Aperçu trimestriel du marché et perspectives macroéconomiques : hiver 2018

January 30, 2018

Principaux points à retenir

  • La croissance mondiale synchronisée stimule les marchés boursiers partout dans le monde.
  • Les bénéfices augmentent dans tous les secteurs et régions, poursuivant la tendance positive.
  • La faiblesse de l’inflation contribue au maintien de bas taux d’intérêt.

Pendant que 2017 se concluait, les marchés boursiers mondiaux ont continué de profiter des facteurs qui ont stimulé leur rendement une bonne partie de l’année. La croissance mondiale synchronisée, la hausse des bénéfices des sociétés et les bas taux d’intérêt expliquent en effet dans une large mesure le rendement solide de la plupart des marchés boursiers du monde.

Les risques géopolitiques continuent de faire la manchette, surtout la situation en Corée du Nord et l’incertitude entourant le Brexit, mais ils n’ont aucun effet perceptible sur le rendement des marchés financiers.  Au contraire, les marchés boursiers mondiaux ont affiché de solides rendements pour finir l’année.

Les taux de rendement obligataires mondiaux demeurent bas. Bien que les titres à revenu fixe aient généré un rendement satisfaisant pour les investisseurs, ce sera de plus en plus difficile à l’avenir.  Nous analysons ci-après ces trois facteurs clés qui ont influé sur les marchés et leur effet sur le positionnement de nos portefeuilles.

La croissance mondiale synchronisée aiguillonne les marchés boursiers

Ces dernières années, la croissance mondiale a été générée surtout par les États-Unis. Vers le milieu de 2017, ses assises se sont cependant considérablement élargies et l’expansion s’est généralisée. Cette croissance mieux synchronisée s’est poursuivie au quatrième trimestre et toutes les grandes économies sont maintenant en phase expansionniste avec très faible possibilité de récession.

La croissance aux États-Unis demeure solide, et s’est nettement accrue en Europe et au Japon. Les économies de la zone euro ont enfin toutes repris pied et nous croyons que la croissance sera durable. Par ailleurs, le Japon semble émerger de 30 années de très faible croissance.

Comparativement aux dix dernières années,  la croissance chinoise a légèrement ralenti, mais les assises économiques du pays demeurent solides au moment où l’économie opère sa transition des exportations et de l’industrie lourde vers les services et le marché local.

Malgré les difficultés du secteur de l’énergie, la croissance du PIB canadien a été supérieure à celle des autres pays du G7 en 2017, et le taux de chômage a reculé à 5,7 % au premier semestre, son plus bas niveau en presque 40 ans.

La croissance synchronisée a stimulé les marchés boursiers du monde entier, appuyant notre décision de surpondérer les actions, un choix que nous maintenons en ce début de 2018.

Perspectives optimistes aux États-Unis, en Europe continentale et au Japon

Après une analyse serrée de nos positions régionales, nous maintenons notre point de vue optimiste sur les marchés américain, français, allemand et japonais et continuerons de les surpondérer.

Selon certains analystes, les évaluations boursières aux États-Unis seraient actuellement élevées. À notre avis, elles sont correctes. Dans le contexte créé par l’expansion continue et la réforme fiscale, les possibilités de croissance dans les multiples secteurs du marché américain demeurent nombreuses.

Notre Point de mire du mois porte sur le Fonds collectif d’actions américaines GPPMD. Nous y jetons un regard plus attentif sur les différents secteurs et actions à surveiller aux États-Unis.

En Europe continentale, nous maintenons la surpondération des actions françaises et allemandes. En France, la conjoncture économique s’améliore, les bénéfices des sociétés augmentent et le secteur bancaire prend du mieux. En Allemagne, l’économie reste relativement vigoureuse et les bénéfices progressent dans le bon sens. Le secteur bancaire se trouve aussi en plein cœur d’une reprise.

Nous sommes optimistes en ce qui concerne les marchés boursiers japonais, d’où notre décision de surpondérer légèrement les actions de ce pays. La vigueur de l’économie mondiale devrait favoriser les actions japonaises, car les exportations influent fortement sur le rendement de l’indice japonais.

Brexit et faiblesse des produits de base : la prudence s’impose

Inversement, nous sous-pondérons nos positions britanniques en raison de l’incertitude persistante que crée le Brexit. À notre avis, les perspectives d’avenir des actions britanniques ne sont pas très favorables et il faut s’attendre à de nouveaux épisodes de volatilité de la livre sterling.

Finalement, même si nous avons quelque peu majoré nos positions canadiennes, australiennes et suisses, celles-ci restent sous-pondérées. Les titres suisses jouent un rôle défensif, d’où des possibilités de rendement supérieur limitées dans un contexte d’accélération de la croissance mondiale. Les banques (qui ont éprouvé des difficultés) ont un poids relatif disproportionné dans l’indice suisse. En raison des difficultés persistantes dans le secteur des produits de base, nous devons être circonspects dans le cas des économies tributaires de ce secteur, dont le Canada et l’Australie.

Bénéfices des sociétés en hausse

La croissance économique mondiale stimule les bénéfices des sociétés. Après deux années de stagnation relative, ils sont en hausse dans de nombreux secteurs et régions. Cela étant dit, certaines régions ont obtenu de meilleurs résultats que d’autres.

Les marchés dépendant des produits de base continuent d’en arracher…

Malgré un bilan généralement positif, le rendement des marchés boursiers canadiens a été inférieur à celui des autres grands marchés à cause surtout du secteur de l’énergie. En hausse, les prix du pétrole se sont rapprochés du seuil de 60 $ US le baril en cours de trimestre, mais ils se maintiennent dans les fourchettes prévues, car leur progression est freinée par la production américaine de pétrole de schiste et une demande modérée. Sur une note plus positive, la réduction de l’offre de l’OPEP a limité la baisse des prix, mais toute croissance des prix comparable à celle du début des années 2000 est à exclure. L’augmentation des prix de l’énergie ne s’est par ailleurs pas encore traduite par une appréciation correspondante des titres énergétiques, un rattrapage qui ne semble pas près de se produire.

L’Australie est quant à elle vulnérable au ralentissement de la demande chinoise qui limite le potentiel à la hausse des prix des matériaux. On dénote aussi une possible bulle immobilière en Australie : les prix ont grimpé en flèche dans les deux plus grandes villes du pays même si les tendances de l’emploi semblent défavorables.

tandis que la réforme fiscale devrait avoir des effets positifs aux États-Unis

Avant même l’adoption de la réforme fiscale américaine en décembre, les cours boursiers avaient déjà intégré ses effets. Les secteurs des services financiers et des technologies de l’information sont ceux qui bénéficieront le plus de cette réforme et ils ont déjà inscrit de forts gains. Les actions de sociétés à faible capitalisation, qui dépendent plus du marché intérieur que les sociétés à plus forte capitalisation, ont aussi été stimulées par la réforme fiscale.

Notre Point de mire sur le Fonds collectif d’actions américaines GPPMD analyse plus en détail la réforme fiscale et ses retombées sur les différents secteurs du marché.

Faiblesse persistante de l’inflation et des taux d’intérêt

Malgré une légère augmentation en cours de trimestre, l’inflation demeure inférieure aux taux cibles des banques centrales, ce qui leur donne la possibilité de se montrer plutôt accommodantes. Le risque de déflation (que craignaient les banques centrales depuis presque dix ans) semble maintenant écarté.

La Réserve fédérale a de nouveau relevé le taux des fonds fédéraux en décembre, une décision qu’attendait dans une large mesure le marché. Les perspectives relatives à la politique monétaire demeurent inchangées pour 2018. À 1,5 %, le taux à court terme aux États-Unis reste très bas et il ne devrait augmenter que très lentement pour atteindre éventuellement 3,0 % d’ici 2020.

Après avoir surpris les marchés en décrétant en septembre sa deuxième hausse de l’année, la Banque du Canada a laissé ses taux inchangés pendant le trimestre. La hausse de septembre a légèrement freiné le secteur immobilier canadien ainsi que les dépenses des consommateurs, même si le taux de financement à un jour demeure lui aussi très bas à 1,0 %, ce qui est bien peu inquiétant.

La Banque du Japon a maintenu le taux de rendement de ses obligations de 10 ans à 0 % et ne modifiera probablement pas sa politique à brève échéance, d’où une possibilité d’un élargissement du différentiel de taux d’intérêt avec les États-Unis et d’une nouvelle dépréciation du yen, ce qui stimulerait les exportations.

À l’échelle mondiale, les taux d’intérêt demeurent très bas par rapport à la norme historique et ils n’augmentent qu’à un rythme modéré. La situation ne devrait pas changer beaucoup dans les prochaines années, ce qui va dans le sens de notre scénario positif pour les marchés boursiers.

Les titres à revenu fixe continuent d’offrir une bonne couverture

Nous avons réduit quelque peu la durée des titres à revenu fixe en portefeuille pour réduire notre vulnérabilité aux fluctuations des taux d’intérêt, même si nous pensons que les taux n’augmenteront pas beaucoup. Nous privilégions les actions, mais nous estimons que les obligations continuent d’offrir une bonne couverture contre d’éventuels événements extrêmes sur les marchés, vu le faible risque de choc inflationniste.

Regard prospectif sur 2018

Sous l’effet conjugué de la croissance mondiale synchronisée, de l’augmentation des bénéfices des sociétés et de la faible inflation, les marchés boursiers continueront à notre avis d’offrir un rendement supérieur. Les évaluations boursières sont cependant élevées, ce qui limitera les rendements boursiers en 2018. Elles restent néanmoins correctes dans de nombreux marchés et le marché offre encore de multiples occasions à découvrir.

La conjoncture est telle que le rendement des titres à revenu fixe pourrait encore diminuer en 2018, mais ces titres continuent d’offrir une bonne couverture contre les risques des marchés boursiers.

Sur le plan monétaire, les banques centrales devront jouer à l’équilibriste au cours de l’année à venir. Plus les économies gagneront en vigueur, plus les banques devront resserrer leur politique monétaire, mais en prenant garde de ne pas stopper la croissance économique.

Nous continuons de surveiller la situation géopolitique en nous intéressant plus particulièrement à la Corée du Nord, à l’incertitude entourant le Brexit et aux élections en Italie. Pour l’heure, nous ne voyons pas de raisons de nous inquiéter outre mesure.

Tant que les perspectives ne changeront pas, nous continuerons de surpondérer les actions et de privilégier les États-Unis, l’Europe continentale et le Japon de préférence au Royaume-Uni et aux économies liées aux produits de base, comme le Canada et l’Australie.

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