La Chine se prépare aux tarifs américains

November 7, 2018 Ian Taylor

La croissance chinoise des 20 dernières années a été rien de moins qu’épique. En à peine deux décennies, la Chine qui était un acteur économique relativement mineur est devenue une puissance économique qui a affiché en 2017 un ronflant PIB de 12,24 billions de dollars américains. Deuxième économie mondiale, la Chine n’est devancée que par les États-Unis qu’elle finira par dépasser. Cette croissance phénoménale de la Chine et la taille même de son marché de consommation lui confèrent une importance grandissante pour les sociétés multinationales et pour l’économie mondiale.

Un jeu à somme nulle?

La mondialisation a favorisé la croissance de la Chine et des marchés émergents. Mais elle a aussi donné naissance à un assombrissement perçu des perspectives économiques des économies développées, un facteur sur lequel le président Donald Trump a tablé pendant une campagne agressive au cours de laquelle il a promis de rétablir l’équilibre en faveur des entreprises et des travailleurs américains.

Ces derniers mois, il s’est efforcé de tenir cet engagement en s’attaquant durement aux partenaires commerciaux traditionnels des États-Unis, y compris la Chine, d’où l’inquiétude des investisseurs qui craignent les retombées possibles sur l’économie et les marchés mondiaux d’une guerre commerciale tous azimuts entre les deux plus importants partenaires commerciaux dans le monde.

L’imposition par les États-Unis de tarifs encore plus élevés sur l’ensemble des importations chinoises semble de plus en plus inéluctable et les investisseurs cherchent déjà à en évaluer les retombées et à planifier la suite des choses. Voici les faits qu’il importe de garder à l’esprit selon nous :

La Chine est la cible principale des États-Unis

La Chine est assurément la principale cible de la politique commerciale des États‑Unis et « le retour à l’équité » la préoccupation au cœur de sa stratégie. Les propos suivants du représentant au commerce extérieur des États-Unis, extraits du rapport annuel de son organisation en témoignent éloquemment : [traduction] « Sous l'impulsion du président Trump, la politique commerciale des États-Unis est entrée dans une ère nouvelle. Pragmatique, il entend utiliser tous les leviers dont dispose la plus importante économie du monde pour ouvrir les marchés étrangers, accroître l’efficacité des marchés mondiaux et obtenir plus de justice pour les travailleurs américains. » (Source : USTR 2018 Trade Policy Agenda et 2017 Annual Report)

D’autres tarifs seront imposés… et la Chine s’y prépare

À moins d’importantes et hautement improbables concessions de la Chine, les États-Unis imposeront vraisemblablement des tarifs sur la totalité des importations chinoises (505 milliards de dollars américains). Les décideurs chinois se préparent plutôt par d’importantes mesures à atténuer l’effet des tarifs proposés avant même qu’ils soient mis en œuvre.

Entre autres mesures, la Chine dévaluera vraisemblablement sa monnaie et facilitera le crédit bancaire en réduisant substantiellement la valeur des réserves que les banques doivent détenir. La Chine a également réduit les impôts des petites et moyennes entreprises et des consommateurs, et a même diminué la taxe de vente sur les automobiles.

Ces mesures positives atténueront l’effet de la hausse des tarifs américains sur les produits et services chinois et permettront à l’économie chinoise de souffler, d’où un contexte favorable pour l’économie mondiale en 2019.

La croissance mondiale entre dans une phase de transition

Au jeu de la mondialisation, certains ont gagné et d’autres ont perdu, mais son effet globalement positif sur l’économie mondiale est largement reconnu. Certains signes apparus récemment semblent indiquer un essoufflement des effets de la mondialisation. Nous demeurons optimistes sur l’état général de l’économie et des marchés mondiaux, mais force est de reconnaître qu’à l’approche de 2019, la croissance de l’économie et des bénéfices ralentit.

La croissance mondiale générée par les échanges diminuera et les pays comme la Chine dont la croissance était tributaire du commerce international devront s’ajuster à la nouvelle donne par des réformes économiques d’importance. Les marchés, eux, s’ajustent déjà. Les titres sensibles au commerce mondial ont en effet offert cette année un rendement inférieur à celui des actions qui y sont moins exposées.

« Fait en Chine 2025 », un signe clair de l’intention de la Chine de faire de son marché intérieur le pivot de sa croissance

La Chine a été énormément avantagée par la mondialisation. À l’avenir, elle devra compter sur son marché intérieur et ses consommateurs pour générer de la croissance.

« Fait en Chine 2025 », le plan stratégique du pays pour se hisser dans le peloton de tête de la chaîne de valeur du secteur manufacturier reflète l’intention de la Chine de se tourner vers une croissance plus organique. La Chine aspire au statut de chef de file dans un certain nombre de secteurs technologiques de pointe et de fabrication avancée.

Positionnement de votre portefeuille

Au début de 2018, nous étions optimistes quant à l’évolution de la conjoncture économique mondiale, mais nous avions indiqué qu’à notre avis la croissance synchronisée de 2017 céderait la place à une expansion concentrée surtout en Amérique du Nord et plus particulièrement, aux États-Unis.

Nous maintenons notre préjugé favorable aux actions par rapport aux titres à revenu fixe, car la conjoncture demeure dans l’ensemble favorable aux marchés boursiers et à court terme, la probabilité d'une récession est très faible. Dans une perspective géographique, nous avons tout au long de l’année réduit le poids relatif des actions des marchés internationaux et émergents au profit des actions américaines. Nous nous sommes ainsi prémunis, dans une certaine mesure, contre la faiblesse récente des marchés internationaux et émergents causée en partie par les tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis qui créent, à notre avis, une incertitude appelée à perdurer.

Si vous désirez obtenir des précisions sur la place de la Chine au sein de l’économie mondiale ou dans votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD qui se fera un plaisir de vous donner de plus amples renseignements.

A propos de l'auteur

Ian Taylor

Ian Taylor, CFA, CIM, is an Assistant Vice President with the Investment Management and Strategy team at MD Financial Management. He oversees strategic and tactical asset allocation mandates, alternative investment mutual funds and is a member of MD’s Tactical and Risk Allocation Committee.

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