Topo sectoriel : L’ère numérique entraîne la disparition du secteur des télécommunications

September 20, 2018 Edward Golding

Une fois n’est pas coutume. Je vous annonce aujourd’hui avec une certitude absolue un énorme changement à venir sur les marchés boursiers dont vous devez être au courant : le remaniement complet de certains secteurs d’activité.

Le 28 septembre prochain, les indices S&P 500 et MSCI procéderont en effet à la restructuration des catégories auxquelles appartiennent certaines des plus importantes entreprises du monde en vertu de la Global Industry Classification Standard (GICS).

L’ancien secteur des télécommunications, issu de l’émergence de sociétés traditionnelles de télécommunication comme AT&T et Verizon, sera élargi et rebaptisé « services de communications ».

Ce changement sera probablement sans effet sur les placements (désolé pour ceux qui attendaient un « tuyau » de ma part), mais il mérite néanmoins d’être examiné de plus près.

Un secteur où Facebook, Netflix, AT&T et Disney font bon ménage

Les fournisseurs d’indices amorcent le rattrapage nécessaire pour que les indices tiennent davantage compte des nouveaux modes de communication et de diffusion de l’information et des contenus de divertissement ainsi que de la convergence de certains secteurs.

Le nouveau secteur comptera plusieurs sociétés des actuels secteurs des technologies de l’information (TI) et des produits de consommation discrétionnaire, qui se grefferont aux exploitants de réseaux de télécommunications et aux sociétés de médias et de divertissement.

On trouvera donc pour la première fois les Facebook, Disney et 21st Century Fox de ce monde dans la même catégorie qu’Alphabet (Google), Twitter et TripAdvisor. On espère ainsi mieux refléter l’évolution des entreprises à l’ère du numérique et les nouveaux modes quotidiens d’interaction.

Un changement qui modifie l’angle d’analyse de certains secteurs

Cette nouvelle classification exige d’analyser sous un nouvel angle les méthodes de placement sectorielles, qui ciblent les actions de certains segments de l’économie ayant des caractéristiques communes.

Le secteur des télécommunications est depuis longtemps réputé pour sa stabilité, ses qualités défensives, ses généreux dividendes et sa capacité de protection contre la chute des cours pendant les périodes de volatilité. Le secteur des TI possède des caractéristiques apparentées auxquelles s’ajoute un potentiel de croissance.

Cette perception du marché ne s’appliquera plus, car le nouveau secteur des services de communications englobe désormais des sociétés comme Facebook et Netflix, dont les actions génèrent de maigres dividendes et dont le rendement risque d’être inférieur pendant les périodes de volatilité.

En outre, le retrait de certaines sociétés comme Google et Facebook du secteur des TI et de Netflix du secteur des produits de consommation discrétionnaire modifiera à la baisse le profil de croissance de ces deux secteurs.

Des secteurs concentrés dans une poignée de titres

Après la reclassification, la concentration des trois secteurs touchés augmentera considérablement.

En effet, en date du 11 septembre, la capitalisation boursière du nouveau secteur des services de communications était concentrée à 75 % dans cinq actions : Google (environ 30 %), Facebook (17 %), AT&T (10 %), Verizon (9 %) et Netflix (6%).

Dans la catégorie des TI, après la reclassification, Apple représentera 21 % de la capitalisation boursière sectorielle et Microsoft, 16 %.

Amazon représentera pour sa part 32 % de la capitalisation boursière du secteur des produits de consommation discrétionnaire et Home Depot, 10 %.

Composition du secteur des services de communications : les cinq grands titres

 

 

Source : Goldman Sachs depuis le 11 septembre 2018

La terminologie change, les facteurs fondamentaux restent

La classification des indices est plutôt arbitraire et ne fait que refléter de nouvelles réalités. La dernière modification importante du système de classification GICS date d’il y a deux ans, lorsque les biens immobiliers (autrefois une sous-catégorie du secteur financier) sont devenus une catégorie d’actifs à part entière.

Bien que les effets de la récente restructuration puissent toucher les porteurs de parts de fonds indiciels négociés en bourse, qui reproduisent passivement le rendement des différents secteurs du marché, les clients de MD qui investissent dans des actions s’en ressentiront très peu.

Notre point de vue sur les entreprises dans lesquelles nous plaçons activement votre argent reste le même, quel que soit le secteur dans lequel elles sont classées, car nous fondons encore et toujours nos décisions de placement sur de rigoureuses analyses.

Nous ne sommes pas surpris que la technologie vienne brouiller les lignes de démarcation sectorielles. Notre travail consiste à sélectionner des actions prometteuses et à discerner les sujets qui présideront à la redéfinition des secteurs pour pouvoir placer votre argent dans une perspective d’avenir – et non en fonction de classifications frappées de désuétude.

Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions canadiennes, de dividendes et d’actions américaines de MD.

 

A propos de l'auteur

Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, is an Assistant Vice President with the Investment Management and Strategy team at MD Financial Management. He oversees the Canadian, Dividend and U.S. equity mutual funds and investment pools at the firm.

Plus de contenu de {{subst.}}
Article précédent
Notes du Sommet de l’AMC sur la santé 2018
Notes du Sommet de l’AMC sur la santé 2018

En ma qualité de vice-président régional pour les Prairies, mon rôle consiste principalement à faire en sor...

Article suivant
Apple : l’engouement pour les nouveaux iPhone n’a pas encore gagné MD
Apple : l’engouement pour les nouveaux iPhone n’a pas encore gagné MD

Les nouveaux iPhone sortiront bientôt – juste à temps pour le magasinage des Fêtes...