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Vos placements et les conjectures électorales aux États-Unis

Au moment où s’amorce la dernière étape des élections présidentielles américaines, la volatilité s’accentue sur les marchés et les conjectures se multiplient. Les investisseurs doivent se préparer dans les prochains mois à d’intenses épisodes de volatilité boursière, et dans les prochaines semaines, à une prolifération des conjectures.

Déjà, des épargnants se retirent des marchés, puis y reviennent au gré des manchettes. Bon nombre tentent de deviner qui sera élu. D’autres s’inquiètent de la composition du prochain gouvernement. Les républicains conserveront-ils le contrôle du Sénat et les démocrates celui de la Chambre des représentants? Ou une vague favorisant un parti ou l’autre sera-t-elle à l’origine d’un changement fondamental dans l’adoption et l’application des politiques publiques aux États‑Unis?

En vérité, il est futile de tenter de prévoir qui sera le vainqueur des élections et ce qu’il fera au pouvoir. Il est impossible de prévoir quels seront les effets des politiques mises en place par les vainqueurs et il serait mal avisé d’appuyer ses décisions de placement sur de telles prévisions, car pour viser juste, il faudrait posséder une clairvoyance que ne possèdent pas les êtres humains.

Nous nous appuyons évidemment sur un scénario qui tient compte du résultat possible des élections aux États‑Unis, mais celui-ci s’inscrit dans une perspective beaucoup plus large que celle d’un seul pays ou d’un seul événement, et porte sur une période beaucoup plus longue que les deux prochains mois.

Au cours des 12 à 18 prochains mois, soit l’horizon temporel le plus court dont nous tenons généralement compte même si habituellement, nous préférons des scénarios de 3 à 5 ans, nous pensons que de manière générale (si l’on exclut le scénario d’une remontée en flèche du nombre de cas de COVID-19 ou tout autre catastrophe planétaire imprévisible), la reprise économique mondiale en cours devrait se poursuivre, peu importe l’identité du prochain locataire de la Maison-Blanche.

Maintien nécessaire des politiques d’aide

Notre confiance repose sur le stade du cycle économique où nous nous trouvons. Le monde émerge à peine de la pire récession de l’histoire, et dans une certaine mesure, nous n’en sommes pas encore vraiment sortis. Des mesures de stimulation budgétaire et d’accommodement monétaire massives, dont il faut bien reconnaître la nécessité, ont été mises en œuvre partout dans le monde.

Nous sommes encore bien loin d’être revenus à ce stade du cycle économique où tout est « normal » et où la confiance généralisée est revenue. Dans de telles circonstances, des changements de politiques publiques pourraient faire une différence véritable.

Comme je l’ai mentionné précédemment, notre réalité est celle de rescapés d’une récession mondiale massive. Nous en sommes encore à panser nos plaies et le soutien budgétaire et monétaire des décideurs est indispensable. Les tenants de la gauche et de la droite sont confrontés à une même réalité incontournable : la politique budgétaire et monétaire devra rester accommodante, que le président élu soit républicain ou démocrate.

Un placement attrayant est un placement attrayant

D’ici un an, l’activité économique, les bénéfices des entreprises, l’emploi et les autres indicateurs économiques devraient s’être améliorés grâce en partie aux bas taux d’intérêt. La conjoncture favorise donc les sociétés, les marchés boursiers et la profitabilité, mais défavorise nettement les détenteurs d’obligations. Malgré les sommets vertigineux atteints par les évaluations boursières, les actions sont et demeureront plus attrayantes que les obligations pour les investisseurs à la recherche de croissance.

Nous pensons que le dynamisme de l’économie et de la reprise, dans l’optique du creux que nous venons de connaître, sera durable et se maintiendra en 2021. Les entreprises feront des affaires. Amazon dominera encore le commerce de détail, peu importe le président au pouvoir. Netflix continuera d’arracher des parts de marché aux câblodistributeurs et autres médias, et Apple nous proposera encore des appareils dont nous ne savions pas avoir besoin.

À court terme, les marchés pourraient subir des corrections. Ils pourraient plonger en réaction aux possibilités de guerre commerciale si Donald Trump est réélu ou devant les perspectives d’augmentation des impôts si Joe Biden devient président. Quoi qu’il arrive, les marchés chuteront probablement à un moment ou un autre, et les médias attribueront vraisemblablement, à tort ou à raison, cette baisse à l’actualité. Les entreprises pourraient momentanément être touchées par des changements de politiques publiques qui ne modifieront cependant en rien l’attrait de leur modèle d’affaires.

Rendement supérieur probable des marchés boursiers, mais gare à la volatilité!

Tous ces facteurs expliquent notre choix de surpondérer les actions américaines dans notre portefeuille et, dans une moindre mesure, celles des marchés émergents. Dans les semaines et mois à venir, nous pourrions toutefois décider d’élaguer nos positions sur les marchés émergents afin de donner un poids relatif encore plus important aux actions américaines. Cette nette surpondération des actions dans nos portefeuilles repose sur notre conviction que les politiques d’aide seront maintenues, peu importe qui sera élu en novembre.

La volatilité augmentera assurément dans les mois qui précéderont et suivront les élections, mais le rendement des actions américaines demeurera probablement supérieur à celui des obligations et des titres liquides dans les 12 à 18 prochains mois.

Les scénarios hypothétiques se multiplieront probablement au fil de la campagne électorale, mais toutes les théories que vous entendrez à ce propos ne sont que du tapage et ne créent aucune valeur. Un des candidats propose-t-il dans sa plateforme une politique si fondamentalement différente qu’elle pourrait faire dérailler l’économie? Absolument pas! D’ici là, la compétitivité des États-Unis deviendra-t-elle inférieure à celle de l’Allemagne, de la France ou du Japon? Je ne pense pas.

Déjà, les indicateurs de volatilité s’emballent. Dans le contexte électoral actuel, le tapage médiatique sera bientôt assourdissant, mais dès la nouvelle année, la poussière devrait retomber et tout ce tapage deviendra non pertinent. Les entreprises continueront d’engranger des bénéfices. Les citoyens auront des besoins fondamentaux à combler et même si les politiques publiques changent, les entreprises s’adapteront. Il ne faut jamais sous-estimer cette capacité de l’industrie de s’adapter et d’engendrer des bénéfices.

Pour plus de renseignements, nous vous invitons à communiquer avec votre conseiller MD*.

* « Conseiller MD » désigne un conseiller financier de Gestion MD limitée (au Québec, un conseiller en placement).

L’information ci-dessus ne doit pas être interprétée comme des conseils professionnels en placements ou d’ordre financier, fiscal, juridique, comptable ou de nature similaire applicables en contexte canadien ou étranger, et elle ne saurait en aucun cas remplacer les conseils d’un fiscaliste, d’un comptable ou d’un conseiller juridique indépendant.

À propos de l'auteur

Craig Maddock, CFP, CFA, CIM, MBA, est vice-président, gestionnaire de portefeuille principal et chef, Gestion multiactif chez Gestion financière MD. Il dirige les gestionnaires de portefeuille et les analystes en placement qui gèrent les fonds communs de placement et les fonds collectifs de MD.

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