La majorité de Boris : une bonne nouvelle pour les marchés boursiers britanniques

December 20, 2019 Wesley Blight

La sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne (le Brexit) est plus certaine qu’il y a quelques semaines après des élections qui se sont traduites par un appui massif au nouveau premier ministre britannique, Boris Johnson.

La victoire de Johnson a été suivie d’une semaine fertile en événements. La livre sterling a grimpé dans les derniers jours de la campagne électorale pour culminer lorsque le résultat électoral a été connu et redescendre lorsque Johnson a exprimé son intention d’adopter une loi qui interdirait que les négociations commerciales se poursuivent au-delà de la fin de l’année prochaine. L’indice FTSE 100 a grimpé dans les deux jours qui ont suivi le scrutin avant de redescendre un peu. Depuis, les investisseurs semblent dans l’expectative.

« L’effet Boris » a certes été de courte durée, mais il reste que l’élection d’un gouvernement qui pourrait enfin régler la question du Brexit est de bon augure pour les marchés financiers.

Pour les marchés, l’incertitude est le pire scénario

En bref, le résultat du scrutin britannique est bien accueilli par les marchés parce qu’il élimine en grande partie l’incertitude. La valse-hésitation qui perdurait à propos du Brexit pesait en effet sur les attentes des investisseurs depuis le référendum de juin 2016.

Outre leur différend sur la question du Brexit, les deux grands partis britanniques divergeaient d’opinion sur la gestion des finances publiques. S’il avait gagné, le Parti travailliste aurait augmenté les dépenses publiques de 37,8 % à 43,2 % du PIB d’ici 2023-2024. Le programme du Parti conservateur comprenait aussi des mesures de stimulation de l’économie, mais d’une ampleur moindre. (La différence entre les dépenses prévues par les deux partis est de 80 milliards de livres sterling par année, soit 3,5 % du PIB, en excluant les 32 millions de livres de dépenses annuelles additionnelles prévues dans le budget des investissements du Parti travailliste.) Les conservateurs ont fait campagne sur une promesse de faire du Brexit une réalité, ce qui abolissait toute ambiguïté.

Une victoire du Parti travailliste de Jeremy Corbyn laissait au contraire présager plusieurs ombres au tableau. Les dépenses promises auraient probablement gonflé la dette publique et augmenté les impôts des sociétés. Les plans de nationalisation de certaines sociétés d’infrastructure et la promesse de Corbyn d’un nouveau référendum sur le Brexit étaient par ailleurs très impopulaires, surtout dans les milieux d’affaires.

Surpondération tactique des actions britanniques

Nous avions la conviction que le cours des actions britanniques intégrait la possibilité d’un résultat défavorable du scrutin. Nous avons donc décidé au début de décembre de privilégier une modeste surpondération tactique des actions britanniques, car nous étions convaincus que le rendement de l’indice FTSE 100 était miné par le sentiment négatif entourant l’élection à venir et l’incertitude persistante liée au Brexit. À notre avis, les actions britanniques étaient et demeurent sous‑évaluées. Compte tenu de ce positionnement, l’issue la plus favorable du scrutin était pour nous l’élection d’un gouvernement conservateur majoritaire capable de régler définitivement la question du Brexit.

Perspectives boursières à court terme favorables au Royaume-Uni

Il va de soi que la conclusion des négociations commerciales sur le Brexit et la mise en place d’une transition en douceur ne seront pas une mince tâche pour le gouvernement de Boris Johnson. Nous pensons malgré tout que la conjoncture offre un potentiel haussier pour les actions britanniques au cours des 12 à 18 prochains mois.

Si une certaine part d’incertitude persiste, elle contribuera davantage à la volatilité de la devise britannique qu’à celle des marchés boursiers, ce qu’on observe d’ailleurs déjà. Soulignons aussi que la conjoncture économique au Royaume-Uni ne s’est pas détériorée aussi rapidement ni aussi fortement qu’on aurait pu s’y attendre. La croissance réelle a ralenti en phase avec l’économie mondiale, mais l’effondrement prévu par certains économistes ne s’est pas concrétisé.

Annoncé dans les heures qui ont suivi l’élection de Boris Johnson, l’objectif de forcer la conclusion des négociations sur le Brexit avant la fin de 2020 a effarouché les marchés. À notre avis, cette annonce n’est probablement qu’une tactique pour obliger l’Union européenne à s’asseoir rapidement à la table de négociation. À court terme, elle crée de l’incertitude et déstabilise la devise britannique, mais ne change en rien notre point de vue sur les actions britanniques qui, grâce à la levée de l’incertitude, généreront un rendement positif.

Depuis l’annonce du Brexit en 2016, de nombreux investisseurs institutionnels sous-pondèrent leurs positions sur les marchés boursiers britanniques. Avec le virage qui vient de s’opérer, nous pensons qu’ils seront nombreux à revoir cette sous-pondération structurelle, un effort qui s’étalera probablement sur quelques trimestres et qui influera aussi positivement sur le cours des actions britanniques.

Autre facteur favorable en vue

Nous pensons par ailleurs que les dépenses additionnelles en santé et en infrastructure promises par le nouveau gouvernement conservateur stimuleront l’économie britannique. La banque centrale dispose aussi d’une petite marge de manœuvre pour assouplir sa politique monétaire.

Les marchés s’attendent à des réductions de taux d’intérêt favorables à l’économie et ces attentes sont d’ores et déjà intégrées au cours des actions. Nous surveillerons donc étroitement la Banque d’Angleterre dont le gouverneur, Mark Carney, quittera son poste à la fin de janvier, car nous ne savons pas si son successeur réduira les taux pour atténuer en partie les risques liés au Brexit. Une telle manœuvre pourrait mener à une dépréciation de la livre en 2020. Ce facteur qui s’ajoute à la volatilité élevée que nous prévoyons explique en partie notre décision de maintenir une position neutre sur la livre sterling.

Dans l’ensemble, nous pensons que les marchés boursiers britanniques sont actuellement sous-évalués par rapport à d’autres marchés similaires. Les actions des sociétés britanniques sont donc en excellente position pour profiter de la relance de l’économie du Royaume-Uni.

Pour obtenir plus de renseignements sur les actions britanniques, sur la possibilité d’en intégrer à votre portefeuille ou sur vos placements en général, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD*.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

À propos de l'auteur

Wesley Blight

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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