Topo sectoriel : Malgré des difficultés récentes, le secteur technologique domine encore

May 25, 2018 Edward Golding

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Ce billet du Blogue MD a été rédigé en collaboration avec mon collègue Mark Fairbairn, vice-président adjoint à la gestion des placements et à la stratégie chez MD.

Plus tôt cette année, les manchettes ont fait état du détournement par Cambridge Analytica des données de quelque 87 millions d’utilisateurs de Facebook. Cambridge Analytica aurait établi au moyen de ces données des profils psychographiques dans le but de diffuser du contenu visant à influer sur le résultat des présidentielles américaines de 2016.

L’évolution de ce soi-disant scandale s’est révélée fort intéressante à suivre. Si votre cercle social ressemble un tant soit peu au nôtre, vous avez probablement entendu une multitude de réactions allant de la résignation à l’indignation. Pour certains, la situation n’a rien d’étonnant, car ce qui est publié en ligne n’est jamais tout à fait privé. D’autres, en revanche, ont juré d’abandonner définitivement Facebook et les autres médias sociaux.

Sur le strict plan des placements, l’action de Facebook s’est dépréciée de près de 10 % dès que la nouvelle s’est répandue. Comme nous pensions que ce ressac ne serait que temporaire, nous n’avons pas modifié nos positions américaines dans le secteur des technologies de l’information (TI). Les investisseurs n’ont pas été ébranlés très longtemps par le scandale. À la fin d’avril, Facebook déclarait un solide bénéfice trimestriel, et l’action récupérait presque la moitié du terrain perdu.

 

Une croissance solide des bénéfices qui a un prix

Aux États-Unis, le secteur des TI est maintenant en tête de l’indice S&P 500 grâce à sa forte croissance. Les bénéfices des sociétés technologiques continueront vraisemblablement de croître plus que ceux des autres entreprises, ce qui devrait se traduire par une solide croissance du bénéfice par action. Dans le contexte actuel de faible croissance et de légère inflation, les investisseurs se montrent prêts à passer l’éponge sur les problèmes comme celui de Facebook et semblent disposés à continuer de payer les titres technologiques plus cher.

À cet égard, les sociétés de logiciels comme Salesforce.com sont celles qui commandent les primes les plus élevées, tandis que les titres de sociétés de matériel comme Apple se négocient à des ratios nettement inférieurs. Ces primes sont à notre avis justifiées comme en témoigne notre positionnement. Dans le Fonds collectif d’actions américaines GPPMD et le Fonds américain de croissance MD, nos positions les plus importantes du secteur des TI sont dans des sociétés de logiciels comme Microsoft, Oracle et Salesforce.com. Le poids relatif des titres de sociétés de matériel est le plus faible dans ce secteur, où notre seule position est un bloc d’actions d’Apple.

Dans l’avenir, nous croyons que l’intelligence artificielle (IA) et les mégadonnées seront les thèmes dominants dans ce secteur. Outre les acteurs qui travaillent directement au développement de l’IA, ces sous-secteurs créeront une augmentation de la demande de centres de données infonuagiques qui favorisera les géants comme Amazon et Alphabet (Google), qui mettent au service de leurs clients la puissance de l’infonuagique. Par ailleurs, les fournisseurs de puces, comme Nvidia, ne pourront que bénéficier de la demande accrue de puissance informatique.

 

Tensions commerciales entre la Chine et les États-Unis

Si les entreprises américaines se sont en général bien remises des pertes essuyées dans le sillage du détournement des données de Facebook, les sociétés de TI des marchés émergents doivent composer avec la rhétorique de guerre commerciale à laquelle se livrent les États-Unis et la Chine.

Au début de mai, l’administration Trump a annoncé des restrictions sur les ventes de matériel de télécommunications des sociétés chinoises, invoquant la sécurité nationale. La Chine a aussitôt parlé de représailles éventuelles. Peu après, le président Trump surprenait les marchés en annonçant sur Twitter qu’il travaillait avec la Chine au sauvetage de la société ZTE Corp, pourtant visée par les sanctions américaines. Plus récemment, le président laissait entendre qu’il doutait du succès des négociations commerciales avec la Chine. Vous avez du mal à suivre? Vous n’êtes probablement pas seul!

Pour l’instant, nous gardons confiance dans nos positions dans les sociétés technologiques chinoises, car ce sont des chefs de file qui maintiennent une forte croissance et offrent un excellent rendement sur le capital investi. Toutefois, nous surveillerons étroitement les relations entre Beijing et Washington. Pour l’instant, nous maintenons la surpondération des actions du secteur des TI dans le Fonds collectif d’actions internationales GPPMD ainsi que dans le Fonds international de croissance MD.

Soulignons aussi les difficultés de la société américaine Qualcomm en Chine qui a récemment dû verser 975 millions de dollars américains pour résoudre un litige relatif aux règles antitrust. Plus récemment, l’entreprise a eu du mal à faire approuver par les autorités chinoises l’acquisition de NXP Semiconductors. Selon certains, les tensions commerciales entre les deux pays n’y seraient pas étrangères.

 

Déplacement géographique

Les sociétés de TI prolifèrent sur les marchés émergents. Cinq des vingt plus importantes entreprises de TI dans le monde se trouvent actuellement dans des pays émergents : deux en Chine (Tencent et Alibaba), une en Corée (Samsung), une à Taïwan (Taiwan Semiconductor Manufacturing Company) et une en Inde (Tata Consultancy Services). Bien que la répartition géographique des sociétés de TI change, certaines régions demeurent systématiquement peu représentées dans ce palmarès. L’Europe, notamment, ne compte qu’une seule entreprise (SAP) dans le club des vingt plus grandes entreprises de TI. Par ailleurs, aucune société technologique canadienne n’a figuré sur cette liste depuis Research in Motion en 2008. Par conséquent, nos titres technologiques sont concentrés surtout aux États-Unis et sur les marchés émergents.

Cela dit, la composition de cette liste a varié énormément de cinq ans en cinq ans entre 2003 et 2018. Les investisseurs n’ont pas à s’en inquiéter outre mesure, mais il demeure que les entreprises, sous-secteurs et régions actuellement au sommet pourraient ne plus y être dans cinq ans. Dans le secteur des TI, la sélection de titres doit impérativement être gérée activement par des gestionnaires capables d’anticiper les thèmes porteurs de la croissance sectorielle à venir (comme l’IA et les mégadonnées) et de déterminer qui seront les gagnants (et les perdants).

En conclusion, bien que l’utilisation non autorisée de données confiées à Facebook ait suscité des émotions contradictoires chez les utilisateurs et que les négociations commerciales entre la Chine et les États-Unis continuent d’évoluer en dent de scie, ces deux facteurs ont eu un effet limité sur les placements, car les investisseurs avides de croissance ont conservé leur appétit pour le secteur des TI. Nous continuons de surveiller ce secteur en pleine effervescence afin de nous assurer d’obtenir les meilleurs résultats possible pour nos portefeuilles de placements.


Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions canadiennes, de dividendes et d’actions américaines de MD.

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