Ces bons investissements qui ont mauvaise presse

March 17, 2017

Par Craig Maddock, CFP, FCSI, CIM, FICB, CFA, MBA
Vice-président, Gestion des placements

La semaine dernière, mon collègue Wesley Blight expliquait pourquoi il est peu probable que les grandes banques soient ébranlées par le niveau d’endettement très élevé des Canadiens. Cet article se voulait une réponse à un rapport suggérant que nos banques commencent à montrer des signes de stress.

Le jour où cet article était publié, le 10 mars, le titre de la deuxième banque en importance au Canada, la Banque TD, chutait de 5,5 % après que CBC ait relaté ses pratiques de vente agressives.

J’avais écrit trois semaines plus tôt au sujet de l’acquisition de la chaîne Popeyes par la société mère de Tim Hortons, Restaurant Brands International (RBI), en disant pourquoi nous voyions cette transaction d’un bon œil. Puis, au début de la semaine, The Globe and Mail rapportait que les franchisés Tim Hortons s’insurgeaient contre les compressions de RBI.

Ce genre de nouvelles est monnaie courante et soulève quelques questions importantes. Comment réagissons-nous, chez MD, quand les titres détenus dans nos portefeuilles subissent les contrecoups d’une mauvaise nouvelle? Comment analysons-nous les risques et que faisons-nous pour les gérer?

Remonter jusqu’à la source

Nous tâchons d’abord de garder notre sang-froid. Nous déterminons quels problèmes méritent un suivi puis s’ils influencent notre décision de garder ou non le titre.

Comme il est toujours bon d’avoir les deux versions de l’histoire, j’ai communiqué avec RBI plus tôt cette semaine pour savoir comment elle avait répondu aux allégations rapportées. On m’a notamment transféré le message que le président de Tim Hortons, Elias Diaz, a envoyé aux franchisés à ce sujet. La réponse de la société montre qu’elle reconnaît les problèmes et suggère que des mesures appropriées seront mises en œuvre.

La grogne des franchisés de RBI n’est pas un phénomène nouveau. Dans toute entreprise, le changement apporte son lot de perturbations et de frustrations passagères et, parfois, une couverture médiatique défavorable donne l’impression que la viabilité à long terme de la société est menacée.

Or, quand on regarde le portrait d’ensemble, RBI se montre très à l’écoute de ses clients. Depuis sa création en 2014, avec la fusion de Burger King et de Tim Hortons, les ventes et la rentabilité de ses franchises augmentent sans cesse. En fin de compte, les changements déjà apportés – et sans doute les changements futurs – ne feront qu’améliorer sa position concurrentielle.

Donc, même si les franchisés traversent une période difficile, les perspectives de croissance de notre investissement nous apparaissent excellentes.

Écouter le public

En plus de communiquer directement avec les principaux intéressés, nous pouvons évaluer les répercussions de la mauvaise publicité sur une entreprise en surveillant sa réputation en ligne et sur les réseaux sociaux, c’est-à-dire en mesurant la confiance et l’engagement du public. Après les révélations de Go Public, à CBC, le cours des actions de toutes les grandes banques a chuté, la TD ayant encaissé le plus gros recul.

D’après l’analyse que nous avons reçue, la confiance et l’engagement envers la TD ont atteint leur niveau le plus bas en 90 jours. Les autres banques ont connu un meilleur sort. Même si ce résultat ne nous a pas surpris, il a confirmé nos doutes, soit que le public prendrait mal ces allégations. En complément à notre analyse approfondie, ce genre d’outil nous aide à voir plus loin que les récentes bévues de la direction.

Avoir confiance en notre approche rigoureuse

Même si prendre le pouls du public nous permet d’avoir un autre point de vue, chez MD, notre approche consiste à déterminer si la valeur intrinsèque de la société est suffisamment supérieure au cours de son action. Pour le savoir, nous réévaluons les données fondamentales : la croissance de ses revenus, sa rentabilité et sa position concurrentielle, pour ne nommer que celles-là.

Quand on investit dans le titre d’une entreprise, on peut difficilement prédire d’où viendront les sources de volatilité et les risques, ni quand ils surgiront et quelle sera leur ampleur.

À court terme, une multitude d’événements pourrait ébranler la rentabilité des grandes banques canadiennes et faire baisser davantage le cours de leurs actions, mais à long terme, nous croyons qu’elles feront le nécessaire pour regagner la confiance des consommateurs et générer un rendement positif par rapport au niveau de risque.

Le cours des actions est influencé par les interactions humaines, et nous avons tendance à réagir émotivement à ce genre de nouvelles. Pour un investisseur, il est toutefois essentiel de regarder la situation dans son ensemble et de ne pas paniquer malgré le sentiment qui envahit le marché. Chez MD, nous croyons que notre approche rigoureuse en matière de gestion de placements sera un gage de succès pour nos clients, longtemps après que la poussière soit retombée.

Article précédent
Budget de 2017 : Faits saillants pour les médecins

Le budget fédéral de 2017 (budget de 2017) a été déposé le mercredi 22 mars 2017 par le ministre des Financ...

Article suivant
Sans surprise, la Réserve fédérale des États-Unis majore ses taux

La Réserve fédérale des États-Unis a majoré aujourd’hui le taux cible des fonds fédéraux de 0,25 %. La four...