Examen trimestriel des placements et perspectives : troisième trimestre 2017

October 24, 2017

Principaux points à retenir

  • L’expansion économique synchronisée devrait soutenir les rendements boursiers.
  • Les taux d’intérêt sont en hausse, mais la remontée subséquente des taux de rendement obligataires sera longue.
  • Il faut s’attendre à un rebond du dollar américain et à la persistance de la volatilité des devises.

Ce trimestre, nous avons cerné les trois tendances mondiales qui, à notre avis, auront la plus forte incidence sur les portefeuilles de nos clients. Dans le présent bulletin, nous exposons notre interprétation des événements en cours sur les marchés, notre point de vue sur leur évolution probable et le positionnement de nos portefeuilles, compte tenu de ces tendances clés.

Une expansion économique mondiale mieux synchronisée

Depuis des années, la puissance et la prospérité de l’économie américaine sont les moteurs de la croissance économique mondiale. Ces derniers mois, la tendance s’est inversée. L’économie américaine continue de croître, mais la croissance mondiale est beaucoup mieux répartie entre les régions et secteurs.

Ce synchronisme de la croissance génère des rendements boursiers importants, une tendance que nous croyons appelée à se maintenir. Dans ce contexte, nous augmenté d’un autre cran nos positions en actions et affichons une position surpondérée neutre. La remontée des bénéfices des neuf derniers mois, après presque deux ans de résultats stationnaires, appuie elle aussi notre perception optimiste des marchés boursiers. Si cette tendance continue de se renforcer, nous en profiterons pour majorer un peu plus le poids relatif des actions dans nos portefeuilles.

Individuellement, toutes les économies de la zone euro semblent finalement avoir consolidé leur base après une longue période de volatilité. À notre avis, cette croissance sera durable et profitera aux marchés boursiers. L’incertitude électorale en Allemagne et en France s’est dans une large mesure estompée et nous avons majoré nos positions en conséquence dans ces pays. Nous avons aussi légèrement augmenté notre engagement en Suisse, mais ce marché demeure sous-pondéré, car nous trouvons des possibilités de placement plus intéressantes en Allemagne et en France, et nous préférons maintenir la surpondération de ces marchés.

Nous avons par ailleurs accru notre engagement au Canada et en Australie. Toutefois, nous maintenons la sous-pondération de ces deux marchés, car nous voyons d’un œil pessimiste la situation des produits de base et des économies dont le sort est lié aux produits de base.

Les cours pétroliers continuent de nuire à la conjoncture au Canada

Les marchés boursiers canadiens bénéficient du regain de vigueur de l’économie locale. Sur une note plus négative, nous pensons qu’aux niveaux actuels de production et avec des prix qui se maintiennent dans les fourchettes prévues, les activités pétrolières ne sont pas vraiment rentables et le potentiel de hausse dans ce secteur de base est à notre avis limité. De plus, la croissance chinoise, bien qu’encore impressionnante, a ralenti (comme prévu) d’où un ralentissement de la demande de matériaux. Ces facteurs auront une incidence négative sur les marchés australien et canadien, où les produits de base et les matériaux occupent une place importante. Dans le cas plus particulier du Canada, le secteur des services financiers a aussi faibli, ce qui exerce une pression additionnelle sur les marchés boursiers.

Persistance du dynamisme relatif de l’économie américaine

Le retour à un plus grand synchronisme de la croissance mondiale n’atténue en rien notre optimisme en ce qui concerne l’économie des États-Unis. Celle-ci demeure forte en termes relatifs et continue de prendre de l’expansion. Les probabilités de récession d’ici 12 mois y sont à notre avis très faibles. Nous maintenons par conséquent la surpondération des actions américaines. Cela étant dit, si la vigueur de l’économie mondiale devait se maintenir, nous pourrions envisager de réduire nos positions aux États-Unis et de majorer le poids relatif des autres marchés.

Royaume-Uni et Corée du Nord en observation

Chaque trimestre apporte évidemment son lot de nouvelles moins réjouissantes et nous maintenons une surveillance étroite sur les risques géopolitiques à l’échelle planétaire. Le Brexit continue de susciter de l’incertitude au Royaume-Uni, et la Corée du Nord ajoute aux tensions mondiales. Nous nous attendons à ce que le Brexit traîne en longueur et ait des retombées néfastes sur l’économie britannique. Les marchés boursiers du Royaume-Uni nous paraissent donc dans une situation difficile en ce moment et nous maintiendrons la sous‑pondération de ce pays dans nos portefeuilles.

Globalement, les risques géopolitiques devraient s’estomper progressivement et leur effet sur le rendement des marchés financiers est minime. Nous continuons de surveiller la situation en Corée du Nord, mais nous jugeons que la probabilité d’un événement extrême est faible.

Rebond des marchés émergents

Délaissons un peu les marchés développés pour tourner notre regard sur les marchés émergents qui, après une période de rendement inférieur, ont généré d’excellents rendements en monnaie locale. Pour de plus amples renseignements à ce sujet, nous vous invitons à lire la section Point de mire qui porte justement sur le Fonds collectif d’actions de marchés émergents GPPMD.

Les taux d’intérêt augmentent, mais les taux de rendement obligataires pourraient tarder à suivre

Les banques centrales et leurs politiques monétaires demeurent déterminantes sur le marché des titres à revenu fixe, une situation qui persistera encore un certain temps.

Double majoration par la Banque du Canada et précisions sur la politique de la Réserve fédérale

La Banque du Canada a majoré son taux directeur en juillet et septembre derniers, pour la première fois depuis 2010, une décision qui a surpris peu d’acteurs du marché. Nous pensons toutefois que cette double majoration pourrait être une erreur, car les pressions inflationnistes sont très faibles actuellement au Canada. Nous surveillons la situation étroitement.

La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé qu’elle pourrait resserrer sa très accommodante politique monétaire en réduisant de nouveau ses achats d’actifs. La banque n’a toutefois pas exprimé clairement comment elle entendait s’y prendre pour normaliser ses taux d’intérêt et aucun changement n’est attendu avant 2018.

En fait, la Réserve fédérale des États-Unis est la seule banque centrale à avoir donné des indications claires sur les majorations à venir de ses taux : l’ampleur et le rythme de ces majorations devraient être modérés. La Réserve fédérale a aussi annoncé son intention de commencer à alléger son bilan dès octobre. Tous ces facteurs confirment notre vision positive de l’économie américaine.

Malgré les mesures récentes de la Banque du Canada, de la Réserve fédérale et de la BCE, les banques centrales du monde maintiennent à ce jour une politique très accommodante. La Banque du Japon, plus particulièrement, maintient son taux directeur tout près de 0 % depuis des années et cette politique ne semble pas appelée à changer à brève échéance.

De plus, même si les taux d’intérêt sont en général à la hausse, ils demeurent historiquement bas et toute remontée subséquente des taux de rendement obligataires sera décalée et s’étalera sur plusieurs années. Suivant le même principe, même si l’inflation a augmenté à l’échelle mondiale, elle demeure généralement inférieure au taux cible des banques centrales et ne suscite aucune inquiétude.

Dans l’ensemble, les politiques monétaires actuelles un peu partout dans le monde justifient notre décision de privilégier les actions pour la période à venir. Simultanément, nos positions de titres à revenu fixe continuent d’offrir une bonne couverture contre la volatilité potentielle des marchés boursiers. Comme l’inflation restera vraisemblablement faible, toute majoration des taux d’intérêt devrait être modérée.  Il se peut toutefois que les rendements des titres à revenu fixe soient faibles au cours des années à venir.

La volatilité du marché des devises mine le rendement des investisseurs canadiens

Le marché des devises a été particulièrement volatil au cours du trimestre. Le renforcement du dollar canadien par rapport à la plupart des autres devises fortes est le facteur probablement le plus significatif pour les investisseurs canadiens. Comme nous l’avons mentionné précédemment, les rendements des marchés boursiers mondiaux ont été solides, mais l’appréciation du dollar canadien a réduit le rendement réel des investisseurs du Canada.

Pendant que le dollar canadien s’appréciait, le dollar américain faiblissait. Cette récente dépréciation du dollar américain a soutenu les marchés boursiers des États-Unis, mais à la fin du trimestre, le dollar avait déjà commencé à se renforcer. Dans l’immédiat, nous pensons que le dollar américain continuera de s’apprécier, en partie grâce au plan clair de la Réserve fédérale de majorer son taux directeur. La différence de croissance entre les États-Unis et l’Europe et la politique monétaire de la BCE favorisent également le dollar américain.

Dans ce contexte, nous maintenons actuellement la surpondération des positions libellées en dollars américains et nous sous-pondérons légèrement celles libellées en dollars canadiens.

Nous maintenons aussi l’importante sous-pondération des titres libellés en yens. Cette décision est dans une large mesure imputable à la politique monétaire de la Banque du Japon qui, à notre avis, conduira à un élargissement des différentiels de taux d’intérêt entre le Japon et les États-Unis.

Les marchés émergents demeurent dans notre mire, car nous ne perdons pas de vue que la remontée du dollar américain pourrait avoir des conséquences négatives sur le rendement des marchés boursiers émergents.

Conclusion

Au cours de la période à venir, nous surveillerons de près l’évolution des bénéfices des sociétés. S’ils continuent d’augmenter, nous pourrions accroître la surpondération des actions dans nos portefeuilles. Les marchés boursiers américains conservent un attrait particulier, car l’économie des États-Unis maintient sa croissance sans le moindre signe de récession à l’horizon. Cela étant dit, plus l’expansion mondiale synchronisée se confirmera, plus nous penserons sérieusement à majorer nos positions sur les autres marchés du monde.

Nous gardons également un œil sur les gestes des banques centrales et sur leurs retombées possibles sur le marché des titres à revenu fixe. Pour l’instant, nous croyons cependant que nos positions sur ce marché continuent de nous offrir une protection suffisante contre la volatilité des marchés boursiers.

 

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