d’intérêt par la Réserve fédérale demeure probable en 2016
Une majoration des taux d’intérêt par la Réserve fédérale demeure probable en 2016

La décision de la Réserve fédérale des États-Unis, qui à sa réunion du 21 septembre a laissé inchangé le ta...