Aperçu du marché et perspectives macroéconomiques du T2 2017

August 1, 2017

Au début de l’année, nous manifestions un optimisme prudent, mais la plupart des risques que nous entrevoyions alors se sont dissipés au deuxième trimestre et les actions ont offert un rendement supérieur aux titres à revenu fixe. Au deuxième trimestre de 2017, la croissance de l’économie mondiale s’est poursuivie. Un peu partout dans le monde, les indices PMI (indices des directeurs d’achats) n’ont cessé d’atteindre de nouveaux sommets et même si aux États-Unis, ils ont légèrement reculé par rapport à leurs sommets récents, ils continuent d’annoncer une croissance positive. Globalement, les bénéfices des entreprises sont en hausse dans toutes les régions et dans tous les secteurs, tandis que les risques politiques se sont amoindris en Europe. Les élections françaises ont en effet couronné un candidat favorable à l’Europe, à l’euro et aux entreprises, qui se trouve également à être le plus jeune président élu dans l’histoire de la France. Sur l’autre rive de la Manche, la situation est moins rose pour Theresa May dont le gouvernement a perdu sa majorité, ce qui vient compliquer davantage les négociations du Brexit qui s’annoncent difficiles. À notre avis, la plupart des retombées négatives seront ressenties uniquement au Royaume-Uni. Nous continuons d’exercer une surveillance de tous les instants sur les éventuelles mesures des autorités budgétaires et monétaires de par le monde. L’augmentation des dépenses budgétaires et les réductions d’impôt demeurent une priorité pour le président Trump, mais la  mise en œuvre de toute politique de cette nature pourrait bien devoir attendre à 2018. La Réserve fédérale des États-Unis demeure le point de mire des banques centrales du monde et nous pensons que les majorations de taux d’intérêt et les efforts pour dégonfler le bilan de la Réserve se poursuivront. Plus récemment, les efforts conjugués des banques centrales ont abouti sur l’émergence d’un plan de majoration des taux d’intérêt, mais le Canada est le seul pays vraiment prêt à agir dès juillet.


Canada

Analyse des marchés financiers

Selon l’indice composé S&P/TSX, les actions canadiennes se sont dépréciées de 1,6 % en cours de trimestre. La baisse des prix des produits de base a entraîné un recul disproportionné des titres des secteurs de l’énergie et des matériaux au moment même où le secteur des services financiers, le plus important de l’indice, régressait à cause de l’inquiétude que provoque chez les investisseurs le fort endettement des Canadiens.

Au cours des dernières semaines du deuxième trimestre de 2017, la réévaluation des mesures de politique monétaire probables, y compris de celles de la Banque du Canada, a provoqué une augmentation substantielle des taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada. Les titres à revenu fixe canadiens, dont le rendement est mesuré par l’indice obligataire universel FTSE TMX Canada, ont malgré tout généré un rendement trimestriel positif, mais ils suivaient une trajectoire descendante en juin. Les obligations du gouvernement du Canada ont été les plus durement touchées, mais les obligations provinciales et de sociétés ont contrebalancé en partie ces reculs, car les différentiels de taux se sont de manière générale contractés au cours de la période.

Économie

En forte croissance récemment, le produit intérieur brut (PIB) du Canada a maintenu la cadence et affiché un taux de croissance (annualisé) de 3,7 % au premier trimestre. La reprise des investissements des entreprises rendue possible par le rétablissement du secteur pétrolier et gazier a fortement contribué à ce résultat. Les dépenses de consommation continuent de soutenir l’expansion économique et font plus que contrebalancer la faiblesse des exportations canadiennes.

Inflation

À 1,3 % sur la période de 12 mois terminée en mai, le taux d’inflation global, mesuré par l’indice des prix à la consommation (IPC), est retombé dans la partie inférieure de la fourchette cible de 1 % à 3 % de la Banque du Canada. L’inflation de base, au sens donné à cette expression par la Banque du Canada, n’a été que de 0,9 % au cours de cette période, car la hausse des prix de l’essence a été sans effet sur elle.

Taux d’intérêt

La Banque du Canada a annoncé officiellement à deux reprises le maintien de son taux cible de financement à un jour à 0,5 %. Les commentaires officiels des membres du Conseil d’administration de la Banque alimentent cependant la perception de plus en plus répandue que les taux seront probablement relevés à brève échéance.

Perspectives économiques

Selon le discours récent de la Banque du Canada, l’économie canadienne connaît actuellement un retour à une croissance durable, le taux d’inflation se situera aux environs de 2 % et l’écart de production se refermera plus rapidement qu’on l’avait d’abord cru. Ce changement de point de vue s’appuie sur l’adaptation réussie du secteur pétrolier et gazier du Canada à des cours pétroliers plus bas et sur l’augmentation des dépenses en immobilisations dans ce secteur qui a soutenu la croissance au premier trimestre de 2017. La vigueur continue du marché du travail, qui contribue au maintien des dépenses de consommation, est aussi vue comme un facteur positif pour l’économie canadienne.

Les perspectives sont plus positives qu’au début de l’année, mais les risques liés à l’endettement des consommateurs et à l’absence de croissance robuste des salaires fragilisent la demande intérieure. Même si les sociétés énergétiques sont maintenant en meilleure position pour résister aux bas prix du pétrole, une nouvelle diminution des prix créerait une pression à la baisse sur leurs investissements.

Perspectives des marchés boursiers canadiens

Les perspectives des marchés boursiers canadiens demeurent largement tributaires du rendement des produits de base, de la rentabilité des banques canadiennes et des fluctuations du dollar canadien.

On s’attend à ce que les cours pétroliers demeurent à l’intérieur des fourchettes prévues compte tenu de l’abondance de l’offre. La possibilité d’une nouvelle baisse des prix constitue donc un risque négatif que nous surveillons. Les changements apportés à la réglementation en Ontario ralentiront probablement l’augmentation à venir des prix des maisons. Leur valeur est cependant déjà élevée et le fort endettement des consommateurs crée chez les investisseurs la perception d’une baisse possible de la rentabilité des banques canadiennes.

Perspectives des titres à revenu fixe

Conformément aux attentes, les taux d’intérêt ont été très volatils au premier semestre de 2017 et pendant que les investisseurs se positionnent en prévision d’un changement possible des politiques monétaires dans le monde, les fluctuations demeureront importantes dans un avenir prévisible. La transition ne se fera pas nécessairement en douceur, mais les taux de rendement des obligations du gouvernement du Canada passeront progressivement à une fourchette légèrement supérieure. Les revenus additionnels générés par les obligations de sociétés et la possibilité d’une contraction continue du différentiel de taux devraient contribuer à leur rendement supérieur.

 

États-Unis

L’économie des États-Unis continue de croître relativement lentement, comme en témoigne le taux de croissance du PIB réel qui s’est chiffré à 1,4 % au premier trimestre de 2017. Les attentes pour l’ensemble de 2017 demeurent modestes; les économistes prédisent une croissance du PIB réel de tout juste 2,2 % en 2017 et de 2,3 % en 2018. L’indice S&P 500 s’est apprécié de seulement 0,39 % (en dollars canadiens) au deuxième trimestre, soit 3,09 % en monnaie locale. Le deuxième trimestre a en effet été favorable au dollar canadien qui n’a cessé de gagner du terrain sur le dollar américain.

Le rendement en monnaie locale des actions américaines a été solide au deuxième trimestre. La vigueur du dollar canadien a cependant effacé la plus grande partie de ces gains. Après trois ans de faible croissance des bénéfices des sociétés de l’indice S&P 500, les analystes prévoient que ceux-ci se gonfleront de 10,2 % d’ici la fin de l’année et de 11,6 % en 2018. Comme le rendement boursier des trois dernières années aux États-Unis est dans une large mesure venu de l’accroissement des multiples, la croissance des bénéfices est maintenant essentielle à tout nouveau gain puisque les titres de l’indice S&P 500 se négocient en moyenne à 18,5 fois les bénéfices de 2017, ce qui est cher par rapport aux évaluations boursières historiques.

En ce qui concerne la politique monétaire, la Réserve fédérale a annoncé à la suite de sa réunion de juin une majoration de 0,25 % du taux cible des fonds fédéraux, qui se situe donc maintenant dans une fourchette de 1,0 % à 1,25 %. Cette majoration n’a surpris personne et la Réserve a annoncé son intention de relever le taux des fonds fédéraux au moins une fois encore en 2017. Le fait marquant de la réunion de juin dernier demeure cependant la publication d’un plan plus détaillé sur la manière dont la Réserve fédérale s’y prendra pour engager d’ici la fin de 2017 le processus de réduction de son bilan de 4,5 milliers de milliards de dollars.

Au deuxième trimestre, le dollar canadien s’est apprécié par rapport au dollar américain (+2,72 %) et se négociait au taux de 0,77128 $ CAD/$ US. Les gagnants du deuxième trimestre ont été le secteur des soins de santé (+4,28 %), celui des produits industriels (+2,05 %) et celui des services financiers (1,54 %). À l’autre bout du spectre, les perdants sont le secteur des télécommunications (-9,48 %) et celui de l’énergie (-8,83 %).

Perspectives

Après une phase haussière qui dure depuis huit ans, les actions américaines sont tout sauf bon marché, mais la croissance des bénéfices commence à poindre. Si les attentes de croissance des bénéfices des analystes se confirment et que les sociétés inscrivent des bénéfices dans le bas de la fourchette à deux chiffres en 2017 et en 2018, alors il est tout à fait plausible que les marchés boursiers génèrent un rendement dans le haut de la fourchette à un chiffre dans l’année qui vient. Il est cependant peu vraisemblable que l’expansion des multiples génère de nouveaux gains à court terme, surtout dans un contexte de resserrement de la politique monétaire par la Réserve fédérale, et par conséquent, la progression des marchés boursiers est désormais tributaire de la capacité des sociétés américaines d’accroître leurs bénéfices.


Europe

Marchés boursiers

Les indices boursiers européens se sont appréciés au deuxième trimestre. L’indice Morgan Stanley Capital International (MSCI) Europe a généré un rendement de 2,1 % (rendement total en monnaie locale). La vigueur généralisée des devises européennes, et surtout de l’euro, a ajouté au rendement et les actions européennes se sont appréciées de 4,9 % en dollars canadiens.

Économie

L’économie de l’Union européenne (UE) a enregistré une croissance réelle de 0,6 % (taux non annualisé) au deuxième trimestre. Les indicateurs d’activité économique demeurent vigoureux et la croissance économique récente devrait donc se poursuivre. La situation de l’emploi continue de s’améliorer. Le taux de chômage de l’UE a reculé à 7,8 % et celui de la zone euro, à 9,3 %. Dans la zone euro, l’inflation a ralenti en cours de trimestre et demeure inférieure au taux cible, à 1,3 %. Au Royaume-Uni, l’inflation tend à augmenter à cause de la dépréciation de la livre, une conséquence de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne (le « Brexit »).

Développements clés

La situation politique continue d’occuper le devant de la scène. En France, Emmanuel Macron, un centriste favorable à l’Europe, a été élu président. L’élection d’un gouvernement pro-Europe et centriste dont la plateforme électorale reposait sur un train de réformes est positive pour l’Europe, vu l’importance de la France au sein de l’ensemble européen. Au Royaume-Uni, le gouvernement conservateur a perdu son pari électoral et plutôt que d’accroître sa majorité après avoir déclenché des élections anticipées, il l’a perdue et a été forcé de former un gouvernement de coalition avec un petit parti d’Irlande du Nord. La faiblesse du mandat du gouvernement pourrait compliquer les négociations du Brexit.

Perspectives

L’économie continue de prendre du mieux et les indicateurs économiques pointent vers une poursuite de la croissance. À cause de cette vigueur étonnante de l’économie européenne, les marchés s’interrogent sur le bien-fondé de la politique monétaire exceptionnellement accommodante de la banque centrale. Comme l’inflation demeure très modeste en Europe, la normalisation de la politique monétaire devrait être plus lente qu’ailleurs. La vigueur de l’économie et la rentabilité accrue des entreprises jouent en faveur des marchés boursiers, mais les risques demeurent élevés, l’Italie demeurant l’une des régions les plus susceptibles de créer de la volatilité.

Sources : Les rendements des marchés boursiers cités proviennent de FactSet. L’effet du rendement des devises est géométrique. Les statistiques économiques citées (PIB, inflation, taux de chômage) sont d’Eurostat.

 

Marchés émergents (ME)

L’indice MSCI ME s’est apprécié de 3,60 % en dollars canadiens au deuxième trimestre, un rendement modérément supérieur à celui des marchés développés. Sur le plan de la croissance, le PIB chinois a crû de 6,9 % au premier trimestre, et continue de montrer des signes de stabilisation. Toutefois, si l’on se fie aux statistiques de haute fréquence du deuxième trimestre (indices PMI, transport de passagers par chemin de fer, consommation d’électricité, etc.), l’expansion a ralenti. Au Brésil, malgré les remous causés sur les marchés par les nouvelles accusations de corruption contre le président Temer, l’expansion économique se poursuit. Sur différents marchés émergents, l’inflation est maîtrisée, mais probablement grâce au ralentissement de l’activité économique. En Inde, l’écart de production s’accroît. Dans le sillage de la complexification des perspectives énergétiques mondiales, les statistiques économiques de haute fréquence de la Russie témoignent elles aussi d’un certain ralentissement.

Perspectives

La vigueur relative des marchés émergents depuis l’an dernier tire vraisemblablement à sa fin. La normalisation de la politique monétaire de la Réserve fédérale a incité les banques centrales des pays émergents à adopter une politique plus neutre qu’accommodante. La Chine a récemment remis à l’ordre du jour son plan de désendettement et de rééquilibrage de la liquidité des marchés, ce qui ne va pas nécessairement dans le sens d’une accélération de la croissance. Sur le plan géopolitique, les tensions persistantes entre le Qatar et les autres pays producteurs de pétrole pourraient accentuer l’incertitude dans le secteur de l’énergie. La transition à la tête du Parti communiste chinois plus tard cette année ainsi que les persistantes ambitions militaires de la Corée du Nord pourraient aussi modifier fortement le sentiment des observateurs, ce qui nuirait aux titres plus risqués.

 

Produits de base

Les prix des produits de base ont continué de reculer au deuxième trimestre et l’indice des prix au comptant des produits de base S&P Goldman Sachs a régressé de 4,1 % en cours de trimestre. Les cours pétroliers ont subi les reculs les plus importants : le prix du brut de Brent a régressé de 9,8 % tandis que ceux du Western Canadian Select et du West Texas Intermediate ont tous les deux chuté de 10,9 % au cours des trois derniers mois. Par ailleurs, l’offre mondiale demeure supérieure à la demande. Après une augmentation au premier trimestre, les prix au comptant de l’or ont légèrement reculé, en baisse de 1,2 %, tandis que les prix de l’argent chutaient de 9,6 %. Dans l’ensemble, les prix des matériaux sont demeurés relativement inchangés en cours de trimestre, tandis que les prix des denrées agricoles et du bétail ont augmenté respectivement de 2,9 % et de 8,7 %.

Positionnement du portefeuille

Nous avons majoré notre position en actions par rapport à celle en titres à revenu fixe et les actions sont maintenant en surpondération neutre. La conjoncture macroéconomique mondiale continue d’être neutre, mais les marchés financiers restent favorables aux actions. La tendance des bénéfices demeure positive sur les marchés développés et les indicateurs de risques macroéconomiques mondiaux demeurent faibles.

Nous avons réduit le poids relatif de nos positions en actions canadiennes tout en maintenant une sous-pondération neutre. Le sentiment à l’égard des bénéfices à venir demeure faible par rapport aux grands indices. Les cours pétroliers demeurent nettement inférieurs au seuil de rentabilité des producteurs canadiens et les banques canadiennes perdent du terrain par rapport à celles des États-Unis et de l’Europe.

Nous maintenons la surpondération des actions américaines. Les facteurs économiques fondamentaux demeurent solides comparativement à ceux d’autres régions du monde.

Nous maintenons la surpondération neutre des actions françaises. Les risques politiques extrêmes se sont dissipés depuis l’arrivée au pouvoir de Macron, et l’économie, les bénéfices et la situation des banques s’améliorent.

Nous maintenons la surpondération neutre en Allemagne. L’économie demeure comparativement forte et les bénéfices sont en hausse.

Nous maintenons la surpondération neutre au Japon. L’économie est structurellement faible, mais se trouve au pic du cycle en cours et les marchés boursiers sont bien soutenus par la faiblesse de la devise.

Nous maintenons une sous-pondération neutre au Royaume-Uni. Le processus du Brexit se poursuivra et continuera de créer de l’incertitude, créant une forte inflation dans un contexte de faible croissance.

Nous maintenons une sous-pondération neutre en Suisse à cause de la concentration de son indice et d’un ajustement défensif peu susceptible de créer un rendement supérieur si la croissance mondiale se poursuit tandis que les perspectives des banques suisses sont peu brillantes.

Nous maintenons une sous-pondération neutre en Australie. Le pays est vulnérable au ralentissement de l’économie chinoise et au ralentissement de la demande de produits de base.

Nous maintenons une position neutre en ce qui concerne les obligations à court et à moyen terme canadiennes. Nous continuons d’entrevoir de modestes pressions à la hausse sur les taux d’intérêt partout dans le monde, surtout aux États-Unis.

Nous avons réduit le poids relatif en portefeuille des obligations à long terme canadiennes.

Les portefeuilles demeurent sous-pondérés en espèces.

Conclusion

L’économie des États-Unis demeure au centre de toutes les préoccupations étant donné son importance pour l’économie mondiale. La capacité ou l’incapacité de l’économie européenne de contrebalancer par sa vigueur un éventuel ralentissement de la croissance aux États‑Unis aura un effet déterminant sur le rendement des marchés boursiers d’ici la fin de l’année. De plus, nous continuons d’exercer une surveillance étroite sur les autorités monétaires, au moment où elles cherchent à mettre un terme aux politiques accommodantes décrétées d’urgence, et sur les autorités budgétaires, plus particulièrement aux États‑Unis. Globalement, nous continuons de recommander aux épargnants de maintenir une stratégie de placement axée sur la diversification et sur une gestion active conforme à leur horizon temporel.

Article précédent
Bulletin sur les marchés du T2 de 2017 en bref

Au début de l’année, nous manifestions un optimisme prudent, mais la plupart des risques que nous entrevo...

Article suivant
Message du président et chef de la direction

Au début de l’année, nous manifestions un optimisme prudent, mais la plupart des risques que nous entrevoyi...