La Banque du Canada abaisse son taux cible de financement à un jour à 0,50 %

July 15, 2015

Après plusieurs semaines de spéculations de la part des économistes, la Banque du Canada a finalement annoncé le mercredi 15 juillet une réduction de son taux cible de financement à un jour, qui est passé de 0,75 % à 0,50 %, la deuxième diminution cette année.

La Banque justifie sa décision par le ralentissement de la croissance mondiale et intérieure, la désinflation et les faibles prix du pétrole et des autres produits de base. Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a aussi reconnu que l’atonie des exportations canadiennes de produits non énergétiques est « surprenante ».

La Banque a indiqué qu’elle s’attend à ce que la croissance intérieure pour l’ensemble de l’année atteigne 1,1 %, une forte baisse par rapport aux prévisions de 1,9 % d’il y a trois mois, et elle ne s’attend pas à un retour à la pleine utilisation de la capacité de l’économie canadienne avant le premier semestre de 2017.

Le pétrole et l’économie canadienne

L’économie canadienne s’est contractée au cours des quatre premiers mois de cette année, et il est possible que le Canada se retrouve en récession technique d’ici la fin du deuxième trimestre, mais la Banque du Canada s’est bien gardée de l’affirmer en des termes aussi clairs.

Les cours pétroliers continuent de nuire aux perspectives économiques du Canada et demeurent inférieurs aux attentes de la Banque du Canada. Les prix mondiaux du pétrole ont chuté au cours des deux dernières semaines, mais demeurent néanmoins supérieurs au plancher atteint au premier trimestre de 2015. Ces fluctuations récentes sont dans une large mesure imputables à un déséquilibre continu de l’offre et de la demande.

Produit intérieur brut

Dans la foulée des résultats médiocres du premier trimestre de 2015 attribuables à la chute des cours pétroliers, aux conditions climatiques particulièrement rigoureuses en Amérique du Nord et à la faiblesse des investissements des entreprises, le produit intérieur brut (PIB) réel par secteur a chuté de 0,1 % sur un mois en avril, le quatrième recul mensuel consécutif et le cinquième au cours des six derniers mois. La croissance du PIB continue d’être freinée par la chute des cours pétroliers.

On pense maintenant que le PIB se serait légèrement contracté au premier semestre de l’année, ce qui entraînera une augmentation de la capacité excédentaire et exercera des pressions à la baisse sur l’inflation. La Banque prévoit que le PIB réel du Canada croîtra de tout juste un peu plus de 1 % en 2015 et d’environ 2,5 % en 2016 et en 2017.

Inflation

La politique de taux d’intérêt de la banque centrale est guidée par un taux cible d’inflation de 2 %, et l’analyse qui est faite des différentes forces économiques à l’œuvre est liée à leurs retombées prévues sur le taux d’inflation du Canada. L’indice des prix à la consommation a oscillé autour de 1 % ces derniers mois, témoignant d’une baisse sur un an des prix des produits énergétiques de consommation, tandis que l’inflation fondamentale a avoisiné 2 %. L’indice des prix à la consommation du mois de juin sera publié le vendredi 17 juillet.

Devise

Dans la foulée de la décision de la Banque du Canada, le dollar canadien a reculé de plus d’un cent. Il est peu probable que les investissements des entreprises du secteur des ressources naturelles prennent de l’expansion tant que la confiance dans la possibilité d’une hausse prochaine des prix des produits de base ne sera pas rétablie. Toutefois, la diminution des coûts du crédit et la dépréciation du dollar canadien améliorent la situation des exportateurs de produits non énergétiques (notamment, les constructeurs automobiles et les autres sociétés manufacturières), et ceux ci devraient en principe profiter de l’expansion économique plus vigoureuse aux États-Unis.

Que signifie cette décision pour les consommateurs?

Une politique monétaire plus accommodante donne aux consommateurs et aux entreprises accès à du crédit bon marché. Même si les consommateurs canadiens sont déjà lourdement endettés, cette mesure de stimulation additionnelle accroît leur capacité de dépenser à court terme. La Banque du Canada a reconnu aujourd’hui que les risques de faible croissance et de désinflation ont eu plus de poids sur sa décision que la préoccupante perspective d’un endettement accru des Canadiens.

Quel sera l’effet de la décision de la Banque sur les portefeuilles MD?

Nous avions déjà repositionné nos portefeuilles en diminuant le poids relatif des actions canadiennes à la mi-juin. Soutenues par le maintien des dépenses de consommation, une politique monétaire accommodante et la recherche chez les investisseurs de taux de rendement intéressants dans un contexte de faible rendement, les actions canadiennes sont bien positionnées pour engendrer des rendements positifs en termes absolus. Cependant, nous pensons qu’en raison des faibles prix de l’énergie, elles pourraient générer un rendement inférieur à celui des actions étrangères.

À notre avis, les taux de rendement obligataire, surtout à l’extrémité des échéances courtes de la courbe de rendement des obligations du gouvernement du Canada, resteront peu élevés dans un avenir prévisible. Pour accroître le rendement prévu de nos portefeuilles de titres à revenu fixe, nous avons récemment procédé à des améliorations stratégiques visant à soutenir les objectifs de rendement de nos clients dans différentes conjonctures, notamment lorsque les taux d’intérêt fluctuent.

Prochaine annonce relative au taux d’intérêt de la Banque du Canada

La date de la prochaine annonce prévue du taux de financement à un jour de la Banque a été fixée au 9 septembre 2015.

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