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La Banque du Canada relève son taux d’intérêt directeur à 1 %

Gravé Bank du Canada sur une mur de base de l'édifices bancaire.

Principaux points à retenir

  • La Banque du Canada a majoré le taux cible du financement à un jour à 1,0 %.
  • Le resserrement quantitatif débutera le 25 avril et d’autres hausses de taux sont à prévoir.
  • L’invasion de l’Ukraine et la pandémie continuent de faire grimper l’inflation.

Comme prévu, la Banque du Canada a relevé de 0,5 % le taux cible du financement à un jour, qui est maintenant de 1,0 %. Elle a par ailleurs annoncé son intention d’amorcer le resserrement quantitatif le 25 avril. Les obligations du gouvernement du Canada détenues par la Banque qui arrivent à échéance ne seront plus remplacées. 

Comme l’inflation demeure bien au-dessus de la cible de 2 % et que l’économie canadienne se trouve dans une phase de demande excédentaire, la Banque du Canada a réitéré que le resserrement quantitatif s’accompagnerait d’autres augmentations des taux d’intérêt. On devrait voir de 6 à 8 nouvelles majorations de 0,25 % en 2022.

La croissance mondiale demeure forte

Selon les dernières prévisions de la Banque, la croissance mondiale sera de 3,5 % (au lieu de 3,6 %) en 2022, de 2,5 % (au lieu de 3,4 %) en 2023 et de 3,2 % en 2024. Si la projection ne change pratiquement pas pour 2022, la Banque a cependant revu à la baisse la croissance mondiale en 2023 en raison de l’invasion de l’Ukraine, de la pandémie qui se poursuit et d’un nouveau resserrement anticipé des conditions financières. Voici ce qu’a indiqué la Banque :

« La guerre en Ukraine perturbe la reprise mondiale, alors que la plupart des économies se relèvent à peine de l’impact du variant omicron de la COVID-19. Les pays européens sont plus directement touchés par les effets sur la confiance et les bouleversements de l’offre découlant du conflit. »

« L’économie chinoise fait face à de nouvelles éclosions du virus et à une correction en cours du marché de l’immobilier. »

« Aux États-Unis, la demande intérieure reste très forte et la Réserve fédérale américaine a clairement indiqué sa ferme intention d’utiliser ses outils de politique monétaire pour maîtriser l’inflation. Avec la réduction des mesures de relance, la croissance aux États-Unis devrait se modérer pour s’établir à un rythme plus conforme à celui de la croissance potentielle. »

La croissance de l’économie canadienne est vigoureuse

De la même manière, la Banque prévoit que la croissance de l’économie canadienne atteindra 4,2 % (au lieu de 4,0 %) en 2022, 3,2 % (au lieu de 3,5 %) en 2023 et 2,2 % en 2024. La croissance est forte et l’économie entre dans une phase de demande excédentaire. Le marché de l’emploi est vigoureux et la hausse des salaires a retrouvé son rythme d’avant la pandémie.

Les taux de vaccination sont élevés, ce qui amoindrit les effets négatifs de la pandémie sur la santé et l’économie. On observe donc une hausse des dépenses de consommation avec l’assouplissement des mesures sanitaires. La reprise des exportations et des investissements des entreprises se poursuit, soutenue par la demande étrangère et la hausse des prix des produits de base.

La hausse des taux d’intérêt vise à juguler l’inflation

La Banque du Canada a indiqué : « Les entreprises sont de plus en plus nombreuses à déclarer qu’elles ont de la difficulté à répondre à la demande, et qu’elles peuvent répercuter les coûts plus élevés des intrants sur leurs clients en haussant les prix. » Par ailleurs, la Banque a revu à la hausse ses attentes d’inflation, qui sont maintenant de 5,3 % (au lieu de 4,2 %) pour 2022 et de 2,8 % (au lieu de 2,3 %) pour 2023. Elle prévoit une normalisation de l’inflation autour de la cible de 2,0 % en 2024. La Banque a toutefois indiqué qu’il y avait un risque croissant que les attentes relativement à une inflation élevée s’enracinent.

La forte demande mondiale, la hausse des prix de l’énergie et des aliments ainsi que les perturbations de l’approvisionnement continuent de soutenir l’inflation. 

L’annonce de la Banque du Canada est conforme à nos attentes

Mercredi, les cours boursiers ont augmenté, alors que les taux de rendement obligataires ont diminué. Il est important de souligner que le marché obligataire reflète déjà les hausses de taux anticipées par les banques centrales. Bien que l’annonce de la Banque du Canada soit sans surprise, les investisseurs ont tempéré leurs attentes quant aux hausses de taux à venir, car l’inflation de base (hors énergie et alimentation) est moins forte que prévu aux États-Unis et la croissance économique semble ralentir. Le huard a plongé pour atteindre son niveau le plus bas depuis quatre mois par rapport au dollar américain, avant de repartir en hausse après l’annonce des taux d’intérêt et du resserrement quantitatif.

Nous avons diminué récemment l’ensemble de nos positions en actions et affichons actuellement une sous-pondération. L’annonce de la Banque du Canada confirme notre point de vue : le resserrement des conditions financières et des politiques gouvernementales se poursuit et l’économie mondiale est plus à risque en raison du conflit en Ukraine. À l’heure actuelle, nous avons une légère sous-pondération en actions canadiennes, une légère surpondération en actions américaines, une sous-pondération en actions internationales et une pondération neutre en actions des marchés émergents.

En ce qui concerne les titres à revenu fixe, les taux de rendement des obligations canadiennes seront encore très volatils à court terme. Nous pensons toujours que les rendements reflètent déjà les futures majorations de taux d’intérêt mentionnées dans l’annonce de la Banque. Nous maintenons une stratégie de taux d’intérêt neutre et continuons de cibler un aplanissement des courbes de rendement aux États-Unis et en Allemagne. Nous avons modifié récemment notre positionnement en titres à revenu fixe et en liquidités dans nos portefeuilles pour diminuer le risque global de ces derniers et tenir compte de la situation actuelle. 

S’il est vrai que les taux d’intérêt ont augmenté considérablement en 2022, il faut se rappeler qu’ils sont toujours à un très bas niveau. Par ailleurs, si vous voulez mieux comprendre l’incidence des hausses de taux sur vos finances, au-delà de vos placements, vous trouverez des réponses dans cet article : Hausse des taux d’intérêt et conséquences pour les médecins. Si vous avez des questions concernant l’annonce de la Banque du Canada, notre positionnement ou les éventuelles conséquences pour vous, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseillère ou conseiller MD*.

La prochaine annonce de la Banque du Canada sur les taux d’intérêt est prévue le 1er juin 2022.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

 

À propos de l'auteur

Wesley Blight, CFA, CIM, FCSI, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif. Il est responsable des résultats des fonds communs et des fonds collectifs à revenu fixe et de type « équilibré » de MD.

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