Aperçu trimestriel du marché et perspectives macroéconomiques : premier trimestre de 2018

April 26, 2018

Principaux points à retenir

  • Après 15 mois de calme, la volatilité est de retour sur les marchés.
  • La croissance économique mondiale ralentit, mais demeure ferme.
  • On se rapproche des cibles d’inflation de la Banque centrale.

Entre la rhétorique nucléaire venue de Corée du Nord et l’incertitude persistante entourant le Brexit, l’actualité a été particulièrement effervescente en 2017. Pourtant, sur les marchés boursiers, ce fut plutôt le calme plat. Cette accalmie prolongée a pris fin au premier trimestre de 2018 avec le retour de la volatilité.

Malgré ce regain de volatilité, les conditions demeurent favorables aux actions et aux titres à revenu fixe. L’économie mondiale continue de se renforcer, mais plus lentement. L’évolution des bénéfices est favorable sur tous les marchés et dans tous les secteurs. Malgré le resserrement des politiques monétaires, les taux d’intérêt demeurent à des creux historiques partout dans le monde.

Voici les trois thèmes dominants sur les marchés et sur le positionnement de notre portefeuille :

Le retour de la volatilité

Après 15 mois de rendement positif sur de nombreux marchés boursiers et un mois de janvier qui passera à l’histoire comme un des plus solides pour l’indice S&P 500, la volatilité est revenue en force en février et en mars. Sans être inquiétante, la situation devrait inciter certains épargnants à revoir leurs attentes.

Il serait déraisonnable de continuer de s’attendre à des rendements de 10 % et plus, trimestre après trimestre. Des rendements boursiers plus modestes de 7 % à 10 % sont, à long terme, plus réalistes. Le rendement des titres à revenu fixe devrait se situer dans une fourchette de 1 % à 2 %.

Ces rendements demeurent solides et confirment notre prétention que la phase baissière que l’on dit imminente devra attendre encore au moins un an. Alors, pourquoi ce retour soudain de la volatilité?

Tarifs douaniers et protectionnisme

Les reculs récents tiennent pour un bon nombre des propos protectionnistes venus d’abord des États‑Unis, puis de la Chine. La renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain (« ALENA ») a obnubilé les investisseurs canadiens pendant tout le trimestre ou presque, mais l’inquiétude s’est un peu dissipée maintenant que les pourparlers entre le Canada et les États‑Unis semblent avoir pris une tournure plus favorable.

Outre l’ALENA, les États-Unis ont annoncé leur intention d’appliquer des tarifs douaniers de 25 % sur des importations chinoises d’une valeur de 60 milliards de dollars. La Chine a aussitôt riposté par l’annonce de tarifs douaniers sur 128 produits américains. Les marchés se sont agités à chaque nouvelle annonce, pour aussitôt se calmer. En dernière analyse, l’effet pour les investisseurs devrait être minime, car nous sommes convaincus que l’économie mondiale peut absorber ces tarifs sans coup férir.

Autres facteurs

Les graves violations de la confidentialité des données détenues par de grandes sociétés technologiques (la dernière en date étant Facebook), les majorations répétées des taux par la Réserve fédérale des États-Unis et le ralentissement de la croissance mondiale ont aussi contribué à la volatilité accrue. Dans les économies de ressources naturelles, comme celles du Canada et de l’Australie, les fluctuations des prix du pétrole et des matériaux ajoutent à l’incertitude.

Raffermissement des prix du pétrole dans la fourchette prévue; recul des prix des matériaux

Les cours pétroliers se sont hissés au-dessus des 60 $ US le baril en cours de trimestre, et devraient se maintenir dans une fourchette de 55 $ US à 75 $ US le baril au cours des prochains mois. La production américaine de pétrole de schiste et la demande modérée feront plafonner les prix, et la réduction de l’offre par l’OPEP devrait créer un prix plancher. Le pétrole canadien se vend moyennant un rabais important, et si nous ne prévoyons pas un retour à prix voisinant les 45 $ US le baril, la situation restera difficile pour les producteurs canadiens.

Par ailleurs, le ralentissement de la demande chinoise continue d’exercer des pressions à la baisse sur les prix des matériaux et étouffe toute velléité de hausse.

Nous maintenons donc la légère sous-pondération des titres canadiens, mais nous surveillons avec attention les cours pétroliers afin de pouvoir réagir rapidement à toute hausse prononcée. Nous continuons aussi de sous-pondérer les actions australiennes en attendant des nouvelles favorables sur les prix des matériaux qui ne devraient pas venir d’ici un an.

Optimisme boursier

Malgré le retour de la volatilité, l’économie mondiale reste en expansion et de nombreuses banques centrales arrivent à leur cible d’inflation. Notre vision des marchés boursiers est donc optimiste et nous maintenons la surpondération des actions par rapport aux titres à revenu fixe.

Poursuite de la croissance mondiale, mais à un rythme plus lent

Les fondements de l’économie mondiale restent solides. L’expansion se poursuit dans tous les principaux pays sans véritable possibilité de récession d’ici 12 mois. Les dépenses budgétaires et allègements fiscaux des États‑Unis sont les principaux moteurs de cette croissance. Au total, la croissance a tout de même cessé de s’accélérer en cours de trimestre.

Les premiers signes de ralentissement viennent d’apparaître en Europe et au Japon, tandis qu’en Chine, le ralentissement se fait au rythme prévu. Au Canada et aux États-Unis, les indicateurs continuent d’annoncer une expansion continue.

À l’échelle mondiale, les bénéfices demeurent positifs et reposent sur de larges assises, particulièrement sur les marchés internationaux.

Maintien, pour l’instant, de la surpondération des titres américains

En raison de la vigueur de l’économie intérieure, de l’importance des bénéfices, des retombées de la réforme fiscale et de la faiblesse du dollar, nous maintenons la surpondération des titres américains, mais dans une perspective défensive. Si l’élan de l’économie mondiale persiste, nous pourrions réduire cette surpondération et majorer le poids relatif de certains marchés étrangers sélectionnés.

Position neutre sur les marchés émergents et point de vue ambivalent pour l’Europe

La croissance des bénéfices sur les marchés émergents est vigoureuse aussi bien en termes absolus que comparativement aux pays développés, une situation qui devrait persister encore quelques mois. À notre avis, la faiblesse récente du dollar américain favorise les actions de pays émergents. Les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis et le ralentissement de la croissance chinoise appuient notre neutralité actuelle.

En Europe, les prévisions de croissance moins optimistes au Royaume-Uni justifient la sous-pondération des titres britanniques. Vu la vigueur relative des économies françaises et allemandes et les résultats dans l’ensemble positifs, la surpondération des titres français et allemands est maintenue.

Plus on se rapproche des cibles d’inflation, plus les taux d’intérêt montent

Les taux d’intérêt mondiaux continuent de grimper à un rythme accéléré, maintenant que les cibles d’inflation, dans la plupart des cas autour de 2,0 %, semblent réalistement accessibles.

Ces taux plus élevés créent un environnement plus difficile que celui de 2017 pour les détenteurs de titres à revenu fixe, mais à notre avis, les rendements ne plongeront pas en territoire négatif. En fait, les tensions commerciales et les autres enjeux qui contribuent à la volatilité sur les marchés boursiers ont eu peu d’effets sur les marchés obligataires. Le risque d’une poussée inflationniste surprise étant faible, les obligations continuent d’offrir une bonne protection contre une éventuelle baisse marquée des marchés boursiers.

La Réserve fédérale garde le cap; la Banque du Canada reste à la traîne

La Banque du Canada a relevé en janvier son taux de financement à un jour à 1,25 %. Les taux d’intérêt n’ont pas bougé en mars, d’où le recul des taux de rendement obligataires. Nous avons positionné nos portefeuilles de titres à revenu fixe en fonction d’un risque de taux d’intérêt inférieur à celui de l’indice de référence et surpondéré les titres de créance.

La Réserve fédérale a pour sa part décrété sa première majoration des taux d’intérêt de l’année seulement en mars, et relevé la fourchette cible du taux des fonds fédéraux qui est maintenant de 1,50 % à 1,75 %. La Réserve entend procéder à deux autres majorations de 0,25 % en 2018, à trois de plus en 2019 et à encore deux autres en 2020. Le taux cible se situerait donc à l’intérieur d’une fourchette de 3,25 % à 3,50 % en 2020, ce qui demeure bas dans une perspective historique.

Compte tenu de la conjoncture économique au Canada, nous pensons que la Banque du Canada restera à la traîne de la Réserve fédérale en ce qui concerne les relèvements de taux.

Maintien d’une politique monétaire accommodante au Japon

La politique monétaire de la Banque du Japon restera à notre avis accommodante encore un certain temps, ce qui affaiblira le yen et stimulera les exportations. Les actions japonaises sont aussi bien positionnées pour profiter de cette politique monétaire accommodante et de la croissance mondiale continue, d’où notre décision de maintenir une légère surpondération des titres japonais.

Quelles doivent être les attentes des investisseurs?

La volatilité des marchés boursiers restera au centre de l’actualité en 2018. Même si elle a surpris certains investisseurs après une longue accalmie, la volatilité est un impondérable avec lequel il faut composer en fin de cycle. Si elle accroît le risque, elle crée aussi des occasions pour l’investisseur à long terme. Nos portefeuilles sont conçus dans une perspective de durée, d’où la présence dans nos fonds de mécanismes de protection contre la baisse qui habituellement les rendent plus résilients que les indices de référence lorsque survient un repli du marché.

Nous exercerons une surveillance sur les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. Les tarifs annoncés jusqu’à maintenant ne devraient pas avoir de conséquences graves, mais des perturbations de plus grande ampleur du commerce mondial pourraient freiner la croissance mondiale.

Nous gardons également un œil sur la hausse des taux d’intérêt dans le contexte actuel de resserrement des politiques monétaires. Cette hausse des taux finira par ralentir l’activité économique, mais pour l’instant, ils demeurent très bas et justifient la surpondération des actions.

 

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