Sur la liste d’épicerie de Metro : une chaîne de pharmacies!

October 6, 2017 Edward Golding

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Vous prévoyez vous rendre à votre supermarché favori en prévision de votre souper de l’Action de grâce cette fin de semaine? Sachez que vous vous trouverez peut-être au cœur d’une guerre épique.

Les trois plus gros acteurs du commerce de détail alimentaire au Canada se livrent en effet une bataille sans merci pour gagner des clients et des parts de marché, menacés qu’ils sont par d’impitoyables et énormes concurrents comme Wal-Mart et Amazon, qui sont littéralement en voie de réécrire les lois du marché. Amazon a d’ailleurs fait récemment l’acquisition de la chaîne Whole Foods, comme nous l’avons mentionné dans un article dernièrement.

Un de ces trois grands détaillants, Metro inc. de Montréal, ne lésine pas sur les moyens pour s’imposer, et a annoncé cette semaine l’acquisition du géant québécois de la pharmacie, le Groupe Jean Coutu, qui représente la principale chaîne de pharmacies de la province et qui est aussi propriétaire du fabricant de médicaments génériques Pro Doc Ltée. Le coût de l’opération est évalué à 4,5 milliards de dollars.

Il n’est pas question de remettre l’action de Metro sur les tablettes

Cette décision de Metro revêt un intérêt particulier pour nous, car nous détenons des actions de l’entreprise dans plusieurs de nos portefeuilles et fonds collectifs MD. L’entreprise fusionnée comptera un réseau de plus de 1 300 magasins au Canada. Selon Metro, après la fusion, elle générera un chiffre d’affaires d’environ 16 milliards de dollars, un bénéfice de 1,3 milliard de dollars1, et des flux de trésorerie disponibles de 500 millions de dollars, dont 75 millions de dollars viendront de synergies qui devraient se concrétiser d’ici trois ans.

Cette transaction permettra à Metro et à Jean Coutu d’élargir leurs gammes de produits et d’augmenter leur nombre de points de vente, et renforcera leur position face aux rivaux de taille que sont Loblaw Companies Limited et Empire Company Limited (Sobeys).

Metro a payé le fort prix pour acquérir Jean Coutu, mais nous voyons malgré tout d’un bon œil cette transaction qui était devenue nécessaire. Elle permettra à Metro d’atténuer les risques auxquels sont confrontés tous les détaillants conventionnels, aussi bien dans le secteur de l’alimentation que dans celui de la pharmacie, en l’occurrence la mondialisation de la concurrence et la progression des détaillants en ligne. Cette transaction fait d’ailleurs suite à d’autres de même nature, notamment l’acquisition de Shoppers Drug Mart (Pharmaprix) par la société torontoise Loblaw en 2013, et la prise de contrôle de Rexall Health par McKesson Corp. de San Francisco l’an dernier, au coût de trois milliards de dollars.

Le 4 octobre, par rapport aux indices de références, l’action de Metro était surpondérée dans le Fonds d’actions MD, dans le Fonds collectif d’actions canadiennes GPPMD et dans le Fonds de dividendes GPPMD. Cette surpondération s’explique par les marges bénéficiaires nettes et le taux de rendement des capitaux propres de la société qui figurent parmi les plus élevés dans son secteur d’activité.

Action de grâce, alimentation et produits de consommation courante

Il faut souvent de nombreuses années avant de déterminer avec certitude si une fusion ou une acquisition a été à l’avantage d’une entreprise, car les conséquences de ce genre d’opération prennent parfois du temps à se manifester. Toutefois, pour l’instant, cette décision nous semble très judicieuse pour la chaîne d’épicerie québécoise, car elle lui permettra d’étendre son empreinte dans les secteurs de l’alimentation, de la pharmacie et des produits de soins de santé.

Sur une note un peu plus festive, mentionnons que l’Action de grâce est une fête importante pour les magasins d’alimentation, qui enregistreront de fortes ventes dans les prochains jours. La semaine de l’Action de grâce est en effet l’une des plus lucratives, car de nombreux Canadiens profitent du congé pour se réunir avec parents et amis autour d’une table bien garnie.

Apparemment, plus de 30 % des ménages canadiens (4,2 millions) achèteront une dinde ou des produits de dinde pour le festin2. Il ne faudrait pas oublier les canneberges!


1 Bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement

2 Les éleveurs de dindon du Canada, Données statistiques sur l’industrie, 2016

Edward Golding

Edward Golding, CFA, MBA, est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions canadiennes, de dividendes et d’actions américaines de MD.

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