Basta un Sì (oui, tout simplement), un autre coup de dés politique pour conclure l’année

November 25, 2016

par Patrick Ercolano, CFA, MBA
Gestionnaire de portefeuille

Le 4 décembre prochain, aura lieu en Italie un référendum et jusqu’à maintenant, selon les sondages, le camp du « non » détient l’avance. Vous ne savez pas vraiment sur quoi porte ce référendum? Vous n’êtes pas seul!

Les membres de ma famille, pourtant des Italiens, ne sont pas sûrs de savoir non plus. Ils savent cependant que le chef italien de réputation mondiale, Massimo Bottura (dont le restaurant Osteria Francescana a été désigné meilleur restaurant dans le monde) menace de quitter le pays en cas de victoire du « non ».

(En passant Massimo, si tu choisis de t’installer à Ottawa dans la Petite Italie, n’hésite pas à me demander de l’aide. Je suis prêt à tout pour des cannoli et des sfogliatelle!)

Sur quoi porte ce référendum au juste?

Le référendum a pour objet de faire avaliser par la population des réformes constitutionnelles majeures qui modifieraient les pouvoirs du Parlement et le mode de scrutin. Actuellement, il y a en Italie deux chambres ayant des pouvoirs égaux. Les réformes proposées réduiraient le nombre d’élus au Sénat et accorderaient un pouvoir accru à la Chambre des députés (similaire à notre Chambre des communes).

Il y a quelques mois, adoptant une stratégie mal avisée qui semble se retourner contre lui, le premier ministre Renzi a déclaré qu’en cas de défaite du « oui », il démissionnerait. Le référendum est instantanément devenu un plébiscite sur sa propre personne.

Que signifierait la victoire du « oui »?

Une victoire du « oui » contribuerait à résoudre certains problèmes d’inefficacité du système de gouvernement italien. Matteo Renzi demeurerait premier ministre et se trouverait en excellente position en prévision des élections générales prévues au printemps 2018.

Que signifierait la victoire du « non »?

Si le « non » l’emporte, Renzi démissionnera probablement et un nouveau gouvernement (ayant à sa tête Renzi ou une autre personne non menaçante pour les marchés) prendra les rênes du pouvoir et s’efforcera de survivre jusqu’au printemps de 2018.

En rejetant la réforme constitutionnelle, les électeurs confirmeraient que l’Italie vient de perdre dix autres années. Les réformes économiques déjà enclenchées seront bloquées et les importantes réformes structurelles du système d’éducation et de l’appareil judiciaire pourraient ne jamais se concrétiser.

En cas de victoire du « non », l’Italie abandonnera-t-elle l’euro?

Même si des analystes réputés laissent entendre le contraire, la population italienne est encore très favorable à l’Europe. Les Italiens ne se prononcent pas dans ce référendum sur une sortie éventuelle de l’Union européenne et croient que leur pays n’a rien à gagner en quittant l’Europe.

Cependant, les Italiens souhaitent vraiment que l’UE assouplisse ses exigences budgétaires. Une évolution de la situation en ce sens est peu probable à court terme, mais nous sommes malgré tout encore bien loin d’un ressentiment anti-européen généralisé en Italie.

Quelles pourraient être les incidences pour les clients de MD?

Nos fonds et portefeuilles ne contiennent qu’une quantité restreinte de titres italiens. En fait, nos portefeuilles sont sous-pondérés en actions internationales comparativement aux actions nord‑américaines. Même si le « oui » devait l’emporter, la très faible croissance en Europe est une tendance qu’il sera difficile d’inverser.

À mon avis, il est plus intéressant de se demander comment réagiront les marchés. Si Renzi n’obtient pas le résultat escompté, le pessimisme des investisseurs sur l’avenir à long terme de l’Italie sera encore plus justifié. Une victoire du « non » pourrait aussi créer de la volatilité à l’échelle mondiale.

Toutefois, dans le contexte de la montée actuelle du populisme et du protectionnisme, confirmée par le Brexit et les présidentielles américaines, qui sait vraiment ce qui arrivera? Dans ces deux derniers cas, les marchés ont réagi dans le sens contraire des attentes des experts en amorçant rapidement dans un cas une reprise et dans l’autre, un mouvement haussier.

Au total, une victoire du « non » ne compromettra probablement pas l’existence de l’Italie et de l’Europe telles que nous les connaissons actuellement.

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