Conflit international : la détérioration des relations États-Unis–Iran et ses effets sur les marchés et votre portefeuille

January 13, 2020 Edward Golding

Le 3 janvier, à l’aube de la nouvelle décennie, les Occidentaux ont appris dès le réveil que les États-Unis avaient tué le puissant général iranien Qasem Soleimani dans une attaque de drone. Qui était Qasem Soleimani? Quelles sont les répercussions de cet assassinat sur la paix dans la région? Une escalade éventuelle du conflit change-t-elle notre perspective sur les placements?

Le major-général Qasem Soleimani, un homme influent dans la région

Né le 11 mars 1957, Soleimani s’est joint aux Gardiens de la révolution en Iran en 1979, dans le sillage de la révolution qui a porté l’ayatollah Khomeini au pouvoir. Soleimani a gagné le devant de la scène alors qu’il était à la tête des troupes pendant la guerre irano-iraquienne (1980 à 1988). À la fin des années 1990, il a été promu commandant de la Force Al-Quods, puis, en 2011, major‑général. Aux dires de nombreux experts, Soleimani était l’un des militaires les plus puissants au Moyen-Orient et était tenu en haute estime par beaucoup d’Iraniens.

L’assassinat de Soleimani alimente l’escalade des tensions, mais une guerre ouverte semble peu probable

Cet assassinat est l’aboutissement d’une série d’attaques militaires menées ou appuyées par l’Iran contre les États-Unis et leurs alliés, conséquence de la rupture de l’accord nucléaire conclu en 2015 entre les États-Unis et l’Iran. En 2018, le président Donald Trump a retiré les États-Unis de l’accord avec l’Iran, et ont suivi en 2019 des sanctions économiques qui ont paralysé les exportations de pétrole iranien et dégradé l’économie du pays. Difficile d’ignorer que les tensions ne cessent de s’intensifier entre les deux pays depuis deux ans.

L’assassinat de Soleimani ne fera qu’exacerber les tensions. Il ne les apaisera pas contrairement à ce que laissent entendre certains représentants du gouvernement américain. À preuve, l’Iran a riposté par des tirs de missiles balistiques sur deux bases militaires irakiennes abritant des soldats américains. En outre, Téhéran a confirmé que l’avion d’Ukraine International Airlines assurant le vol PS752 avait été abattu par erreur. Mes pensées vont bien sûr aux familles des victimes.

Il semble toutefois que la raison prévaudra, car une guerre ouverte entre les deux pays demeure improbable. Rappelons que le président Trump s’était engagé pendant sa campagne à réduire la présence américaine au Moyen-Orient.  

Les conflits n’effraient pas les marchés

Il en a été question déjà dans ce blogue : les marchés financiers n’aiment pas l’incertitude. Quand l’incertitude s’accentue, on peut en général s’attendre à une augmentation du coût du capital et à une baisse des marchés boursiers, toutes choses étant égales par ailleurs. 

Dans ce contexte, on pourrait logiquement penser que l’escalade des tensions ne peut qu’alimenter davantage l’incertitude et, de là, faire reculer les marchés boursiers et diminuer les rendements. Étonnamment, les données ne confirment pas cette hypothèse.

L’analyse des rendements lors de quatre guerres auxquelles ont pris part les États‑Unis –Deuxième Guerre mondiale, guerre de Corée, guerre du Vietnam et guerre du Golfe – indique que les actions des sociétés américaines à forte capitalisation, représentées par l’indice S&P 500, ont très bien fait pendant ces périodes, malgré la vive incertitude.

Le rendement de l’indice S&P 500 pour ces quatre périodes combinées a été de 11,4 %, ce qui est excellent, voire impressionnant quand on le compare au rendement de 2,2 % des obligations américaines à long terme à la même période. En périodes de guerre, l’indice S&P 500 a même enregistré un rendement supérieur à sa moyenne globale depuis 1926. Plus étonnant encore, les données indiquent également que le cours des actions pendant ces périodes de guerre a été moins volatil que pendant l’ensemble de la période analysée, soit depuis 19261.

Nous continuons de privilégier les actions plutôt que les titres à revenu fixe

Malgré les tensions croissantes au Moyen-Orient, notre continuons de croire que les perspectives d’amélioration de l’économie mondiale ne sont pas menacées.

Nous surpondérons actuellement les actions (par rapport aux titres à revenu fixe), car nous supposons que la croissance économique mondiale va se poursuivre alors que les banques centrales du monde continuent d’assouplir les conditions financières (en maintenant les taux d’intérêt bas). Même si le scénario peu probable d’une guerre ouverte se concrétisait, l’histoire nous enseigne que le rendement des actions surpasserait quand même celui des titres à revenu fixe.

Notre positionnement boursier favorise les pays d’Europe de l’Ouest. Nous surpondérons actuellement l’Allemagne, la France, les Pays-Bas et le Royaume-Uni.

Au chapitre des devises, nous sommes positionnés pour profiter d’éventuelles perturbations des approvisionnements pétroliers, car nos portefeuilles sont surpondérés en devises sensibles au marché de l’énergie comme celles du Canada et de la Norvège.

Souhaitons que le conflit actuel trouve rapidement un dénouement pacifique. Si vous voulez plus d’information sur l’évolution de la situation et ses effets sur vos placements, n’hésitez pas à communiquer avec votre conseiller MD*.

 

https://blogs.cfainstitute.org/investor/2017/08/29/u-s-capital-market-returns-during-periods-of-war/

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement) ou un gestionnaire de portefeuille de Conseils en placement privés MD.

 

À propos de l'auteur

Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est gestionnaire de portefeuille au sein de l’équipe Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs de titres canadiens, de dividendes et d’actions américaines de MD.

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