Qu’ont en commun les marchés émergents et les étudiants en médecine? Les deux pourraient avoir besoin d’un prêt.

March 19, 2019 Ian Taylor

           

Imaginez que vous êtes un étudiant ou une étudiante en médecine; vos revenus sont sans doute maigres, et si vous allez voir un prêteur, votre solvabilité ne repose probablement que sur vos perspectives d’avenir. Par conséquent, votre pouvoir d’emprunt est faible, et vous n’aurez généralement pas le meilleur taux.

Vous entrez ensuite en résidence, puis vous devenez médecin en titre et, dans la foulée, vous enrichissez votre patrimoine, vous payez vos comptes et vous vous bâtissez un bon dossier de crédit, ce qui améliore votre solvabilité; après un certain temps, il deviendra plus facile et moins coûteux d’emprunter. Or c’est souvent le même cercle vertueux que suit une économie émergente sur le marché des capitaux.

C’est ainsi que des pays comme l’Indonésie, la Pologne et la Thaïlande, un peu comme les étudiants en médecine, se trouvent devant des perspectives très prometteuses, mais suscitent encore la défiance en raison des risques d’instabilité économique, politique et sociale.

Plus encore, comme les étudiants en médecine, les marchés émergents ont besoin de financement pour réaliser leur potentiel de revenu et de croissance. Autrement dit, ils doivent être prêts à payer un peu plus pour inciter les investisseurs à assumer le risque de perte, ce à quoi ces derniers ne sont pas indifférents.

Actions ou obligations?

Normalement, lorsqu’un investisseur lorgne un marché émergent, ce sont les actions qui l’intéressent. En effet, la perspective d’une plus-value supérieure est alimentée par celle d’un revenu plus élevé et d’une prime rattachée à l’investissement dans un actif « plus risqué ». Ainsi, bien qu’elles jouent parfois aux montagnes russes, les actions d’un marché émergent peuvent s’avérer attrayantes sur le long terme.

Alors, pourquoi s’intéresser aux obligations de ces marchés? Parce que leur rendement à long terme s’avère lui aussi impressionnant. En fait, sur les 20 dernières années, si on fait une comparaison avec les marchés développés, la prime tirée des placements en obligations sur les marchés émergents s’avère plus grande que celle tirée des placements en actions. Il faut toutefois souligner que les obligations sont plus volatiles sur les marchés émergents, alors que du côté des actions, le risque est à peu près le même.

Il faut aussi tenir compte de la diversification : l’indice MSCI Marchés émergents est dominé à 50 % par trois pays d’une même région (l’Asie), soit la Chine, Taïwan et la Corée du Sud. Il en va tout autrement de l’indice JP Morgan Global EMBI Core Index (indice d’obligations de marchés émergents en dollars américains), dans lequel aucun pays ne représente plus de 6 % du total.

Dollars américains ou monnaie locale?

Traditionnellement, les marchés émergents émettent leurs obligations en dollars américains pour réduire le risque de change et se rendre ainsi plus attrayants. C’est ce qu’on appelle des obligations en « monnaie forte », puisque dans ce cas, l’investisseur risque moins de voir le pays dévaluer sa monnaie pour rembourser son dû.

Mais à mesure qu’un marché émergent se développe et prospère, le cercle vertueux que nous avons décrit plus haut le rend de plus en plus solvable, et ses obligations en monnaie locale en deviennent d’autant plus attrayantes. Quand on examine les indices d’obligations des marchés émergents, on constate qu’aucun pays n’y pèse plus de 10 % du total, et que les pays les plus lourds sont le Brésil, le Mexique, l’Indonésie, la Pologne et l’Afrique du Sud; on est loin du poids démesuré que représente l’Asie dans les indices d’actions de ces marchés.

Investir dans les obligations des marchés émergents : la stratégie de MD

Dans le Fonds stratégique de rendement MD et le Fonds collectif stratégique de rendement GPPMD, nous faisons des placements tant en dollars américains qu’en monnaie locale, en appliquant une répartition stratégique d’environ 15 %. Pour le moment, nous privilégions la qualité de crédit et la stabilité (le poids de nos titres en dollars américains est actuellement supérieur à notre pondération stratégique), compte tenu du ralentissement de l’économie mondiale.

La diversification – géographique et sectorielle – demeure notre priorité pour le Fonds stratégique de rendement MD (et pour le Fonds collectif stratégique de rendement GPPMD); le même principe s’applique au portefeuille globalement. Les obligations des marchés émergents continueront de jouer un rôle croissant pour assurer cette diversification et réaliser des rendements attrayants.

La situation des marchés émergents ressemble beaucoup à celle des étudiants en médecine qui ont besoin de financement pour se rendre au seuil d’une carrière stimulante et gratifiante : en effet, les marchés émergents ont aussi besoin de se procurer du financement pour concrétiser leur potentiel de revenu. 

Pour en savoir plus sur les obligations des marchés émergents, sur le Fonds stratégique de rendement MD ou sur les moyens d’appliquer cette stratégie à votre portefeuille, communiquez avec votre conseiller MD.

A propos de l'auteur

Ian Taylor

Ian Taylor, CFA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Stratégie de placement chez Gestion financière MD. Il supervise les mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et les fonds communs de placements non traditionnels. De plus, il est membre du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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