L’or perdrait-il de son lustre?

December 16, 2016

par Edward Golding, CFA, MBA
Gestionnaire de portefeuille, Actions nord-américaines

Depuis la nuit des temps, l’or fascine les humains. Qui n’est pas attiré par ce qui brille? Le précieux métal séduit depuis toujours. Au fil de l’histoire, l’or a servi à l’accumulation de valeur, au commerce et à la fabrication de bijoux. L’or est le symbole universel de la richesse.

Personnellement, ce qui me fascine le plus de l’or, ce sont les fluctuations de son prix chaque fois qu’un événement important agite les marchés. L’or sert de refuge pendant les périodes d’incertitude comme nous l’avons constaté plus tôt cette année. Après le référendum sur le Brexit, pendant que la planète entière s’interrogeait sur les conséquences possibles des résultats du vote, le prix de l’or s’est envolé pour atteindre plus de 1 350 $ US l’once.

Plus intéressant encore, le prix de l’or n’a cessé de diminuer depuis, et a glissé tout juste sous les 1 130 $ US l’once ce jeudi, après l’annonce par la Réserve fédérale des États-Unis de sa décision de majorer ses taux d’intérêt.

Taux d’intérêt à la hausse, prix de l’or à la baisse

La majoration de 0,25 % du taux cible des fonds fédéraux était dans une large mesure attendue, mais le raffermissement des projections de la Réserve fédérale faisant état de trois nouvelles augmentations éventuelles des taux en 2017 a pris les marchés au dépourvu. Comme les investisseurs s’attendaient à seulement deux autres majorations, ils se sont départis d’actions, d’obligations et de produits de base comme le pétrole et l’or.

Plus les taux d’intérêt augmentent, plus le coût de renonciation lié à la détention de titres aurifères plutôt que d’autres placements générant des revenus s’accroît. Par conséquent, l’or tend actuellement à perdre de son attrait, surtout qu’on s’attend à de nouvelles hausses des taux dans un proche avenir.

Qu’est-ce que cela signifie pour les clients de MD?

Au 14 décembre, les titres aurifères représentaient 2,8 % du Fonds collectif d’actions canadiennes GPPMD. Nous avons décidé de sous-pondérer d’environ 2,5 % les titres aurifères par rapport à l’indice composé S&P/TSX, le point de référence. Rappelons que pendant la période d’agitation au début de 2016, nous avions majoré le poids relatif des titres aurifères de 2,4 % en janvier à 5,8 % en juin. Ensuite, comme la conjoncture économique s’améliorait et puisque la Réserve fédérale commençait à parler d’une hausse imminente des taux, nous avons activement réduit le poids relatif de ces titres.

Comme vous le voyez, en raison de la nature cyclique des sociétés aurifères, l’importance que nous décidons de donner à leurs actions change de manière dynamique avec le temps. En revanche, les actions d’autres entreprises, comme les banques canadiennes, occuperont toujours presque assurément une place de choix dans nos portefeuilles.

Lorsque j’analyse les sociétés aurifères, je remarque souvent qu’elles ne possèdent pas les caractéristiques de qualité justifiant une inclusion de longue durée dans nos portefeuilles. Ce sont des sociétés capitalistiques dont les projets rapportent rarement le coût du capital. De plus, leur succès est directement lié au prix de l’or, qui est souvent difficile à prévoir et qui, comme nous l’avons constaté encore récemment, connaît souvent des fluctuations de grande amplitude.

Voilà pourquoi, ces cinq dernières années, nous avons constamment sous-pondéré les titres aurifères par rapport à la moyenne de l’industrie, ce qui a généré un excellent rendement par rapport aux indices de référence.

En termes simples, disons qu’il existe des options de placement aux perspectives plus « reluisantes ».

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