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Épisode 19 : La remontée boursière postpandémie est-elle terminée?

Craig Maddock, vice-président et gestionnaire de portefeuille principal, ainsi que Ian Taylor, vice-président adjoint et gestionnaire de portefeuille de l’équipe Gestion Multiactif de Gestion financière MD passent en revue le troisième trimestre de 2021 : les événements survenus sur le marché et le rendement, et les points à retenir en ce qui concerne les fonds et les portefeuilles MD, et ce qui nous attend au quatrième trimestre et au-delà.

 

 

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Nous remercions une fois encore tous les médecins et professionnels de la santé qui prennent soin de nous en ces temps difficiles. Pendant que vous vous consacrez à la santé de la population, nous, chez MD, sommes déterminés à protéger le fruit de votre dur labeur. Nous sommes là pour vous et votre famille. Si vous avez des questions à propos des sujets abordés dans le balado ou de votre plan financier, nous sommes là pour vous aider.

Dans cet épisode, nous retrouvons Craig Maddock, vice-président et gestionnaire de portefeuille principal, et Ian Taylor, vice-président adjoint et gestionnaire de portefeuille. Nous parlerons d’abord des sujets marquants du troisième trimestre : les marchés émergents et l’inflation. Ensuite, nous ferons le point sur l’économie mondiale et sur l’évolution probable de la conjoncture. Finalement, sur cette toile de fond, nous analyserons le rendement et le positionnement des fonds et portefeuilles MD.

Que se passe-t-il sur les marchés émergents, et plus particulièrement en Chine?

[Ian Taylor 0:53] Eh bien Alex, on n’insistera jamais assez sur l’importance des changements en cours en Chine. La réorientation des politiques est importante et aura une fois de plus un effet déterminant sur les marchés financiers mondiaux pendant dix ans. Le scénario des années 2000 semble donc se répéter. C’est au cours de cette période que l’influence de la Chine sur les marchés mondiaux s’est affirmée grâce, notamment, à l’essor de la demande des produits de base nécessaires à l’édification de son économie. La montée de l’économie intérieure chinoise ces dix dernières années est un phénomène du même ordre, sauf qu’il s’est terminé par un différend commercial avec les États‑Unis.

Nous voyons en ce moment la Chine amorcer un repli économique intérieur, un retour à la notion de prospérité commune. Il est clair que le durcissement des États-Unis à l’endroit de la Chine jumelé à celui des autorités chinoises à l’endroit des sociétés technologiques chinoises (qui ont contribué à l’accroissement des inégalités en Chine) n’est pas bien accueilli par les marchés.

L’indice MSCI Chine a perdu près de 30 % de sa valeur depuis février dernier, soit le moment où les tensions entre Beijing et le fondateur d’Alibaba, Jack Ma, ont émergé. L’indice MSCI Monde s’est quant à lui apprécié de plus de 7 %. L’impact de ces tensions semble donc se limiter pour l’instant aux marchés boursiers intérieurs chinois.

[Craig Maddock 2:05] Voilà un point très intéressant, Ian, qui nous rappelle que la Chine demeure plus socialiste que capitaliste. La prospérité commune continue de l’emporter sur la richesse individuelle. Et je suis convaincu que même si la Chine favorise vraiment l’innovation et la technologie, et investit des sommes énormes dans les nouvelles énergies vertes, « l’interventionnisme » des autorités chinoises dans plusieurs secteurs de l’économie (services financiers, technologie, éducation, musique, livraison d’aliments et d’autres encore) va nuire considérablement à la rentabilité des entreprises.

À long terme, les perspectives demeurent bonnes pour la Chine. Le défi reste donc entier pour nous, car investir en Chine est bien différent que d’investir dans des sociétés capitalistes développées comme le Canada ou les États‑Unis.

Les craintes inflationnistes persistent. Quels sont les plus récents développements?

[Craig Maddock 2:54] L’augmentation des prix du pétrole, c’est-à-dire de l’essence, est probablement l’exemple le plus frappant pour nos auditeurs. Pour ceux qui conduisent encore une automobile à essence (malheureusement 99 % des gens), le prix de l’essence est passé au Canada d’environ 1 $ le litre il y a un an à plus de 1,40 $. Cette montée est clairement inflationniste : ça se voit et ça se sent.

La dynamique sous-jacente se situe au niveau de la loi de l’offre et de la demande. Avec la COVID-19, l’offre de pétrole s’est affaissée, car les gens se déplaçaient moins. Maintenant, la demande remonte, surtout grâce aux campagnes de vaccination qui favorisent la réouverture des économies un peu partout dans le monde. Il s’ensuit que la demande de pétrole et de gaz a augmenté considérablement, d’où la poussée des prix.

Le même principe s’applique à une foule de produits. Les bas taux d’intérêt jumelés à la généralisation du télétravail et aux changements de comportement ont engendré une très forte demande de grandes maisons, d’où l’explosion des prix dans l’immobilier résidentiel.

Plus tôt dans la pandémie, nous avons assisté à une flambée des prix du bois d’œuvre. Confinés à leur domicile, les consommateurs se sont désennuyés en rénovant et en construisant toutes sortes de choses : clôtures, terrasses, remises, etc. Les gens avaient la frénésie de construire. Puis après être redescendus pratiquement à leur niveau habituel, les prix se sont de nouveau emballés, peut-être parce que la baisse des prix a incité les gens à reprendre des projets qu’ils avaient décidé de mettre sur la glace.

Mais revenons aux prix de l’énergie. La hausse des prix du pétrole a stimulé les prix du gaz naturel. Cette hausse des prix de l’énergie favorise le retour en force de produits comme le charbon, notamment en Chine, où en raison de l’augmentation de la demande d’électricité, les centrales au charbon reprennent du service. Le charbon demeure en effet une solution facile et, bien franchement, peu coûteuse pour produire rapidement beaucoup d’électricité.

En bref, qu’il soit question d’automobiles, d’ordinateurs ou de tout autre bien, la demande est forte et en revanche, l’offre de micropuces et de conteneurs faiblit. Ce problème à court terme (nous sommes convaincus qu’il ne durera pas) finira par se régler, mais d’ici là, il alimente assurément l’inflation.

[Ian Taylor 4:49] Nous approchons en ce moment, en quelque sorte, du point culminant des retombées négatives de la COVID-19, de la récession qu’elle a engendrée et des confinements. Le retour de la demande et la réouverture de l’économie sont fondamentalement de bonnes nouvelles. La situation va en s’améliorant.

Mais pour l’instant, les perturbations des chaînes d’approvisionnement créent une tempête parfaite. Nous arrivons au point culminant de la demande générée par l’aide publique et par la reprise, mais comme Craig l’a souligné, les choses vont se tasser. À mon avis, lorsque nous aurons franchi cette étape, l’économie reviendra à ce qu’elle était avant la crise de la COVID-19.

Il est vrai que certaines choses ont changé, mais pas toutes. Les pressions déflationnistes qui ont freiné la moindre poussée inflationniste ces dix dernières années n’ont, pour la plupart, pas disparu (elles existent au Japon depuis des temps immémoriaux, sans compter le vieillissement de la population en Europe et le ralentissement économique en Chine) et leur effet continuera de se faire largement sentir.

Par conséquent, même si certains de ces thèmes sont susceptibles de changer d’ici la fin de la décennie, nous pensons que d’ici 12 à 18 mois, l’inflation actuelle se résorbera et que nous recommencerons à nous concentrer sur une croissance plus durable et sur les moyens de la maintenir.

Comment les marchés se sont-ils comportés au troisième trimestre?

[Craig Maddock 6:17] À mon avis, le trimestre doit être divisé en deux : les deux premiers mois, marqués par de solides rendements, et septembre, qui s'est caractérisé par un recul important. Les obligations ne reçoivent pas autant d’attention que les actions malgré un rendement mensuel négatif. Elles se sont aussi dépréciées sur l’ensemble du trimestre et sur un an, elles étaient en hausse à la fin de septembre. Le trimestre a certainement été intéressant sur ce point.

Sur les marchés boursiers, malgré un début en force suivi de mollesse en fin de trimestre, la situation n’a pas beaucoup bougé. Le rendement de l’indice S&P 500 en monnaie locale a été plus ou moins nul, mais en dollars canadiens, il a été de 2,9 %. Sans être exceptionnel, le rendement n’a donc pas été vraiment mauvais non plus. Les marchés canadiens ont progressé de 0,17 % et se sont donc maintenus avec peine en territoire positif. Les marchés internationaux ont fait un peu mieux, mais comme Ian l’a mentionné, le recul en Chine a plombé les marchés émergents.

La dynamique sous-jacente à cette évolution des marchés est, à mon avis, le point intéressant. Dans les épisodes précédents du balado, il a souvent été question des grands thèmes sous-jacents au comportement des marchés. Or, en ce moment, il est très difficile de comprendre quels sont les facteurs qui jouent sur les marchés et ce fut particulièrement vrai au dernier trimestre avec sa vigueur initiale suivie d’un recul en fin de parcours et les fortes turbulences. Les titres de croissance ont assurément déclassé les titres de valeur, mais il est difficile d’expliquer pourquoi, de comprendre les facteurs en jeu. La situation est plus nuancée et diversifiée que par le passé.

Les sociétés à grande capitalisation ont aussi déclassé les sociétés à petite capitalisation. Le rendement des marchés développés a été nettement supérieur à celui des marchés émergents malgré la stagnation relative des marques de luxe. Les bons résultats et la qualité ont été récompensés, ce qui n’est pas inhabituel. Mais au risque de me répéter, les facteurs qui influent sur les marchés sont actuellement difficiles à discerner.

Presque absente en début de trimestre, la volatilité était de retour en fin de trimestre.

À mon avis, il ne faut pas se laisser tromper par cette stagnation apparente des marchés boursiers, car beaucoup de choses se passent sous la surface. Certains titres offrent un rendement exceptionnel tandis que d’autres périclitent carrément, d’où un rendement moyen « pas si mal ». Mais concrètement, il se passe beaucoup de choses en arrière-plan.

Par ailleurs, en dernière analyse, les titres boursiers demeurent relativement chers. En effet, les titres de l’indice de croissance Russell 1000 se négocient encore à des ratios extrêmement élevés (34 fois les bénéfices), ce qui est beaucoup. Même l’indice de valeur des États-Unis (18 fois les bénéfices) reste assez cher, plus que les marchés internationaux (ratio d’environ 17 fois les bénéfices) ou que les marchés canadiens (15 fois) et davantage évidemment que les marchés émergents qui se sont récemment affaissés et où les titres se négocient à 9 fois les bénéfices. La différence est donc énorme entre ce que les gens sont prêts à payer selon le potentiel de bénéfices des différents marchés de par le monde.

Et bien sûr, il ne faut pas oublier que les taux de croissance sont différents. Sans surprise, la croissance des marchés émergents est plus lente, ce qui découle également des multiples inférieurs. Toutefois, un ratio de 14 fois les bénéfices, même comparé à 31 fois pour l’indice Russell de croissance 1000, signifie que des taux de croissance très élevés sont à prévoir dans les secteurs les plus dynamiques du marché.

J’ajouterais également que les valorisations actuelles dépeignent en bonne partie les attentes que le retour à la normale sera un retour « à la perfection ». À ces multiples élevés, peu importe les titres, les prix sont relativement élevés, à tout le moins à l’intérieur de certaines poches. La marge d’erreur est mince à ce point du cycle. Par conséquent, si l’économie ralentissait bel et bien considérablement, ou si les bénéfices cessaient d’augmenter à partir de maintenant, on ne voit pas ce qui pourrait soutenir les multiples élevés actuels dans certains segments du marché ni, bien franchement, ce qui pourrait soutenir l’expansion à partir de maintenant.

La remontée boursière de la postpandémie est-elle terminée?

[Ian Taylor 9:47] Il est certain que la remontée des marchés consécutive au creux qui a caractérisé le début de la pandémie a été exceptionnelle. L’indice MSCI Monde s’est apprécié de 90 % depuis son dernier creux, et l’indice est actuellement 30 % plus élevé que son dernier sommet préalable à la pandémie.

Donc, d’un côté, il est douteux que les sociétés inscrites en bourse soient devenues du jour au lendemain beaucoup plus rentables à long terme grâce à la récession provoquée par la COVID-19. Il est vrai cependant que les crises de ce genre ont souvent des retombées favorables. Nous avons d’ailleurs été témoins de la vitesse à laquelle l’économie a dû s’adapter en accélérant considérablement  la numérisation, la transformation des méthodes de travail et des interactions sociales, et le changement de la manière dont nous nous procurons des biens. Et je ne parle même pas de nos habitudes d’épargne.

La pandémie a en effet favorisé une forte accumulation d’épargne. Et comme les taux d’intérêt sont extrêmement bas, ces capitaux finissent en bonne partie sur les marchés boursiers. Alors, même si nous sommes d’avis que l’environnement n’est plus vraiment favorable aux placements boursiers, il est probablement trop tôt pour se positionner en fonction d’un marché baissier important.

Les investisseurs devront assurément être beaucoup plus sélectifs à l’avenir, car la forte marée qui a soulevé tous les bateaux commencera éventuellement à se retirer. Toutefois, si l’économie arrive globalement à éviter une récession ou une forte contraction, les marchés boursiers devraient en général s’en sortir assez bien. À tout le moins, le risque d’un recul important et soutenu est plus faible maintenant qu’il ne le sera plus tard dans le cycle économique lorsque les risques de récession deviendront un peu plus importants.

Donc, même si les possibilités de gains importants sur certains marchés sont maintenant passées, les actifs liés à la croissance fondamentale semblent encore favorisés et les actions sont assurément du nombre.

Les banques centrales du monde commencent à réfléchir à leurs politiques postCOVID et notamment à l’augmentation des taux d’intérêt et à la fin progressive des achats d’actifs. L’économie mondiale est-elle prête?

[Craig Maddock 11:36] À mon avis, pas encore, mais nous nous rapprochons de ce moment qui devrait survenir quelque part en 2022. Les annonces seront flamboyantes et les manchettes seront à l’avenant, mais les effets de ces mesures ne seront pas si importants.

Les économies du monde n’en sont cependant pas au même stade du cycle. Si on analyse les prévisions de croissance du PIB, on constate que si elles sont élevées, à un d’environ 5 % à l’échelle mondiale, mais pas autant que les sommets du printemps dernier.

Nous avons un peu parlé de l’inflation. Elle commence à être vraiment forte, non? L’inflation est beaucoup plus soutenue aujourd’hui que ce qu’on avait prévu et qu'au cours des dernières années. Et selon les prévisions, elle demeurera forte dans un avenir immédiat. Toutefois, l’adjectif « forte » est relatif lorsqu’il question de l’inflation. La plupart des marchés développés ciblent une inflation de 2 %, un seuil qui sera dépassé, mais pas d’autant qu’on pourrait le croire. Je pense que la plupart des banques centrales penchent pour un raffermissement de leur politique et sont donc disposées à majorer un peu leurs taux. Je ne crois pas cependant à un scénario de majorations massives des taux d’intérêt accompagnées d’une inflation massive à long terme.

En revanche, il faut reconnaître que la visibilité est actuellement réduite, ce qui explique que nous n’avions pas prévu l’inflation actuelle et que nous nous rapprochons peut-être d’une inflation encore plus forte, sans pour autant avoir des outils qui nous le confirmeraient. Les répercussions de la COVID-19 continuent de se faire sentir et le débit naturel des produits et services, la situation de l’emploi, etc., sont touchés. Comme Ian l’a mentionné, plusieurs facteurs positifs ont modifié et continueront vraisemblablement de modifier nos habitudes et nos comportements. Mais nous ne sommes pas encore revenus à la normale. Tant que ce ne sera pas le cas, il sera difficile de savoir exactement ce dont nous avons besoin.

Ian a aussi parlé de la situation préalable à la COVID-19. À ce sujet, il faut bien dire qu’avant même la COVID-19, l’économie avait besoin d’un coup de pouce pour que les prix nous paraissent positifs. La moindre mention d’une « fermeture éventuelle du bar » déclenchait son lot de réactions négatives sur les marchés. Je ne suis pas convaincu que la COVID-19 a véritablement changé ces facteurs structurels et en fait, à certains égards, elle les a peut-être aggravés. De nombreuses mesures de stimulation ont été intégrées au système et tôt ou tard, il faudra majorer les impôts, car quelqu’un devra bien payer la note.

Il est aussi beaucoup question, vous savez, de la conversion à l’énergie verte. Cette transition va coûter une fortune. À mon avis, il sera plus difficile à l’avenir de résister à ces vents contraires. Je pense donc que les taux peuvent et vont rester bas longtemps encore.

Voici un autre exemple. Nous parlons souvent de la majoration des taux d’intérêt par les banques centrales. Pourtant, elles ne sont pas les seules à influer sur les taux. Le marché obligataire est aussi un outil permettant de prévoir l’évolution des taux, voire de les fixer. En effet, les taux obligataires bougent souvent sans intervention de la banque centrale. Prenons le cas des obligations américaines de 30 ans. Leur taux de rendement nominal avait atteint un plancher de près de 1 % à l’été 2020. Ce taux est aujourd’hui d’environ 2 %, une forte augmentation, mais il demeure nettement inférieur à celui de 3 % qui prévalait avant la COVID-19, à la fin du dernier cycle. On peut en déduire que les marchés obligataires n’ont pas encore intégré une reprise soutenue à long terme qui serait accompagnée d’une inflation galopante et d’une économie en plein essor, une situation qui inciterait les banques centrales à intervenir en adoptant une politique de taux d’intérêt très énergique.

Il est difficile de juger la situation dans le contexte postCOVID, car nous sommes encore loin d’un retour à la normale, d’où les politiques publiques exceptionnelles. Le temps est venu pour les mesures budgétaires et la réouverture de combler le vide. Ensuite seulement, il faudra réfléchir à la politique de taux d’intérêt appropriée.

Qu’entrevoyons-nous pour le quatrième trimestre et le début de 2022?

[Ian Taylor 14:56] L’occasion est belle de bâtir en nous appuyant sur les propos de Craig. Il va sans dire que les marchés traversent une période déterminante. Une transition économique est nécessaire et doit se transposer dans les mesures prises par les décideurs.

Les déséquilibres extrêmes créés par la pandémie ne touchent pas seulement notre capacité de consommer. Ils influent aussi sur les mesures de soutien budgétaires et sur le marché du travail. À la fin du mois d’août, le U.S. Bureau of Labour Statistics estimait à 10,4 millions le nombre de postes vacants aux États-Unis et à 8,4 millions le nombre de chômeurs. Si on y réfléchit bien, cette statistique à elle seule révèle l’ampleur du potentiel inexploité présent dans l’économie. Voilà, entre autres choses, pourquoi les prévisions de bénéfice demeurent optimistes et pourquoi les indices boursiers demeurent si élevés.

Toutefois, cette transition doit se concrétiser. Elle ne peut être repoussée indéfiniment. Nous pensons qu’elle se produira dans les prochains mois. Grâce à l’amélioration de la situation pandémique à l’échelle mondiale, nous jugeons peu probable le retour aux confinements coordonnés et généralisés dans les grandes économies du monde. Les marchés financiers devront s’ajuster à cette nouvelle réalité. Nous en avons vu les signes précoces et nous pensons que les conditions financières continueront de se resserrer à la marge et qu’il y aura inévitablement des hauts et des bas à mesure que les investisseurs intégreront cette situation.

Toutefois, pour les investisseurs à plus long terme, nous pensons que l’environnement est propice à de nouveaux gains, même s’ils seront moins importants que ceux des trimestres précédents.

Qu’est-ce que cela signifie pour les investisseurs et pour nos clients?

[Craig Maddock 16:37] C’est très simple. Le contexte général des placements demeure favorable. Les taux iront en augmentant légèrement et lentement, ce qui sera bon pour les titulaires de titres à revenu fixe sans pour autant causer des difficultés aux porteurs d’actions, peu importe ce que certains en pensent et en disent. Nous croyons que les marchés boursiers sont soutenus par le contexte économique, les faibles taux d’intérêt et l’étape à laquelle nous en sommes dans le cycle économique. Par conséquent, les perspectives de rendement du portefeuille semblent favorables.

En ce qui concerne les fonds et les portefeuilles MD, y a-t-il eu au cours du trimestre un événement qui a eu une incidence substantielle sur nos attentes de rendement à long terme?

[Craig Maddock 17:09] Rien d’important, non. Nous avons évidemment discuté de la possibilité que nous nous trouvions dans une période de transition. Beaucoup de choses bouillonnent sous la surface et il y a eu plusieurs changements dans la prédominance de certaines entreprises, mais il n’y a eu aucun choc sismique comme celui de la crise financière de 2008, ni même comme celui qui a suivi immédiatement l’éclosion initiale de COVID-19, qui aurait pu avoir une incidence substantielle sur nos estimations en vue de l’avenir.

Et dans ces deux cas, vous savez, les rendements à long terme ont finalement été supérieurs parce qu’il y a eu des prélèvements importants sur le marché. Comme Ian l’a mentionné, il n’y a actuellement aucun signe de récession en vue ni aucun signe de recul substantiel des marchés. En conséquence, un scénario de rendements positifs bien que modestes semble raisonnable dans un avenir immédiat.

La volatilité est cependant bel et bien de retour. C’est le prix à payer pour cette incertitude qui va en augmentant en raison des facteurs dont nous avons déjà parlé, qu’il soit question d’un resserrement éventuel de la politique monétaire ou d’un changement de politique budgétaire. Dans l’ensemble, les portefeuilles ont tout de même généré un rendement tout à fait correct d’environ 40 à 70 points de base sur l’ensemble du trimestre. La situation est donc positive même si un rendement moyen d’un demi de 1 % n’est pas flamboyant sur une base trimestrielle. Les rendements sur un an sont cependant encore très impressionnants et se situent à l’intérieur d’une fourchette de 6 % à probablement 11 % selon les portefeuilles. Ces rendements sur un an sont plutôt vigoureux, malgré le recul du dernier trimestre.

Comme je l’ai mentionné quelques fois déjà, si l’on creuse un peu pour regarder sous la surface, on constate que différents facteurs jouent en ce moment. Par exemple, nos placements en actions canadiennes ont très bien fait au cours du trimestre dans le contexte de l’augmentation des prix de l’énergie. Les actions de certaines entreprises comme Birchcliff Energy ont offert un rendement extrêmement intéressant. En revanche, les titres bancaires ont plus ou moins fait du surplace. Certaines actions du secteur des produits de consommation comme Canadian Tire, Magna et Dorel ont offert un rendement plutôt ordinaire.

Aux États-Unis, les titres financiers autres que bancaires, notamment de sociétés comme Blackstone, AIG et Aon se sont tous appréciés de plus ou moins 20 % en cours de trimestre, un rendement très solide. Une de nos positions les plus performantes en cours de trimestre est celle détenue dans Dexcom, qui s’est appréciée de 31 %. Pour nos auditeurs, mentionnons que cette entreprise commercialise des systèmes de surveillance en continu du glucose. En revanche, l’action de FedEx, une des sociétés qui a pourtant le plus profité du commerce en ligne de produits et services, a plongé de 25 %. Par ailleurs, dans le secteur de l’automobile, les actions de GM et de Ford ont plongé en cours de trimestre tandis que celles de Tesla continuaient de grimper. Pour en revenir aux multiples mentionnés précédemment, GM et Ford continuent de se négocier à des multiples raisonnables soit, 7 et 18 fois les bénéfices respectivement. L’action de Tesla, quant à elle, s’est appréciée en cours de trimestre et se négocie désormais à 400 fois les bénéfices. Il ne semble pas exagéré de dire que les investisseurs misent sur la transition vers les véhicules électriques et pensent que Tesla sortira gagnante de cette transition.

Ensuite, sur les marchés internationaux, l’action de Icon, une société qui se spécialise dans les services de développement clinique et d’essais cliniques, s’est appréciée de 30 %. L’action de Novartis, elle, a perdu de la valeur. Ensuite, ce qui n’a rien d’étonnant dans le contexte de répression actuelle et de nos propos précédents sur le recul des marchés chinois, les actions de Tencent et d’Alibaba, deux des principales actions sur les marchés boursiers chinois, ont fait l’objet d’une liquidation massive. Par ailleurs, l’action du fabricant d’articles de sport japonais Shimano s’est appréciée de 27 %, ce qui s’explique peut-être par la flambée récente des prix de l’essence.

[Ian Taylor 20:01] Pour compléter ce que Craig vient de dire, il est certain que les marchés boursiers n’ont pas été aussi solides ce trimestre qu’au cours des trimestres précédents. Le temps est venu de regarder un peu sous le capot. Nous avons amorcé notre conversation d’aujourd’hui en parlant des marchés émergents, un des secteurs où nous avons été très prudents. Nous avons en effet sous-pondéré les titres des marchés émergents au début du printemps et pendant l’été. Ces décisions ont été bénéfiques.

Comme Craig l’a mentionné à propos des produits de base, certains de nos fonds, comme le Fonds d’occasions stratégiques MD, bénéficient directement et indirectement des craintes inflationnistes actuelles ce qui confirme le bien-fondé de notre approche globale des placements.

Le dollar américain a aussi affiché une belle vigueur et si vous avez bien suivi nos décisions, vous savez que nous avons commencé à être plus pessimistes pour nos positions en dollars américains depuis la fin de l’année dernière. Nous avons tout au long de l’année réduit ces positions qui se sont appréciées pendant le trimestre, ce qui a malgré tout profité à certains de nos actifs mondiaux ou libellés en dollars américains en portefeuille.

Quels sont les ajustements tactiques les plus dignes de mention apportés récemment? Quelle est actuellement notre position tactique?

[Ian Taylor 21:11] Dans l’ensemble, notre positionnement n’a pas beaucoup changé par rapport à ce qu’il était au trimestre précédent. Pour répondre à votre question, nous avons apporté certains ajustements en lien avec les attentes, dont nous avons déjà parlé, d’un resserrement probable des conditions financières à la marge et, vous savez, d’une diminution possible du potentiel de hausse des marchés boursiers.

Loin de nous l’idée d’affirmer que toute hausse du rendement est impossible d’ici 12 à 18 mois. Il en a d’ailleurs été beaucoup question pendant ce balado. Mais il est certain qu’il était plus prudent de réduire le poids relatif des actions. Et nous maintenons une surpondération prudente des actions plutôt qu’une surpondération intégrale par rapport à l’indice de référence.

Sur le plan des titres à revenu fixe, Craig a fait allusion au fait que nous prévoyons que les taux de rendement nominaux vont augmenter. Nous avons donc élagué certaines de ces positions sur une base tactique, mais la durée de notre portefeuille demeure sous-pondérée, ce qui le rend beaucoup moins sensible au potentiel de hausse des taux d’intérêt. Ce sont là deux des principaux changements tactiques que nous avons apportés.

Sur le plan des devises, nous nous sommes aussi de manière générale positionnés en prévision, comme nous l’avons dit, d’un certain fléchissement possible du dollar américain, et à l’autre bout du spectre, nous demeurons à l’affût de la vigueur constatée sur le marché des produits de base qui pourrait se traduire par l’appréciation du dollar canadien ou de la couronne norvégienne. Nous n’avons pas complètement liquidé toutes ces positions, mais nous en avons largué quelques-unes. Fondamentalement, nous sommes certainement moins exposés à ce que nous pourrions considérer comme des devises à bêta plus élevé et plus sensibles aux produits de base pour la période restante du trimestre en cours.

De plus, en ce qui concerne notre répartition sectorielle ou géographique, nous nous sommes éloignés d’un portefeuille aux orientations carrément cycliques, sans pour autant nous restreindre à un espace carrément défensif (nous avons maintenu la surpondération des titres énergétiques américains, ce qui a certainement joué en notre faveur). Toutefois, nous sommes également à la recherche de ce que nous appelons des secteurs à la solidité établie depuis plus longtemps appelés à bénéficier de l’essor de l’économie numérique, ce que nous avons trouvé dans le secteur des services de technologies de l’information et des communications ainsi que dans celui des produits de consommation discrétionnaire. Même si ces actions coûtent actuellement très cher, nous prévoyons qu’il y aura de la volatilité au fil du déroulement des événements.

Pour résumer mon propos, je dirais que nous faisons preuve de plus de prudence en ce qui concerne les instruments de placement plus risqués d’ici à que la transition prévue se produise, soit dans un trimestre ou deux, ce qui devrait nous permettre de prendre position et d’être plus sélectifs tout en bénéficiant de l’expansion économique continue que nous prévoyons tout au long de 2022.

[Craig Maddock 23:25] C’est vrai. J’ajouterais peut-être cependant, même si ce n’est pas évident dans mes propos et dans ceux de Ian, qui se soutiennent plus ou moins les uns les autres, qu’il y a beaucoup de discussions et de débats au sein de l’équipe actuellement. Les choses ne sont plus aussi claires qu’elles l’ont déjà été. Les prix sont plus élevés et le ratio entre le potentiel de hausse et le potentiel de baisse est peut-être un peu faussé dans le sens négatif des choses.

Nous n’annonçons pas une liquidation de nos actions ni de celles de qui que ce soit d’autre d’ailleurs, nous affirmons simplement que le potentiel de hausse est probablement plus limité pour l’instant. Alors, si les choses devaient mal tourner, la chute potentielle pourrait être plus prononcée. Disons que nous nous trouvons actuellement dans un environnement où il est plus difficile de naviguer. La bonne nouvelle est que nous nous trouvons en bonne position, ce qui nous permet d’ajuster constamment nos portefeuilles. Alors, lorsque nous nous reverrons le trimestre prochain, ne soyez pas surpris si notre position avait changé.

On dirait bien qu’une gestion active prudente du portefeuille est plus importante que jamais! Aimeriez-vous ajouter quelques mots pour conclure?

[Ian Taylor 24:16] Nous venons de mentionner qu’en raison de notre approche de placement, il est d’une grande importance que nous nous tenions au courant. Je pense aussi qu’il serait aussi important pour vous de rencontrer votre conseiller.

Beaucoup de choses ont changé sur les marchés financiers et je suis convaincu que c’est aussi le cas dans la vie personnelle de nombreux investisseurs qui sont à l’écoute. Si vous ne l’avez pas fait récemment, le moment est donc bien choisi pour communiquer avec votre conseiller afin de vous assurer que votre portefeuille et votre compréhension des marchés à point et afin d’entretenir votre relation qui prend une importance accrue au moment où nous entrons dans la prochaine phase du cycle économique.

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Ces présentations sont fournies uniquement à titre d’information et ne doivent en aucun cas être interprétées comme constituant des conseils en placement ou une invitation à se procurer certains titres. Pour en savoir plus sur la stratégie de gestion de patrimoine qui répondrait à vos besoins, veuillez consulter votre conseiller MD*.

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