Bulletin trimestriel sur les marchés – Été 2018

July 24, 2018

Principaux points à retenir

  • L’économie mondiale poursuit sa croissance.
  • La solidité des données économiques fait grimper les taux d’intérêt.
  • La menace d’une guerre commerciale ouverte entre la Chine et les États-Unis plane.

La croissance de l’économie mondiale se poursuit à un rythme soutenu, quoique de façon moins uniforme à l’échelle planétaire. Les bénéfices des sociétés se sont avérés élevés et généralisés dans l’ensemble des pays et des secteurs, et la conjoncture des marchés financiers demeure stable, ne présentant que peu de signes de tensions malgré la correction des cours du début de l’année.

Parallèlement, les frictions entre le Canada et son principal partenaire commercial se sont accentuées, l’administration Trump amplifiant sa menace de mettre fin à l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) et imposant à bon nombre de ses principaux partenaires commerciaux des tarifs douaniers qui sont loin de passer inaperçus.

Au cours du dernier trimestre, nous avons vu se dessiner trois principales tendances sur le marché tout en continuant de viser le succès de notre portefeuille.

L’économie mondiale connaît une véritable embellie

La croissance économique mondiale se maintient grâce à la rentabilité accrue des entreprises, à l’essor des commandes d’exportation, à la faiblesse des taux de chômage et à une solide augmentation des salaires. Malgré une baisse par rapport aux sommets de 2017, les mesures de l’indice des directeurs d’achats (PMI) – un indicateur clé de la santé économique et de la situation des entreprises – restent encourageantes pour l’ensemble des pays. Soulignons d’ailleurs que ces mesures demeurent élevées comparativement aux années précédentes.

La volatilité des marchés, qui s’intensifie pour retrouver un niveau plus normal, n’empêche toutefois pas l’économie mondiale de continuer à croître. Les banques centrales se détachent, lentement mais sûrement, des taux d’intérêt découlant des mesures d’urgence, mais ceux-ci demeurent structurellement faibles. L’inflation demeure contenue et suit plus ou moins les objectifs des banques centrales. C’est pourquoi nous maintenons la surpondération des actions par rapport aux titres à revenu fixe.

Maintien de la surpondération des actions américaines en raison de l’influence persistante de l’économie des États-Unis sur la croissance mondiale

La solidité de l’économie américaine demeure un moteur important de la croissance mondiale grâce aux bénéfices d’entreprises impressionnants et à la croissance de l’emploi. Se montrant ferme, la Réserve fédérale a déjà haussé ses taux deux fois en 2018, et deux nouvelles majorations de 0,25 % sont à prévoir d’ici la fin de l’année. Dans sa déclaration de juin, la Réserve américaine a d’ailleurs confirmé, comme nous l’envisageons, que la croissance économique va se poursuivre aux États-Unis, ce qui soutiendra les marchés boursiers aux États-Unis et ailleurs dans le monde. C’est pour toutes ces raisons que nous maintenons la surpondération des actions américaines et du dollar américain.

Positionnement prudent en Europe

Même si elles ont connu un ralentissement par rapport à 2017, les économies européennes demeurent vigoureuses, et la région repose sur des assises solides. La France et l’Allemagne, notamment, ont affiché une bonne croissance économique et des bénéfices satisfaisants avec des indices PMI intéressants.

En revanche, le Royaume-Uni continue de panser les blessures qu’il s’est lui-même infligées avec le Brexit, ce qui crée un contexte de faible croissance et de forte inflation. C’est pour cette raison, entre autres, que nous continuons pour le moment de privilégier la France et l’Allemagne au détriment du Royaume-Uni et de la Suisse.

Les produits de base dans notre positionnement au Canada et en Australie

Les cours des produits de base ont connu une remontée; néanmoins, ils demeurent bas et à l’intérieur des fourchettes prévues. Au Canada, la décote du pétrole perdure en raison de la capacité insuffisante du réseau d’oléoducs. De même, l’Australie est aux prises avec des problèmes entourant le prix des métaux. Nous sous-pondérons donc ces deux pays. Cependant, la solidité de la croissance mondiale fait monter la demande d’exportations canadiennes et stimule les investissements des entreprises au Canada, où le taux de chômage n’a jamais été aussi bas depuis 40 ans. Par conséquent, nous avons réduit notre sous-pondération des actions canadiennes.

La vigueur des données économiques fait grimper les taux d’intérêt

Partout dans le monde, les taux d’intérêt sont en hausse, conséquence de la réponse des banques centrales à la croissance mondiale et à la nécessité de s’éloigner des politiques d’urgence mises en place après la crise de 2008. Les responsables des politiques économiques, dont la Réserve fédérale américaine, la Banque du Canada et la Banque d’Angleterre, augmentent tous progressivement leurs taux. La Banque centrale européenne a quant à elle annoncé la date de fin des achats d’actifs dans le cadre de son programme d’assouplissement quantitatif (fin 2018).

Les banques centrales prévoient toujours une croissance continue et de faibles probabilités de récession, point de vue que nous partageons pour le moment. Les prévisions d’inflation et les taux réels continuant de s’améliorer, notre positionnement pour les placements à revenu fixe favorise les obligations à long terme par rapport à celles à court terme dans un contexte où la courbe de rendement s’aplatit, phénomène qui se produit lorsque le rendement des obligations à court terme augmente plus rapidement (et que leur prix descend davantage) que celui des obligations à long terme.

Commerce : quand les mots font place au geste

Entre les renégociations de l’ALENA qui sont au point mort et les États-Unis qui imposent des tarifs douaniers sur l’acier et l’aluminium ainsi que sur une liste de biens chinois évalués à 34 milliards de dollars, le commerce fait couler beaucoup d’encre. Naturellement, nous continuerons à surveiller la situation; néanmoins, nous croyons que les tarifs imposés ou annoncés n’auront qu’une faible incidence sur la croissance mondiale. Les sanctions commerciales des États-Unis n’ont eu jusqu’ici que peu d’effets sur notre positionnement et sur le rendement de nos portefeuilles.

Le Canada, les États-Unis et le Mexique s’entendront… tôt ou tard

Un accord reste possible, puisque le Canada, le Mexique et les États-Unis sont des partenaires commerciaux par nature, dont les liens vont bien au-delà de la simple proximité géographique. Leur synergie et la complémentarité de leurs ressources et de leurs compétences signifient qu’un règlement serait mutuellement avantageux. À long terme, ce sont les consommateurs et les fabricants états-uniens qui pourraient bien être les plus durement touchés, car les prix et le coût des matières premières risquent d’augmenter. Des consultants économiques américains ont estimé que pour chaque emploi qu’allait créer l’imposition des tarifs douaniers dans les secteurs de l’acier ou de l’aluminium, c’est 16 emplois qui disparaîtront dans un autre secteur1.

La plus grande relation commerciale de la planète mise à l’épreuve

Sur le plan commercial, les États-Unis sont en désaccord avec la majeure partie du monde développé, mais c’est manifestement avec la Chine que se joue le grand jeu. Au moment où la Chine réplique à la première vague de tarifs douaniers des États-Unis, le risque d’escalade est au cœur de nos préoccupations.

Quelles doivent être les attentes des investisseurs?

Pour l’instant, les investisseurs devraient continuer de profiter des bénéfices de l’embellie économique mondiale. Les mesures du risque actuel ont légèrement augmenté, mais comme elles partaient de très bas, le risque global demeure faible. Nous ne croyons pas que la correction survenue plus tôt cette année laisse présager un marché baissier. En fait, nous croyons que les actions sont à privilégier par rapport aux titres à revenu fixe durant les 12 prochains mois.

Cela dit, lorsque le cycle économique entrera dans sa prochaine phase de croissance, nous surveillerons de près les taux d’intérêt, l’inflation, les données économiques et les évènements géopolitiques. Il faut indéniablement s’attendre à voir la dynamique économique mondiale faire les manchettes, tout particulièrement à l’approche des élections américaines de mi-mandat.

Comme toujours, nous surveillerons la conjoncture mondiale et adapterons notre stratégie en conséquence. 

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