Si les gros VUS sont à la mode, nos placements dans le secteur automobile sont plutôt de catégorie « compacte »

June 26, 2019 Mark Fairbairn

           

Que l’on soit passionné du volant ou simplement adepte d’Uber – du genre point A au point B –, les placements dans le secteur automobile s’annoncent quelque peu cahoteux.

La semaine dernière, on a appliqué subitement les freins dans les pourparlers autour d’une fusion entre Fiat Chrysler Automobiles et Renault, en laissant tout de même la porte ouverte à la négociation sur la proposition de regrouper 15 marques, d’Alfa Romeo à Maserati, en passant par Dacia et Lada (Russie), deux marques d’entrée de gamme.

Dans une communication à ses actionnaires, Fiat avait pourtant annoncé que le nouveau consortium aurait « la portée, l’expertise et les ressources nécessaires pour naviguer dans un secteur qui évolue à toute vitesse ».

Ce recul est un autre signe d’un secteur sur la défensive.

Cher à l’achat, faible accélération

Dans l’ensemble, nous avons une exposition restreinte au secteur automobile, exposition également sous-pondérée dans les fonds MD internationaux et les fonds collectifs GPPMD relativement à l’indice MSCI EAEO.

En raison de l’émergence des véhicules électriques, des voitures autonomes et des services d’autopartage, mais aussi de nouveaux goûts et comportements en matière de mobilité, les ventes mondiales d’automobiles font du surplace depuis 2016.

L’évolution de la population et des préférences des clients a entraîné un ralentissement de la demande pour les véhicules sur les marchés développés, la majorité de la croissance se concentrant sur les marchés émergents d’Asie.

Pour nombre d’analystes, on serait en voie d’atteindre un « plafond de l’automobile ». Après tout, est-il encore judicieux de payer un véhicule 30 000 $ ou plus pour ne pas l’utiliser 90 % du temps? Et c’est sans compter les autres frais : primes d’assurance, essence, entretien…

Du côté des fabricants traditionnels, la croissance est pratiquement nulle. Par contre, ils ont de très grands besoins en capitaux et les outils de production coûtent cher, tout comme la main-d’œuvre.

Un secteur, donc, plus ou moins attrayant. D’où le fait que nous misions moins sur les fabricants automobiles eux-mêmes que sur d’autres acteurs du secteur, lesquels présentent selon nous un potentiel plus grand.

Inspection du portefeuille

Même si les grosses cylindrées du secteur automobile unissent leurs forces, leur présence devrait selon toute vraisemblance rester marginale dans nos portefeuilles. Ainsi, nous n’avons aucun titre de Fiat Chrysler (FCA) et nous possédons des actions de Renault dans nos fonds internationaux pour respecter le mandat axé sur la valeur géré par notre sous-conseiller, LSV Asset Management, qui se spécialise dans la recherche d’actions qui ne sont plus en vogue (sous-évaluées) sur le marché au moment de l’achat et qui sont susceptibles d’appréciation à court terme.

Par ailleurs, nos actions du secteur automobile proviennent majoritairement de l’Asie, où l’achat de véhicules, en croissance, est encore perçu comme un symbole de statut. Il s’agit de placements directs dans des entreprises chinoises comme SAIC Motor Corporation Limited (Fonds collectif d’actions de marchés émergents GPPMD) et BYD (Fonds collectif d’actions internationales GPPMD), ou de placements indirects dans des entreprises qui ont profité de la croissance régionale, comme Daimler ou Isuzu.

Nous avons aussi des titres de Honda dans le Fonds collectif d’actions internationales GPPMD, autant pour la solidité de ses activités liées à la moto, à marge élevée et à croissance rapide, sur les marchés émergents, que pour ses activités liées à l’auto.

L’avenir de l’automobile : un virage radical?

Les fabricants d’automobiles sont conscients de l’énorme potentiel du marché chinois. En revanche, le gouvernement chinois tente actuellement d’encadrer la croissance de cette industrie importante – qui produit le plus de véhicules au monde – au regard de questions entourant l’environnement et la gestion de la circulation.

Ces dernières années, certaines grandes villes chinoises ont restreint l’immatriculation de nouveaux véhicules dans l’espoir de réduire les embouteillages monstres. Et les ventes en ont souffert.

Le résultat se voit d’ailleurs sur les routes : les voitures électriques, notamment pour les services de covoiturage, sont monnaie courante dans de nombreuses régions en Chine. On y trouve aussi plus de 99 % des autobus électriques en fonction dans le monde.

Comme beaucoup d’amateurs, j’aime me retrouver au volant d’une belle voiture, mais je sais que les marques de luxe ne représentent pas toujours un bon investissement – qu’on les gare dans son entrée… ou dans son portefeuille.

 

A propos de l'auteur

Mark Fairbairn

Mark Fairbairn, CFA, B.Ing., est vice-président adjoint au sein de Gestion des placements et stratégie chez Gestion financière MD. Il est responsable des fonds communs et collectifs d’actions non nord-américaines ainsi que du volet de superposition des devises des fonds d’actions.

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