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Devises : gestion des risques et des possibilités

Les avantages d’un portefeuille diversifié sur le plan géographique sont bien connus : plus d’options de placement, moins de concentration régionale, meilleur potentiel de rendement et moins de risques. Les placements étrangers exposent cependant le portefeuille au risque de change, qui est malgré tout lui aussi porteur de possibilités.

Par exemple :

Un investisseur canadien détient des actions de la Société ABC libellées en dollars américains (USD) et inscrites à une bourse américaine.

Scénario 1

Aucun changement dans le taux de change entre le dollar canadien (CAD) et le dollar américain

Scénario 2

Dépréciation de 1 % du CAD par rapport au USD

Scénario 3

Appréciation du CAD de 1,0 % par rapport au USD

Rendement de la Société ABC (en USD) : 7,5 %

Rendement des devises : 0,0 %

Rendement total (en CAD) : 7,5 %

Rendement de la Société ABC (en USD) : 7,5 %

Rendement des devises : 1,0 %

Rendement total (en CAD) : 8,5 %

Rendement de la Société ABC : 7,5 %

Rendement des devises : -1,0 %

Rendement total (en CAD) : 6,5 %

Le risque de change (aussi appelé risque de cours de change ou risque de cours) découle du fait que les titres étrangers sont libellés dans la devise de leur pays d’inscription. Pour l’investisseur canadien, la valeur de la devise dans laquelle un titre étranger est libellé par rapport à celle du dollar canadien influe donc sur le rendement total. Comme on le voit dans les scénarios ci-dessus, il est plus prudent de mettre en place une stratégie appropriée de gestion des devises.

L’élimination du risque de change (et des possibilités) n’est pas une panacée

Pour certains, la solution au risque de change consiste à le couvrir ou à l’éliminer. En pratique, c’est donc accepter le scénario 1 et renoncer au scénario 2 pour atténuer le risque (et éviter le scénario 3). Pourtant, la couverture du risque de change ne réduit pas nécessairement le niveau de risque global d’un portefeuille d’actions.

En fait, les données indiquent plutôt que la volatilité d’un portefeuille d’actions étrangères sans couverture est, après reconversion en dollars canadiens, inférieure à la volatilité d’un portefeuille comparable avec couverture. Pourquoi donc? La réponse réside dans la nature de notre économie et dans le comportement de notre monnaie.

Comme l’économie canadienne est axée sur les ressources, le dollar canadien tend à être procyclique (ses fluctuations vont dans le sens de la conjoncture économique). Habituellement, lorsque la volatilité s’accroît (surtout si elle est liée à un ralentissement économique), les prix des produits de base ont tendance à diminuer et le dollar canadien, à se déprécier. Le rendement des placements étrangers se trouve alors à être supérieur après reconversion en dollars canadiens (comme on le voit dans le scénario 2), d’où une volatilité inférieure.

Si elle ne fait pas l’objet d’une bonne gestion, la couverture du risque de change peut donc amplifier la volatilité globale d’un portefeuille d’actions et n’est donc pas la solution idéale. Pour l’investisseur canadien, la diversification additionnelle ouvre en revanche des possibilités attrayantes.

Effet global sur le portefeuille

Il importe de comprendre que si un portefeuille est diversifié dans plusieurs régions, les nombreuses devises représentées se comporteront différemment les unes des autres. Dans nos portefeuilles d’actions à gestion active et à devises multiples, on en compte plus de trente. Du fait de notre gestion active, la pondération de ces devises s’écarte souvent de celle des indices de référence des différents fonds.

Certaines devises sont liées à des titres plus risqués, comme les actions. C’est particulièrement vrai des devises procycliques, notamment celles de marchés émergents ou d’économies axées sur les produits de base. D’autres, comme le yen japonais, le franc suisse et le dollar américain, sont considérées comme des devises refuges.

Abstraction faite des risques financiers d’ordre général, certains marchés boursiers sont plus sensibles aux fluctuations de la monnaie locale. Par exemple, les actions japonaises ont une corrélation fortement négative avec le yen. Généralement, plus le yen est fort, plus les actions japonaises se déprécient, et inversement. À cause de cette corrélation négative, les opérations de couverture du yen ont tendance à accentuer la volatilité du rendement des actions japonaises. Comme c’est le cas pour les actions en dollars canadiens, une couverture active du yen peut dans les faits accroître le risque que représente une position en actions japonaises.

Le réal brésilien (économie émergente et fortement axée sur les produits de base) affiche des caractéristiques opposées. En règle générale, le réal entretient une corrélation positive avec les actions brésiliennes. Pendant les périodes de stress économique, les produits de base sont soumis à des pressions et les investisseurs cherchent à atténuer leurs risques en délestant leurs actions issues de pays émergents, ce qui met une pression à la baisse sur les actions brésiliennes et sur le réal. Dans un tel cas, les opérations de couverture du réal réduisent la volatilité.

Il n’existe pas pour autant de règle absolue disant de couvrir ou de ne pas couvrir telle ou telle devise. D’autres facteurs entrent en jeu (dont certains sont mentionnés à la section suivante). Pour gérer efficacement de multiples devises, il faut comprendre les interactions de chacune avec l’ensemble du portefeuille afin d’optimiser le rendement ajusté en fonction du risque. Jusqu’ici, nous avons traité du risque de change, de ses effets sur le rendement et des bienfaits d’une bonne gestion active.

En créant un classement prospectif des devises pour avoir une idée de celles qui sont les plus susceptibles de s’apprécier ou de se déprécier par rapport au dollar canadien ou par rapport à d’autres devises représentées dans le portefeuille, il est possible d’évaluer l’importance relative du risque de change par rapport au risque global du portefeuille. Ensuite, nous pouvons créer un processus de gestion dynamique des devises qui devrait avoir sur le rendement ajusté en fonction du risque un effet plus bénéfique que de simples opérations de couverture passives ou l’absence de toute mesure.

Gestion des risques et des possibilités

Chez MD, nous établissons des perspectives pour toutes les devises et en faisons un classement dans le cadre du processus de gestion de tous nos fonds communs et collectifs comportant un volet d’actions étrangères. Nous gérons ainsi activement les possibilités et les risques liés aux devises.

Comme c’est le cas pour les obligations et les actions, certaines stratégies peuvent créer de la valeur avec le temps. Voici quelques exemples de stratégies utilisées dans la gestion des devises :

Différentiels de taux d’intérêt

Évaluation

Tendances

Emprunter dans des devises ayant un taux d’intérêt inférieur et prêter dans des devises ayant un taux d’intérêt plus élevé pour encaisser la différence.

Comparer le pouvoir d’achat et le taux de change d’une devise pour établir si elle est sous-évaluée ou surévaluée, et si oui, dans quelle mesure.

Cerner les tendances des taux de change peut être une stratégie rentable, comme c’est le cas pour d’autres catégories de titres, notamment les actions.

Grâce aux processus de gestion des risques de MD, nous arrivons à établir avec une facilité relative quels sont parmi les risques de change ceux qui diluent le risque global et ceux qui l’amplifient. Nous pouvons ensuite appliquer le classement prospectif des devises pour déterminer celles qui sont les plus susceptibles de s’apprécier ou de se déprécier. De là, nous concevons une stratégie de gestion dynamique des devises pour l’ensemble du portefeuille dans l’espoir d’ajouter de la valeur tout en ayant un meilleur contrôle du risque global.

Pour plus de renseignements sur les placements offerts par MD ou sur votre portefeuille, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD*.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

Mark Fairbairn, CFA, B.Ing., est vice-président adjoint au sein de l'èquipe Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions non nord-américaines ainsi que du volet de superposition des devises des fonds d’actions.

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