La vigoureuse économie américaine et le rebond chinois soutiennent les marchés boursiers canadiens

May 7, 2019 Rachael Moir

           

Cet article a été publié initialement en anglais dans le Globe and Mail.

Du haut de son nouveau sommet, l’indice composé S&P/TSX continue de faire fi des mauvaises nouvelles comme la détérioration des statistiques, la réémergence du dossier de l’AEUMC, la déprime pétrolière et les inquiétudes sur le logement, pour n’en nommer que quelques-unes. Qu’est-ce qui explique donc le rendement de l’indice? Et surtout, peut-il se maintenir?

Depuis 21 mois, mon équipe et moi-même appliquons notre décision tactique de sous-pondérer les actions canadiennes en portefeuille afin d’être fidèles à notre approche régionale procyclique. Devant la perspective d’une hausse probable des taux par la Banque du Canada et de la baisse des cours pétroliers sous le seuil de rentabilité des producteurs canadiens, les marchés américains, européens et japonais nous semblaient alors relativement plus attrayants

En janvier, nous avons délaissé cette approche, car nous pensons maintenant que l’indice TSX offrira un rendement de 5 % à 9 % dans les 12 prochains mois.

Pourquoi? Parce que la croissance américaine, malgré un ralentissement, devrait rester positive et devenir le fer de lance de l’expansion mondiale. Ensuite, des signes de relance apparaissent en Chine et la croissance semble se stabiliser, autant de facteurs favorables aux marchés boursiers canadiens.

Le Canada dépend de l’économie américaine, d’où la conjoncture favorable aux marchés canadiens

L’indicateur de l’Enquête sur les perspectives des entreprises du printemps 2019 de la Banque du Canada a diminué depuis la dernière parution de l’Enquête. Il régresse depuis le deuxième trimestre de 2018 et est négatif pour la première fois depuis 2016. Cette inquiétude persistante est surtout imputable à la mollesse du secteur énergétique causée par l’incertitude qui entoure les pipelines et par les baisses de production, ainsi que par les obstacles au commerce international et les tensions géopolitiques.

Malgré tout, les entreprises prévoient que la croissance des prix des intrants et des extrants se stabilisera malgré la montée de leurs coûts imputable directement ou indirectement aux tarifs. La croissance des ventes devrait être positive dans les 12 prochains mois, car une reprise s’annonce sur les marchés internationaux. Les répondants ne prévoient clairement pas de récession aux États-Unis d’ici 12 mois, une conviction que je partage. Selon notre propre indicateur de marché baissier aux États-Unis, la possibilité d’une récession est très faible.

Destination d’environ 75 % des exportations canadiennes, les États-Unis sont sans conteste le plus important partenaire commercial du Canada. Or, l’inquiétude qui entoure l’ALENA/AEUMC semble disproportionnée. Si le retrait des États-Unis de l’accord reste possible, ce scénario est bien improbable dans le contexte préélectoral actuel aux États-Unis et vu l’intégration des chaînes d’approvisionnement et le volume des échanges commerciaux entre les trois pays.

Quand la Chine va, tout va

Le ralentissement de la croissance chinoise et mondiale l’an dernier est dans une large mesure imputable à la campagne de désendettement des autorités chinoises. Ce ralentissement imprévu et les tensions commerciales avec les États-Unis ont obligé les autorités chinoises à interrompre leur campagne de désendettement pour stimuler la croissance du crédit.

Du côté positif, les tensions commerciales sino-américaines s’apaisent, la croissance reprend et le sentiment des marchés s’améliore. Les entreprises de l’indice S&P 500 dont une partie substantielle des revenus vient de Chine ont offert jusqu’à maintenant cette année un rendement de plus de 10 %, ce qui est supérieur au rendement global de l’indice. Les statistiques économiques chinoises récentes sont dans une large mesure positives et la production industrielle, les ventes au détail et le PIB sont tous conformes ou supérieurs aux attentes. La Chine occupe une place de plus en plus importante dans l’économie mondiale et elle représente désormais 27 % de la croissance mondiale. Tout comme le ralentissement en Chine a eu des effets négatifs, l’assouplissement récent de sa politique stimulera vraisemblablement l’activité économique intérieure et mondiale en 2019.

Autres bonnes nouvelles

La chute des cours pétroliers et la baisse de la production ont nui considérablement à l’économie canadienne. Les cours pétroliers ont cependant connu une brève remontée et je m’attends à ce qu’ils demeurent à l’intérieur de la fourchette prévue en 2019. La baisse de la production continue de freiner l’économie des Prairies, mais sinon, le Canada est très bien positionné en vue de l’avenir.

Selon nos modèles, les banques canadiennes sont à privilégier en raison du contexte favorable des taux d’intérêt et des bénéfices, et parce que leurs risques liés au marché de l’habitation sont contenus.

Les majorations récentes de taux d’intérêt continuent de percoler dans l’économie, mais la croissance de l’emploi reste malgré tout saine et le chômage est bas, ce qui favorisera à terme la croissance des salaires et aidera les consommateurs à absorber les intérêts additionnels. Dans son annonce de mercredi dernier, la Banque du Canada a emboîté le pas aux autres banques centrales et cessé d’évoquer toute possibilité de hausse des taux cette année. Les prévisions de croissance du PIB en 2019 ont été revues à la baisse, mais elles demeurent positives. Que la Banque du Canada maintienne ou réduise les taux d’intérêt d’ici 12 mois, les marchés canadiens ne peuvent qu’en profiter.

Le dollar canadien a amorcé l’année 2018 aux environs de 80 cents américains, puis a glissé jusqu’à 75 cents américains. Il devrait maintenant amorcer une remontée, mais sa faiblesse en 2018 stimulera à retardement l’économie en 2019.

Les marchés boursiers canadiens ont été portés par des vents favorables en ce début de 2019 et devraient générer de robustes rendements dans les 12 prochains mois. En fait, au contraire des grands indices européens et japonais, l’indice TSX a récemment atteint de nouveaux sommets, une situation qui s’explique par les liens étroits entre l’économie canadienne et la dynamique économie américaine, et par les avantages globaux qui découlent de la stabilisation de la situation en Chine.

Rachael Moir est analyste en placement quantitatif au sein de l’équipe Gestion de placements et stratégie de Gestion financière MD. Elle assume la responsabilité des mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et de gestion des placements non traditionnels.

A propos de l'auteur

Rachael Moir

Rachael Moir est analyste en placement quantitatif au sein de l’équipe Gestion de placements et stratégie chez Gestion financière MD. Elle travaille aux mandats de répartition stratégique et tactique de l’actif et de gestion des placements non traditionnels. Elle participe également aux travaux du Comité du risque et de la répartition tactiques de MD.

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