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Revenus de retraite : stratégies pour ne pas trop en laisser à l’impôt

Femme âgée travaillant à domicile sur un ordinateur portable et utilisant un téléphone intelligent.

À la retraite, bien des médecins disposent de plusieurs sources de revenus : régime enregistré d’épargne-retraite (REER) ou fonds enregistré de revenu de retraite (FERR), compte d’épargne libre d’impôt (CELI), comptes non enregistrés et prestations publiques. D’autres ont en plus une société médicale professionnelle d’où ils peuvent puiser de l’argent.

Si vous êtes sur le point de prendre votre retraite ou êtes nouvellement retraité, plusieurs questions peuvent se poser : devriez-vous commencer à toucher votre pension publique prochainement ou plus tard? Dans quel ordre est-il le plus efficace sur le plan fiscal de retirer votre argent? Faut-il utiliser d’abord votre REER ou votre CELI, puis retirer ensuite l’argent de votre compte de société et de vos comptes non enregistrés?

Les objectifs et la situation financière ou familiale de chaque personne diffèrent. Les stratégies de revenus de retraite doivent donc être soigneusement réfléchies. L’ordre de retrait à privilégier et la combinaison idéale de fonds dépendent avant tout de vos objectifs et de votre situation.

Par exemple, si votre principal souci est d’avoir des revenus suffisants pendant toute la retraite, il serait préférable de réduire votre niveau de risque et de liquider d’abord vos placements les plus audacieux pour finir par vos placements plus stables. Si votre priorité est de gonfler votre valeur nette, il vaudrait peut-être mieux utiliser votre CELI en dernier. (Voir « Dans quel ordre utiliser vos sources de revenus à la retraite ».)

Dans le présent article, nous nous intéressons surtout aux moyens à votre disposition pour réduire l’impôt prélevé sur vos revenus de retraite. Voici une liste des sources possibles de revenus de retraite et leurs implications fiscales au retrait, ainsi que les stratégies à envisager.

Sources de revenus de retraite

Régime de pensions du Canada / Régime de rentes du Québec

  • Fonctionnement : Les prestations du Régime de pensions du Canada (RPC) ou du Régime de rentes du Québec (RRQ) commencent habituellement à être versées à 65 ans. Elles peuvent cependant l’être dès 60 ans, mais leur montant mensuel sera moindre. Leur versement peut aussi être reporté à 70 ans, leur montant étant alors majoré. 
  • Implications fiscales : Les prestations du RPC/RRQ sont entièrement imposables.
  • Stratégie : Selon une étude publiée par le National Institute of Ageing (en anglais), il est plus avantageux pour les Canadiens en relativement bonne santé de repousser le plus tard possible leurs prestations du RPC/RRQ, leur source de revenus à vie la plus sûre et, de surcroît, indexée.

Sécurité de la vieillesse

  • Fonctionnement : Les prestations de la Sécurité de la vieillesse (SV) sont versées mensuellement dès l’âge de 65 ans. Vous pouvez reporter d’au plus 60 mois le début des prestations. Plus vous attendez longtemps, plus la pension mensuelle sera élevée, mais à 70 ans, il n’y a plus aucun avantage à reporter le premier paiement.
  • Implications fiscales : Les prestations de SV sont entièrement imposables. De plus, si le revenu annuel est supérieur à 79 845 $ (2021), un impôt de récupération de 15 % s’applique au montant de revenu qui dépasse ce seuil, jusqu’au remboursement complet des prestations de SV.
  • Stratégie : Si vous détenez un REER imposant, vous serez tenu d’effectuer des retraits minimaux élevés de votre FERR, et il pourrait être difficile de conserver le plein montant de vos prestations de la SV. Les dividendes que vous touchez de votre société (surtout avec la majoration) peuvent aussi jouer contre vous. Le fait de reporter vos prestations de SV peut aider en augmentant le seuil auquel la prestation sera entièrement récupérée par l’État.

REER/FERR

  • Fonctionnement : Toute votre vie, vous avez cotisé à votre REER et profité de déductions d’impôt. Avant la fin de l’année de vos 71 ans, vous devrez convertir votre REER en FERR ou en rente, ou liquider votre REER. La plupart des gens convertissent leur REER en FERR et commencent à effectuer des retraits minimaux obligatoires selon un pourcentage qui varie selon l’âge.
  • Implications fiscales : Toutes les sommes retirées d’un REER ou d’un FERR sont imposables. L’efficacité d’un REER est optimale lorsque le taux d’imposition au retrait est inférieur au taux d’imposition au moment de la cotisation.
  • Stratégie : Repousser les retraits le plus tard possible est une solution populaire pour des raisons évidentes. En revanche, si votre REER est bien garni, commencer plus tôt à en retirer de l’argent pourrait être fiscalement avantageux. En effet, plus le REER est imposant, plus le montant des retraits obligatoires du FERR sera élevé. Vous pourriez donc vous retrouver à payer plus d’impôt que si vous aviez effectué des retraits de votre REER au fil des ans. Sachez aussi qu’il est possible de diminuer le montant de vos retraits minimaux du FERR en basant le calcul sur l’âge de votre conjoint, s’il est plus jeune que vous. Votre conseiller MD* peut vous aider à décider du montant à retirer.

CELI

  • Fonctionnement : Le CELI est accessible à tout âge dans la mesure où vous disposez de droits de cotisation. Ceux-ci s’élèvent actuellement à 6 000 $ par année. Les droits de cotisation d’une personne admissible qui n’aurait jamais cotisé à un CELI depuis sa création en 2009 s’élèvent à 75 500 $ en 2021.
  • Implications fiscales : Tous les gains et les retraits faits dans un CELI sont libres d’impôt1. Le CELI est particulièrement avantageux lorsque le taux d’imposition de la personne est plus élevé au moment du retrait qu’au moment de la cotisation.
  • Stratégie : Le CELI peut être un bon outil de planification successorale. La succession d’un médecin se situe souvent dans une fourchette d’imposition élevée, et la facture d’impôt est souvent corsée lorsqu’il faut liquider, par exemple, un FERR entièrement imposable. Le CELI, en revanche, peut être transféré aux héritiers en franchise d’impôt. Sur un plan strictement fiscal, il serait préférable de continuer à maximiser vos cotisations CELI dans des placements de type croissance pendant votre retraite même si, ce faisant, vous ne réduisez pas votre facture d’impôt.

Comptes non enregistrés

  • Fonctionnement : Les comptes non enregistrés (les « comptes imposables ») sont souvent utilisés par ceux qui ont déjà versé le maximum autorisé dans leur REER et leur CELI. Il est préférable de détenir dans ce genre de compte vos placements les plus efficaces sur le plan fiscal.
  • Implications fiscales : Tous les gains sont imposables à des taux qui varient selon leur nature : intérêts, dividendes ou gains en capital. Les retraits de capital ne sont pas imposables, car il s’agit de l’argent qui avait été placé initialement. Les pertes en capital peuvent être reportées sur trois années antérieures ou sur les exercices ultérieurs indéfiniment.
  • Stratégie : À défaut de meilleure possibilité de placement, la stratégie la plus indiquée sur le plan fiscal consiste à conserver les actifs dans vos comptes non enregistrés aussi longtemps que possible et à ne pas réaliser les gains accumulés.

Compte de placement de société

  • Fonctionnement : Votre compte de placement de société peut contenir toutes sortes d’instruments, comme des actions, des obligations et des fonds communs, qui génèrent ce qu’on appelle des revenus « passifs ». 
  • Implications fiscales : Les revenus passifs sont lourdement imposés. Toutefois, s’ils vous sont transférés en votre qualité d’actionnaire, une partie de cet impôt est récupérable, et l’impôt que vous devrez payer à titre personnel sera souvent moindre compte tenu de l’impôt déjà payé par la société. Les actifs et revenus d’une société doivent être distribués, habituellement sous forme de dividendes, avant de pouvoir être dépensés. Le type de dividendes versés dépend de différents facteurs, notamment les décisions prises à l’égard du portefeuille et l’impôt des particuliers. En règle générale, un dividende est imposé plus lourdement qu’un retrait de votre compte non enregistré, mais moins qu’un retrait effectué dans votre REER.
  • Stratégie : Atténuer les conséquences fiscales à long terme donne souvent de meilleurs résultats que simplement chercher à réduire au minimum l’impôt courant. Donc, avant d’optimiser vos impôts de l’année en cours, il importe de faire des projections pour votre retraite et votre succession en intégrant l’aspect fiscal afin d’établir la stratégie à long terme la plus judicieuse. 

Quel ordre privilégier pour les retraits?

Les formules toutes faites que l’on trouve sur Internet ou dans les médias pour établir l’ordre dans lequel effectuer les retraits s’adressent au public en général et sont souvent simplistes et axées sur des économies d’impôt immédiates.

Voilà pourquoi il importe de travailler avec votre conseiller MD : toute décision concernant vos retraits devrait tenir compte de vos objectifs, de votre situation personnelle et de votre situation fiscale.

Lorsque vous réfléchirez aux retombées fiscales de vos décisions, n’oubliez pas de considérer ce qui suit :

  • vos revenus prévus et votre fourchette d’imposition, et surtout leur évolution avec le temps;
  • les possibilités de planification fiscale au sein de votre ménage : fractionnement du revenu de retraite, REER de conjoint, crédit pour revenu de pension et répartition du revenu;
  • l’impôt exigible à votre décès et la manière de réduire au maximum le fardeau fiscal de vos héritiers.

N’oubliez pas cependant que l’objectif reste d’en arriver à un équilibre qui vous permettra de profiter de votre retraite. Votre conseiller MD peut faire des projections en fonction de votre situation et vous proposer les stratégies les plus indiquées pour vous.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

1 Il est possible que les autorités fiscales de pays étrangers appliquent des retenues d’impôt. Par exemple, l’Internal Revenue Service (IRS) applique une retenue d’impôt sur les dividendes versés aux résidents canadiens qui détiennent des parts de sociétés américaines.

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.