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Épisode 23 : L’investissement responsable fait partie intégrante de notre processus de gestion des placements

Jean-François Bordeleau, directeur principal de la pratique professionnelle, et David Laroque, analyste de portefeuille chez Gestion financière MD (MD) discutent de l’investissement responsable chez MD, des raisons de son importance, de sa nature et des raisons pour lesquelles il fait désormais partie intégrante de notre processus de gestion des placements.

 

 

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Avertissements juridiques et transcription intégrale ci-dessous
Le balado L’Analyste MD est actuellement offert en anglais seulement.

 

Nous remercions une fois encore tous les médecins et professionnels de la santé qui prennent soin de nous en ces temps difficiles. Pendant que vous vous consacrez à la santé de la population, nous, chez MD, sommes déterminés à protéger le fruit de votre dur labeur. Nous sommes là pour vous et votre famille. Si vous avez des questions sur les sujets abordés dans le balado ou sur votre plan financier, nous sommes là pour vous aider.

Pourquoi l’investissement responsable est-il si important pour MD?

[Jean-François Bordeleau 0:55] Vous savez Alex, votre question me ramène presque 25 années en arrière, à l’époque de mes débuts chez MD. Une des premières notions qu’on m’a inculquées à ce moment était que MD comprenait les médecins et que nous étions ceux qui les connaissaient le mieux. Pour y arriver, il fallait d’abord comprendre les valeurs qu’épousent les médecins canadiens. Or l’investissement responsable, ou plutôt le concept d’investissement responsable, est en lien direct avec ces valeurs.

Vous savez, lorsque je lis le mot « responsable », je comprends qu’il est question d’une volonté de ne causer aucun tort ou d’en causer le moins possible, de faire le bien et d’apporter une contribution utile. Lorsqu’il est question de valeurs environnementales et sociales, je sais qu’un grand nombre de médecins y sont attachés et que nous devons donc y accorder une attention particulière.

Comment créer de la valeur à long terme pour nos clients en faisant la promotion de changements positifs?

[David Laroque 2:01] Merci de poser cette question Alex. MD s’est efforcée de concevoir un cadre d’investissement responsable robuste qui respecte les valeurs de base de ses investisseurs. Nous sommes convaincus que l’intégration des principes d’investissement responsable à notre processus contribuera à l’obtention pour nos clients d’un rendement à long terme supérieur.

Nous avons au plus haut niveau adopté une politique d’investissement responsable qui officialise l’intégration au processus de placement de facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance. Cette politique s’applique à tous les portefeuilles gérés par MD et est conforme aux six principes fondamentaux de l’investissement responsable soutenus par l’ONU.

Outre le cadre global créé par sa politique de placement, MD a aussi démontré qu’elle est à l’écoute de ses clients et qu’elle est sensible aux enjeux qui comptent pour eux. La décision d’exclure les titres des sociétés des secteurs du tabac et du cannabis de nos portefeuilles en est une illustration très claire. Nous utilisons en effet un processus de sélection négative pour nous assurer que nos fonds ne font aucun placement direct dans des sociétés fabriquant des produits du tabac ou du cannabis.

Je m’en voudrais aussi de ne pas souligner à cet égard nos fonds d’obligations et d’actions sans combustibles fossiles dont la création découle des opinions fermes exprimées par certains de nos clients qui ne voulaient plus détenir de titres d’entreprises actives dans ce secteur. Si nous reconnaissons que sur le strict plan financier, il ne s’agit pas nécessairement de la meilleure décision pour tous les clients, il reste que ces produits sans combustible fossile offrent une solution aux clients dont les valeurs entrent en conflit avec la détention de titres d’entreprises pétrolières et gazières, même celles qui sont le plus responsables sur le plan environnemental.

En quoi notre processus de placement intègre-t-il les facteurs liés au concept d’investissement responsable?

[David Laroque 3:18] Comme je l’ai mentionné précédemment, l’approche d’investissement responsable de MD est énoncée dans sa politique de placement responsable affichée sur son site Web et sur mdm.ca. Cette approche ne relève pas d’une stratégie de marketing particulièrement pointue, mais découle plutôt d’un ensemble de principes appliqués à la gestion de tous nos portefeuilles.

En tant que dépositaire des capitaux de nos clients, nous jugeons important de bien comprendre tous les risques associés à leurs placements, que ces risques soient conventionnels ou liés à des questions d’ESG. Personne ne souhaite être actionnaire d’une entreprise touchée par un scandale qui vient de faire la manchette, car cela n’apporte rien de valable. Plus important encore, ce genre de scandale nuit au rendement des placements des investisseurs.

En d’autres termes, nous cherchons le meilleur rendement ajusté en fonction du risque à notre portée en tant que fiduciaires. Et en 2022, pour y arriver, nous devons tenir compte des risques liés aux facteurs ESG et [être] actifs dans l’espace de l’investissement responsable.

Nous appliquons donc une stratégie qui repose sur quatre piliers. Premièrement, nous cherchons à intégrer les valeurs de nos clients, ce qui peut se traduire par la mise en place de mécanismes comme notre processus de sélection négative des sociétés des secteurs du tabac et du cannabis, par l’ajout de fonds sans combustibles fossiles à notre gamme de produits ou par l’importance particulière accordée à certaines questions d’ESG qui comptent pour nos clients.

Deuxièmement, nous considérons que les questions d’ESG font partie intégrante de notre processus de placement et nous nous efforçons de bien comprendre en tout temps la composition de nos portefeuilles. En leur qualité de gestionnaires actifs attitrés, nos équipes de placement tiennent compte depuis de nombreuses années d’un large éventail de facteurs ESG dans leur processus de placement. Mais plutôt que d’appliquer passivement les principes de l’investissement responsable, nous effectuons nous-mêmes des recherches et des analyses approfondies et exclusives. MD confie aussi une partie importante de son actif sous gestion à des gestionnaires de l’extérieur. Nous nous efforçons d’appliquer à ces placements un filtre ESG similaire et à cet effet, notre équipe de Gestion multiactif rencontre régulièrement nos gestionnaires de l’extérieur pour scruter les titres détenus, détecter tout titre potentiellement problématique et exiger des mesures. Lorsque nous en trouvons, nous intervenons auprès de nos sous conseillers pour leur faire connaître nos préoccupations en matière d’ESG, que ce soit dans notre rapport annuel de gestion des biens ou en leur adressant des demandes spéciales à l’égard de certains placements.

Notre troisième pilier est notre stratégie consistant à s’engager auprès des entreprises dont nous détenons des titres. En tant que dépositaires de vos capitaux, nous préférons souvent nous engager constructivement auprès des entreprises plutôt que de nous défaire de notre participation. Nous avons donc choisi de nous faire entendre par la direction des entreprises dans lesquelles nous effectuons des placements en exerçant nos droits de vote par procuration et parfois, par une action plus directe. De cette manière, MD peut revendiquer au nom de ses clients des améliorations et des changements sur des enjeux clés qui exigent le vote des actionnaires.

Le dernier pilier de notre stratégie consiste à collaborer avec des organisations dont nous partageons les valeurs. Entre autres exemples, mentionnons l’ONU, dont nous appuyons les principes pour l’investissement responsable (PRI) comme d’ailleurs plus de 90 % des sous-conseillers avec qui nous collaborons. Nous sommes aussi membres de l’Association pour l’investissement responsable du Canada, et nous sommes partenaires de nombreuses autres organisations ayant des visées semblables.

Nous parlons beaucoup des valeurs de nos clients, mais quelles sont-elles au juste?

[Jean-François Bordeleau 6:08] Il y en a quelques-unes Alex et je tiens quand même à revenir à votre question, parce qu’il y a quelques mots-clés dans celle-ci dont un qui a une influence déterminante.

David nous nous a parlé un peu plus tôt de sélection négative, un des outils à notre disposition. Toutefois, investir de manière responsable (le concept d’investissement responsable) ne consiste pas simplement à larguer les titres de certaines sociétés, mais plutôt à prendre des décisions réfléchies et à en comprendre les retombées. Lorsqu’un placement ne correspond pas exactement à ce que nous recherchions ou à ce que nos clients recherchent, nous nous efforçons de nous engager auprès de l’entreprise, d’influer sur celle-ci afin de provoquer un changement positif.

Lorsque nous parlons à nos clients de notre adhésion à des valeurs qui leur ressemblent, nous parlons souvent, comme nous l’avons mentionné précédemment, de questions environnementales (E) ou sociales (S) et de questions de gouvernance (G). De ces trois catégories, les questions environnementales sont celles qui suscitent le plus l’adhésion de nos clients1. C’est l’une des raisons qui explique la création des fonds sans combustibles fossiles que nous offrons à nos clients afin que ceux qui souhaitent pousser leur démarche plus loin aient à leur disposition un produit qui correspond à leurs attentes et à leurs valeurs. Voilà un bon exemple Alex.

Entre autres exemples, mentionnons le principe d’innocuité. En général, les médecins aident les gens à vivre en meilleure santé. Donc, il y a de très nombreuses années, lorsque MD appartenait encore à l’Association médicale canadienne, une résolution a été adoptée par l’AMC affirmant qu’elle ne pouvait éthiquement encourager par ses placements les sociétés actives dans le secteur du tabac. Il va de soi qu’à l’époque, en tant que division de l’AMC, nous avons appliqué cette sélection négative à nos solutions de placement et ce principe a été maintenu même lorsque l’entreprise a changé de main afin de bien montrer aux médecins notre compréhension de leurs appréhensions.

Toutefois, les questions environnementales et sociales sont probablement le dernier élément sur lequel nous nous sommes penchés lorsque nous avons lancé les fonds sans combustibles fossiles. Nous savions, d’après les commentaires de certains de nos premiers investisseurs, qu’il y avait d’autres questions auxquelles ils attachaient plus d’importance. L’une de ces questions était celle des armes, du matériel militaire et de ce qu’il était possible de faire à cet égard tout en continuant de nous acquitter de nos obligations d’offrir un certain rendement sur les placements de nos clients. Nous avons donc décidé d’ajouter un autre filtre à propos des armes controversées.

Le principe général est donc d’être à l’écoute des clients, de s’efforcer de comprendre leurs valeurs, de les sonder de temps à autre pour valider ces valeurs et de leur proposer des solutions qui s’en rapprochent. Pour les questions plus complexes, il nous faut à tout le moins prendre en considération ces valeurs lorsque nous intervenons auprès des gestionnaires de portefeuille ou de la direction des entreprises en portefeuilles afin d’influer sur des décisions parfois difficiles.

Quels sont les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) et pourquoi sont-ils importants?

[David Laroque 9:07] Voilà une question à laquelle je suis heureux de répondre, Alex. Il y a beaucoup de choses à en dire. Chaque facteur comporte de nombreuses sous-questions à approfondir, mais je vais simplement essayer de le faire de la manière la plus générale possible dans le contexte de notre balado.

Commençons par les facteurs qui retiennent le plus l’attention, soit les facteurs environnementaux qui touchent un large éventail d’enjeux. Comme vous le savez, la question environnementale englobe tout ce qui concerne les changements climatiques, l’empreinte carbonique, l’emballage excessif et le gaspillage de produits, et la durabilité des ressources naturelles. La plupart des entreprises cherchent actuellement à réduire les retombées environnementales de leurs activités et leur empreinte carbonique. En plus d’aider la planète, ces pratiques peuvent aussi avoir des effets financiers positifs. Par exemple, en réduisant la quantité de matériaux utilisée dans les emballages, on réduit inévitablement les dépenses et on accroît l’efficacité énergétique, ce qui contribue au bénéfice de l’entreprise.

Nous vivons dans une société qui, avec l’aide du législateur, s’efforce de tenir les entreprises de tous les secteurs responsables des retombées environnementales de leurs activités. Les entreprises se fixent donc des objectifs de carboneutralité, s’assurent que leurs immeubles sont certifiés écologiques et accroissent leur durabilité en utilisant des ressources renouvelables. Toutes ces questions relèvent donc du pilier environnemental. Et, vous savez, même si la plus grande partie des torts causés à l’environnement le sont probablement par quelques très grandes sociétés, l’espoir subsiste que les pressions exercées par les parties prenantes créeront un mouvement qui incitera les actionnaires à voter, ce qui contribuera à l’adoption de méthodes d’exploitation de plus en plus durables dans les chaînes de valeur et d’approvisionnement de multiples secteurs.

En ce qui concerne le deuxième pilier (celui des facteurs sociaux), il est plus difficile à définir. Fondamentalement, il porte sur l’acceptation sociale des activités des entreprises. L’entreprise traite-t-elle bien ses employés? Est-elle un bon voisin, à l’échelle locale et mondiale? Est-elle un membre apprécié de la communauté où elle exerce ses activités? Si nous creusons un peu pour répondre à ces questions, nous obtenons un aperçu de la manière dont l’entreprise serait évaluée par un organisme de notation ou une société de placement.

Les enjeux clés pour les employés peuvent varier des parcours professionnels offerts aux mesures de santé et de sécurité au travail. Ces questions s’étendent aussi aux chaînes d’approvisionnement de l’entreprise. Quelles sont les normes de sécurité et les pratiques de travail des fournisseurs? Leurs employés sont-ils payés correctement? Le milieu de travail est-il sûr? De nombreuses grandes sociétés ont éprouvé des difficultés sur ces points dans le passé et les pressions du public les ont forcées à améliorer leurs pratiques. Toutes les questions de cette nature relèvent du pilier social de notre stratégie.

Parmi les autres facteurs qui pourraient s’ajouter aux facteurs sociaux, mentionnons les relations de l’entreprise avec les parties prenantes à ses activités. L’entreprise est-elle constamment sur le radar des organismes de réglementation? Les gens sont ils fiers de sa présence dans leur communauté? Nous avons vu dans le passé des entreprises qui ont profité de leur position pour, même si je n’aime pas prononcer cette expression, appliquer une politique dite de la « terre brûlée » dans les communautés où elles exerçaient leurs activités. Pourtant, c’est bien ce qu’ont fait certaines d’entre elles. Il suffit de penser aux villes minières abandonnées ou aux zones de coupes forestières à blanc. Grâce à cette insistance accrue mise sur les facteurs ESG, il est à espérer que le comportement des entreprises changera et qu’elles accepteront d’emblée d’adopter des pratiques plus durables.

Le dernier pilier est celui de la gouvernance. Il englobe toutes les questions ayant trait à la direction des entreprises, à la rémunération des cadres et des membres du conseil d’administration, aux audits internes et aux contrôles, à la lutte à la corruption et aux droits des actionnaires. Fondamentalement, il s’agit des structures de gouvernance des entreprises et de leurs comportements. Nous étudions dans quelle mesure la direction de l’entreprise et son conseil d’administration harmonisent les intérêts des différentes parties intéressées aux activités de l’entreprise. Qu’il soit question des employés, des fournisseurs, des actionnaires ou des clients, l’entreprise redonne-t-elle à la communauté où elle est installée? Outre les pratiques fondamentales de bonne gouvernance, comme la communication de l’information financière appropriée et les audits, nous cherchons à évaluer les entreprises en tenant compte d’un plus large éventail de questions. Nous analysons la composition du conseil d’administration et le taux de roulement au sein de celui-ci, car il faut éviter que certains administrateurs s’incrustent. Nous analysons aussi les questions de diversité et d’inclusion, non seulement au sein de l’effectif, mais aussi aux plus hauts niveaux de la direction. Nous voyons d’un bon œil les mesures incitant les administrateurs et les dirigeants à avoir un intérêt acquis dans le succès durable à long terme de l’entreprise. Un des meilleurs moyens pour y arriver consiste à lier les primes versées aux dirigeants à des facteurs autres que le chiffre d’affaires ou les bénéfices. Elles peuvent notamment être liées à la satisfaction des employés ou des clients, ou à l’atteinte de certaines cibles environnementales.

Ce pilier est celui qui s’intéresse à la différence que peut faire un actionnariat actif qui exerce tous les ans ses droits de vote par procuration à l’égard des propositions soumises au vote de la direction et des actionnaires. Si le conseil d’administration est perçu comme se traînant les pieds sur un enjeu ou comme agissant exclusivement dans son propre intérêt, des investisseurs engagés pourront s’opposer à lui. Il n’est plus rare que des propositions de l’actionnariat sur la diversité, la durabilité et la communication d’information soient adoptées malgré les objections de la direction.

Pourriez-vous nous en dire un peu plus sur la manière de pousser les entreprises à faire mieux et donner quelques exemples?

[David Laroque 13:19] Absolument, avec plaisir. Je pense que pour agir au plus haut niveau, il est souvent plus facile d’obtenir des changements si vous avez une « voix au chapitre ». Or, comme JF le mentionnait tout à l’heure, dans le cas des entreprises des secteurs du tabac et du cannabis, nous appliquons un processus de sélection négative, ce qui nous exclut d’office des décisions sur la manière dont ces entreprises sont gérées.

En revanche, lorsque nous faisons partie de l’actionnariat d’une entreprise et que nous avons droit de vote à l’assemblée annuelle des actionnaires, nous pouvons nous faire entendre. Une manière pour nous d’être des actionnaires actifs consiste à exercer nos droits de vote par procuration. MD a donc recours aux services d’ISS pour utiliser ces droits de vote en son nom en vertu de sa politique sur le développement durable, ce qui nous incite parfois à voter contre les recommandations de la direction d’une entreprise sur des enjeux fondamentaux pouvant toucher à toute une gamme de sujets allant de la diversité de l’effectif aux investissements durables en passant par la divulgation d’information additionnelle.

À titre d’exemple du genre de vote par procuration découlant d’un actionnariat actif, mentionnons ce qui est arrivé récemment chez Exxon Mobil, en 2021, je crois. Un groupe d’actionnaires exerçait des pressions pour que des changements soient apportés au conseil d’administration d’Exxon afin que l’entreprise agisse enfin et s’engage dans la lutte aux changements climatiques et améliore son rendement financier médiocre. Ce dossier touchait à deux de nos piliers fondamentaux et démontre bien le pouvoir que détiennent des investisseurs actifs convaincus. En prévision de ce vote par procuration dont Exxon savait qu’il allait être contesté, l’entreprise a déployé pendant six mois beaucoup d’efforts pour apaiser les actionnaires. Elle a créé une nouvelle division de la réduction des émissions de carbone et déplacé quelques administrateurs, mais au bout du compte, ce ne fut pas suffisant. Les dirigeants, qui avaient tenté de discréditer les arguments avancés par les actionnaires, ont finalement subi une défaite retentissante à l’occasion du vote par procuration annuel. À la suite de l’élection de trois nouveaux administrateurs, MD a voté avec les actionnaires et contre les recommandations de la direction.

Nous nous sommes aussi engagés directement auprès d’entreprises au nom de nos investisseurs lorsque nous avions des préoccupations en ce qui concerne leurs pratiques en matière d’ESG. Sans entrer trop dans les détails, disons que nous avons eu au cours de la dernière année des entretiens avec des sociétés des secteurs pétrolier et gazier, des métaux précieux et des services financiers, entre autres, afin d’obtenir leur point de vue sur les enjeux globaux d’ESG ainsi que sur d’autres questions les touchant de plus près. Même si ces discussions ne visaient aucun résultat précis, nous estimions qu’il était important pour nous de nous enquérir auprès de ces entreprises de leurs pratiques d’ESG dans le cadre de notre processus de placement, car nous devons offrir à nos clients le meilleur rendement ajusté en fonction du risque possible et en nous engageant ainsi auprès des entreprises, nous obtenons une information précieuse sur les risques de placement qu’elles représentent.

Lorsque nous parlons de collaborer avec d’autres organisations pour faire progresser les pratiques d’investissement responsable, que voulons-nous dire au juste?

[Jean-François Bordeleau 15:40] Nous collaborons avec certaines associations et sommes partenaires d’autres groupes dans certains domaines.

Je vais d’abord parler de la collaboration interne, Alex. La Banque Scotia a bel et bien une stratégie en matière d’ESG. Elle s’est aussi dotée d’un plan d’action pour s’améliorer dans le dossier des questions d’ESG. Nos équipes communiquent régulièrement avec les responsables de ces questions à la Banque Scotia afin de nous assurer que sans égard à la situation ou aux mesures en place, elles travaillent conformément à cette stratégie et à ces principes.

Plus tôt, David a mentionné que MD est signataire des principes pour l’investissement responsable de l’ONU (les "PRI") et est aussi membre de l’Association pour l’investissement responsable du Canada. Les signataires des PRI des Nations Unies sont en réalité un groupe constitué des principaux promoteurs de l’investissement responsable. Ce groupe a pour mandat de chercher à comprendre les retombées des facteurs ESG sur l’investissement et de faciliter l’intégration de ces facteurs à la prise des décisions de placement et de détention des titres.

Tous ces faits correspondent assez étroitement à ce que David nous a communiqué dans notre entretien d’aujourd’hui. Maintenant, en ce qui concerne l’Association pour l’investissement responsable, il s’agit d’un organisme canadien. C’est l’association de notre industrie à qui il incombe de promouvoir l’investissement responsable dans notre pays. Les membres de cette association sont d’autres sociétés comme la nôtre, des gestionnaires d’actif, des propriétaires d’actif, quelques conseillers et des fournisseurs de services qui souhaitent promouvoir l’investissement responsable et l’achat responsable de placements au Canada. Voilà quelques-uns de nos partenariats et collaborations.

En conclusion, souhaitez-vous nous faire part de quelques sujets de réflexion?

[David Laroque 17:33] Je pense qu’il faut probablement souligner que l’investissement responsable, et les facteurs ESG en particulier, évolue rapidement. La qualité et la quantité de données accessibles à des fins d’analyse ont considérablement augmenté ces dernières années. À mon avis, les agences de notation travaillent encore actuellement à perfectionner leurs méthodes pour bien saisir les effets de cette évolution. Il est souvent question dans la comptabilisation des émissions de carbone des périmètres 1, 2 ou 3 (les « scopes »). Il s’agit à mon avis d’une question complètement différente, mais qui nous ramène à l’énorme quantité de données accessibles et à la capacité de les interpréter, qui n’est pas encore vraiment à mon avis une science exacte.

Nous avons parfois l’impression que les facteurs ESG existent depuis très longtemps, pourtant dans l’univers des placements, il s’agit encore plus ou moins d’une nouveauté. Quoi qu’il en soit, j’entends continuer de travailler à mieux comprendre ces questions en tant que personne responsable qui investit au nom de nos clients.

[Jean-François Bordeleau 18:22] Je retiens surtout de ce qui a été dit ici aujourd’hui que nous en sommes encore aux premières étapes. La preuve en est que le concept d’investissement responsable prend un sens différent selon la personne à qui l’on s’adresse. Si nous mettions dix personnes dans une pièce et que nous leur demandions à tour de rôle de définir le concept d’investissement responsable, nous obtiendrions probablement dix réponses différentes.

Pour certaines, l’investissement responsable consiste à se défaire des placements qui ne conviennent pas ou à s’abstenir d’en acquérir. Cette approche est parfois la bonne. Nous y avons même recours pour certaines des solutions que nous proposons à nos clients, comme nos fonds sans combustibles fossiles et notre processus de sélection négative qui vise les sociétés du secteur du tabac. Toutefois, le concept d’investissement responsablement est plus que cela. Il suppose d’obtenir voix au chapitre sans pour autant investir sciemment dans les entreprises les plus controversées. Nous devons être conscients des entreprises auxquelles nous nous exposons. Toutefois, lorsque nous détenons des titres de certaines entreprises qui sans être parfaites, sont intéressantes, nous pouvons chercher à exercer une influence pour les pousser dans la bonne direction de manière durable. Voilà à mon avis une approche qui revêt une grande importance.

Lorsqu’il est question d’investir de manière responsable, et qu’il faut aborder les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance, il y a plus d’une manière d’arriver à nos fins. Dans cet ordre d’idées, j’aime vraiment ce que nous arrivons à faire par l’entremise de notre famille de fonds MD et des différents produits que nous proposons à nos clients et grâce aux processus que nous appliquons. Je suis fermement convaincu que notre manière de procéder se rapproche des valeurs défendues par les médecins et qu’elle répond aux besoins de la majorité des médecins canadiens qui se soucient des enjeux entourant le concept d’investissement responsable.

Nous avons aussi accès à d’autres options de placement. Par conséquent, lorsqu’une personne est à la recherche d’un placement très précis, nous pouvons l’aider à trouver la solution, si tant est qu’elle existe. J’aime vraiment la possibilité qui s’offre à nous en ce moment et l’offre que nous proposons aux clients dans cet espace.

1 Sondage effectué auprès des clients en mars 2022. Lorsqu’on leur a demandé de classer les questions environnementales, sociales ou de gouvernance selon l’importance qu’ils leur accordent, 63 % des répondants ont indiqué que les questions environnementales étaient les plus importantes. Les questions sociales et de gouvernance ont été respectivement classées comme les plus importantes par 19 % et 18 % des clients sondés.

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* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

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