Topo sectoriel: L’avenir des sociétés de télécommunication ne tient pas qu’à un fil

September 29, 2017 Edward Golding

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Tous les mois, nous étudions le rôle d’un secteur du marché boursier dans l’économie et les avantages que peuvent en tirer les investisseurs. Edward Golding, gestionnaire de portefeuille chez MD, se penche aujourd’hui sur le secteur des télécommunications, dont les bénéfices viennent désormais surtout de la croissance des services sans fil et Internet. Voici pourquoi il serait mal avisé de délaisser ce secteur.

Je me souviens du premier appareil mobile qui a conquis mon cœur il y a environ dix ans. C’était un BlackBerry. J’étais alors analyste du secteur des télécom pour une société de courtage de Bay Street. À cette même époque, soit en 2006, environ 19 millions de Canadiens étaient abonnés à un service de téléphonie mobile.

Aujourd’hui, chez MD, j’ai toujours mon fidèle iPhone. Et on recense au Canada plus de 30 millions d’abonnés à la téléphonie mobile.

Si l’on en croit cette montée en flèche de l’appareil mobile, les Canadiens sont aussi de plus en plus nombreux à délaisser leur ligne résidentielle. Il y a 10 ans, 94 % des ménages canadiens avaient un téléphone résidentiel. Aujourd’hui, cette proportion n’est plus que d’à peine 75 % et elle continue de diminuer, selon l’Association canadienne des télécommunications sans fil (ACTS). La même tendance se dessine dans le secteur de la câblodistribution où on estime à 247 000 le nombre de ménages canadiens qui ont résilié leur abonnement cette année1 au profit de services en ligne comme Netflix, Amazon Prime ou DAZN, pour n’en nommer que quelques-uns.

La question se pose donc : pourquoi, en cette période de transformation, continuons-nous d’investir dans les sociétés de télécommunications?

La mobilité est synonyme de croissance

Même si le filaire perd du terrain, la croissance fulgurante de la consommation de données par les abonnés aux services sans fil et Internet explique les rendements hors norme des cinq dernières années dans le secteur des télécommunications. Cette croissance a plus que contrebalancé le déclin de la téléphonie et la diminution du nombre d’abonnements aux services traditionnels de câblodistribution et de distribution de télévision par satellite.

Avec des marges bénéficiaires de près de 40 %2, le secteur demeure très rentable et affiche sur une période de cinq ans un rendement annualisé de 12,5 % qui à la fin d’août, était supérieur de 4,3 % au rendement de l’indice composé S&P/TSX3.

Malgré ce rendement exceptionnel, l’évaluation boursière des entreprises de télécom demeure très raisonnable à environ 17 fois les bénéfices prévus en 2018, ce qui représente une légère prime par rapport à l’indice de référence.

Tous les télécommunicateurs ne sont pas nés égaux

Les trois acteurs dominants du secteur canadien des télécommunications sont Rogers, TELUS et Bell. C’est Rogers qui l’emporte dans le domaine du sans-fil avec ses quelque 10,4 millions d’abonnés à la fin du deuxième trimestre de 2017. Québecor, Shaw et SaskTel s’ajoutent à ce trio et complètent la liste des principaux fournisseurs de services dotés d’installations (ceux qui possèdent et exploitent l’équipement nécessaire à l’offre de services de télécommunications). Les autres fournisseurs sont pour la plupart des revendeurs qui achètent des services des entreprises titulaires au prix de gros pour les revendre.

Aux yeux des analystes, l’indicateur le plus important est le revenu moyen par utilisateur (la somme déboursée par client), qui permet de déterminer les produits ou services les plus lucratifs.

Le taux de résiliation est un autre indicateur suivi attentivement. Il indique le pourcentage de clients qui ont résilié leur abonnement au cours d’une période donnée. Il va de soi qu’il est à l’avantage d’une entreprise que le nombre de clients acquis soit supérieur au nombre de clients perdus. On peut également analyser le coût par ajout brut, qui mesure combien coûte l’acquisition de chaque nouveau client. De nombreux fournisseurs de services sans fil subventionnent en effet l’achat du matériel (comme un iPhone) afin de convaincre leurs clients de signer des contrats de longue durée.

Comparativement à celles d’autres secteurs, les dépenses en immobilisations des sociétés de télécommunications sont élevées. Selon les prévisions, ces dernières débourseront plus de 12 milliards de dollars en 2018 pour maintenir et développer leur infrastructure filaire et sans fil, et acquérir les licences leur donnant accès au spectre des radiofréquences, c’est-à-dire le droit d’utiliser les ondes pour transporter les signaux à destination et en provenance des appareils de leurs clients.

La lourdeur de ces investissements ampute les flux de trésorerie disponibles, un des principaux facteurs dans la détermination de la valeur d’une entreprise.

MD cible les dividendes à long terme

Les frais mensuels de connexion à Internet ou au câble confèrent au secteur des télécommunications sa capacité unique de verser des dividendes généreux, qui se situent en moyenne au-dessus de 4 %.

C’est dans l’optique de ces dividendes élevés que le Fonds croissance de dividendes MD et le Fonds collectif de dividendes GPPMD maintiennent la surpondération des titres du secteur.

Notre sous-conseiller, Montrusco Bolton, recherche les sociétés offrant les taux de dividendes les plus élevés et présentant le moins de risques par rapport à l’ensemble du marché, d’où sa préférence pour les exploitants de services de télécommunications les plus engagés dans les services sans fil et Internet et les moins dépendants des services de distribution de télévision et des actifs médiatiques, comme les sociétés d’édition et les stations de radio.

« Après analyse des trois gros acteurs du secteur, nous pensons que TELUS est celui qui possède la combinaison d’actifs la plus intéressante », affirment nos analystes chez Montrusco Bolton.

« Les activités de TELUS dans le sans-fil génèrent plus ou moins 65 % de son BAIIA (bénéfice avant intérêts, impôts et amortissements), une proportion semblable à celle de Rogers, mais nettement supérieure à celle de BCE (plus ou moins 36 %). En ce qui concerne Internet, on ne sait en général pas précisément la proportion du chiffre d’affaires qui lui est attribuable, mais nous estimons qu’elle est plus ou moins semblable chez les trois grands, soit environ 9 % à 11 %. En ce qui concerne les services de distribution de télévision, ils représentent environ 6 % du chiffre d’affaires de TELUS comparativement à 12 % pour BCE et à 11 % pour Rogers. Finalement, TELUS ne possède aucun actif dans le secteur des médias traditionnels. »

Encore plus important, nos analystes jugent que grâce à ses investissements considérables dans son réseau de fibre optique jusqu’au domicile, TELUS se trouve dans une position avantageuse pour profiter de la prochaine génération de technologies sans fil.

Le gadget d’aujourd’hui pourrait bien être l’antiquité de demain

Il est bien possible que dans dix ans, mon actuel iPhone super intelligent ne soit plus qu’une relique désuète. Qui se souvient de la pagette RIM très populaire vers 1999?

Mais dans dix ans, il est aussi plus que probable que nous vivrons dans un monde branché où régnera ce qu’on appelle l’Internet des objets (IdO), dont l’épine dorsale sera un réseau de données qui contrôlera les systèmes et appareils électroménagers dans les maisons, qui reliera les automobiles au système de gestion de la circulation ou qui pourrait même surveiller les signes vitaux des gens pour avertir leur médecin en cas d’anomalie.

Nous pensons que le secteur des télécommunications sera au centre de la transformation à venir de notre mode de vie, que la croissance des services sans fil et Internet est appelée à se poursuivre à moyen terme, et que ce secteur contribuera fortement au futur rendement des portefeuilles MD.

Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions canadiennes, de dividendes et d’actions américaines de MD.

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