Planification financière du médecin suppléant : Choses à faire et choses à éviter

December 2, 2019

Si vous travaillez au Québec, consultez plutôt cet article.

Il arrive couramment que des médecins choisissent de travailler temporairement comme suppléants en début de carrière. La suppléance est un bon moyen d’acquérir de l’expérience, d’apporter sa contribution à une communauté, de concilier le travail et la vie familiale ou de gagner sa vie en attendant l’emploi à temps plein rêvé.

Peu importe vos raisons, voici quelques conseils qui pourraient bien vous éviter de tomber dans les pièges financiers courants si vous commencez votre carrière comme suppléant.

À FAIRE : S’entendre sur la rémunération et le calendrier de paiement

Les contrats de suppléance varient considérablement selon l’emplacement, le type de poste et la spécialité. Les responsabilités et les modalités de paiement doivent y être énoncées clairement. Par exemple, les honoraires peuvent être facturés à l’acte ou à un taux quotidien ou autre taux convenu, et vous pouvez être rémunéré pour les services non assurés, les heures sur appel et des tâches diverses. Suivez les conseils donnés dans la rubrique Suppléance 101 pour commencer du bon pied. Demandez également à votre association médicale provinciale ou territoriale si elle offre des services d’examen des contrats à ses membres.

À ÉVITER : Se considérer comme un employé

Si vous prévoyez demander des crédits d’impôt comme suppléant, vous devez d’abord vous plier aux règles de l’Agence du revenu du Canada (ARC) et établir votre statut en tant que travailleur indépendant. Par exemple, pour être considéré comme un entrepreneur indépendant, vous devez facturer régulièrement votre « client » et détenir une assurance responsabilité professionnelle, mais vous ne devez pas participer au régime d’avantages sociaux de l’employeur ni bénéficier d’une indemnité de congé annuel.

À FAIRE : Conserver les reçus de dépenses liées au travail

Comptabilisez vos dépenses professionnelles pour les déduire de vos revenus (ex. : frais de déménagement, dépenses de maison ou de bureau, utilisation d’un véhicule pour le travail, cotisations professionnelles et frais d’adhésion, ainsi que primes d’assurance). Conservez vos reçus (versions papier et numériques admissibles). Vous pouvez facilement suivre vos dépenses grâce à diverses applications mobiles si vous devez vous déplacer.

À ÉVITER : Se laisser surprendre par des pénalités fiscales

Le montant du premier chèque reçu comme travailleur indépendant peut sembler énorme. Or, n’oubliez pas que vous devrez probablement payer vos impôts directement à l’ARC après avoir produit votre prochaine déclaration de revenus, puis tous les trimestres par la suite. Mettez donc de l’argent de côté en conséquence et faites vos paiements dans les délais pour éviter les intérêts et pénalités sur les sommes dues. Comme vous le savez sans doute déjà, la plupart des services médicaux et de santé fournis par des médecins sont exonérés de la TPS et de la TVH, et cette exonération peut aussi s’appliquer à d’autres services que vous offrez. Ne manquez pas de vérifier auprès de votre comptable.

À FAIRE : Envisager de constituer une société

Lorsque vos revenus augmenteront, vous aurez peut-être avantage à exercer vos activités professionnelles au sein d’une société. En vous « incorporant », vous créerez une entité juridique distincte. Entre autres avantages, le taux d’imposition des petites entreprises est nettement inférieur à celui des particuliers. De plus, les revenus d’affaires non versés en salaire peuvent être transférés dans un compte d’entreprise distinct et fructifier de façon fiscalement avantageuse. Pour déterminer si l’exercice en société est la solution pour vous, vous devez prendre en considération divers facteurs. Un conseiller MD* peut vous aider à prendre cette décision.

À ÉVITER : Se dépêcher d’ouvrir sa propre clinique

Le domaine de la médecine évolue, et l’expérience de la suppléance vous permettra peut-être de vous familiariser avec plusieurs modèles d’affaires, y compris avec toutes sortes de façons d’administrer de même que de gérer la facturation, les paiements, le personnel et les dépenses de bureau. Et, qui sait, vous rencontrerez peut-être un médecin qui deviendra votre mentor ou votre source d’inspiration!

À FAIRE : Vérifier ses protections d’assurance responsabilité professionnelle

En plus de détenir votre permis d’exercice dans la province ou le territoire où vous travaillerez comme suppléant, vous devez souscrire à une assurance responsabilité professionnelle ou à celle de l’Association canadienne de protection médicale, selon le contexte dans lequel vous serez appelé à travailler, par exemple en salle d’opération ou d’urgence.

À ÉVITER : Ne pas prévoir de filet de sécurité

Comme médecin, votre revenu potentiel constitue l’un de vos actifs les plus précieux. Toutefois, comme travailleur autonome, vous n’aurez pas de congés de maladie payés, alors vous auriez avantage à prévoir un bon coussin. L’assurance invalidité peut remplacer en partie votre revenu si vous êtes victime d’un accident ou d’une maladie qui vous empêche de travailler. Vous devez aussi penser à l’assurance vie pour protéger votre famille. Sachez que plus vous souscrivez tôt à une assurance, moins la prime est élevée. Demandez à un spécialiste pourquoi l’assurance invalidité et l’assurance vie sont indispensables.

À FAIRE : Réduire ses dettes

Même sans revenu stable, vous pouvez réduire votre dette d’études. En fait, comme suppléant, vous pourriez annuler votre dette dans le cadre du programme d’exonération du prêt d’études du gouvernement du Canada ou du programme d’obligation de service de votre province ou territoire.

Si vous avez une marge de crédit souscrite pendant vos études à temps plein, passez en revue ses modalités, qui pourront changer lorsque vous commencerez à exercer. Prévoyez le remboursement graduel de vos prêts (mais gardez du jeu pour les mois de vaches maigres) afin de réduire le solde dû au minimum.

À ÉVITER : Avoir peur de recourir à sa marge de crédit

Les entrées et sorties d’argent pourraient fluctuer entre deux périodes de suppléance ou deux paiements. Une marge de crédit vous permettra de combler les manques à gagner en attendant que vos revenus se stabilisent et vous servira de coussin en cas d’urgence. C’est aussi une façon d’emprunter beaucoup moins coûteuse que les cartes de crédit, dont les taux d’intérêt sont plus élevés.

À FAIRE : Prendre de bonnes habitudes financières

L’expérience de la planification financière que vous aurez acquise comme suppléant vous sera fort utile si vous décidez de fonder votre propre clinique. Votre statut de travailleur autonome vous aura probablement habitué à prendre vos finances en main et à gérer un budget tout en vous fixant des objectifs personnels et professionnels à court et à long terme.

À ÉVITER : Avoir l’impression de devoir tout faire en même temps

À cette étape de votre carrière, vous avez peut-être l’impression que c’est assez de gérer vos dépenses professionnelles, de rembourser vos dettes et de faire avec des revenus en dents de scie sans en plus devoir mettre de l’argent dans un compte d’épargne ou un régime d’épargne-retraite, et c’est normal.

Sachez qu’un conseiller MD peut vous aider à répondre à tous vos besoins en matière de planification financière comme suppléant puis comme médecin à temps plein. La planification financière est un cycle au cours duquel vous définissez vos priorités, selon l’étape où vous en êtes dans votre vie et votre carrière et compte tenu de vos objectifs, de vos obligations et de la suite des choses.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

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